Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

 Milosevic, Slobodan | 1941-2006

Slobodan Milosevic

  • Né le 20 août 1941 à Pozarevac, en Yougoslavie
  • Président de la République de Serbie (8 mai 1989 - 23 juillet 1997)
  • Président de la République fédérale de Yougoslavie (23 juillet 1997 - 5 octobre 2000)
  • Décédé le 11 mars 2006 à La Haye, aux Pays-Bas


  • Jean Julliard, « Milosevic ou le mal « démocratique »», Le Nouvel Observateur (France), 6 au 12 juin 2006, p. 21.

    «...Il n'avait pas la gueule d'un assassin, mais celle d'un apparatchik besogneux doublé d'un honnête père de famille. Il n'avait pas une tête tragique, lui dont le père et la mère s'étaient suicidés, dont la belle-mère avait été fusillée pour trahison. Il n'avait pas, enfin, la figure d'un tyran, mais celle d'un électeur serbe. Parvenu au pouvoir par les voies légales, il s'y était maintenu dans le respect des apparences légales. En un mot, Milosevic, à l'instar d'Eichmann, incarne cette forme moderne de banalité du mal dont a parlé Hannah Arendt. Pis que cela : d'un mal « démocratique », et c'est bien ce qui continue de nous troubler. Pour dépecer la Yougoslavie avec la complicité du Croate Tudjman, pour y porter la guerre civile, le massacre, la torture, y installer des camps d'extermination, pour y pratiquer à grande échelle la purification ethnique, faire 300 000 morts et un million de réfugiés, l'appui de son peuple ne lui a jamais manqué. »


    Slavoj Zizek, « Milosevic et la jouissance nationaliste », Le Monde (France), 18 mars 2006, p. 20.

    «...Son mouvement doit sa puissance explosive à la fusion de deux composantes distinctes et même antagonistes au départ : d'un côté, la nomenklatura communiste luttant pour garder le pouvoir, de l'autre, le nationalisme anticommuniste qui faisait rage chez les poètes et écrivains conservateurs. La catastrophe devint inéluctable quand, en 1986, la nomenklatura elle-même fit du nationalisme sa stratégie de survie. Certes, Slobodan Milosevic a « manipulé » les passions nationalistes, mais ce sont les poètes qui lui ont donné les moyens de cette manipulation. Ce sont eux - les poètes sincères, et non les hommes politiques corrompus - qui ont tout déclenché lorsque, dans les années 1970 et au début des années 1980, ils ont semé les premiers germes du nationalisme agressif, non seulement en Serbie, mais aussi dans d'autres républiques de l'ex-Yougoslavie. Au lieu d'un complexe militaro-industriel, nous avions, nous autres Yougoslaves, un complexe militaro-poétique dont le poète guerrier Radovan Karadzic, Serbe de Bosnie, était la parfaite incarnation. »


    Agnès Gruda, « Slobodan Milosevic : le grand perdant », La Presse (Québec, Canada), 12 mars 2006, p. A11.

    «...Pendant quatre ans, Slobodan Milosevic s'est défendu seul, sans avocat, des accusations de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide pour le rôle qu'il a joué dans trois conflits: en Croatie, en Bosnie et au Kosovo. Méthodique, il arrivait au tribunal avec sa mallette, prenait des notes et contre-interrogeait impitoyablement les témoins de l'accusation. Arrogant, il se plaisait à défier le tribunal. Au début du procès, il refusait de mettre les écouteurs pour entendre les témoignages. Il a fallu installer des haut-parleurs dans la salle d'audience, et il s'amusait à demander qu'on monte le volume - ce qui dérangeait tout le monde. Avec le temps, les médias ont fini par bouder cet interminable procès. Mais Slobodan Milosevic jouait son rôle de héros pour un autre public: son peuple. Rediffusées à Belgrade, ses prestations devant le tribunal de La Haye lui ont valu de rester vivant dans le paysage politique yougoslave. »


    Stefan Wagstyl, « Serbian leader who bore most responsibility for the bloody break-up of Yugoslavie », Financial Times (Royaume-Uni), 13 mars 2006, p. 6.

    «...Slobodan Milosevic died as he had lived - at the centre of bitter argument. His death in a prison cell in The Hague on Saturday left his many victims furiously claiming he had cheated justice by dying a few weeks before the planned end of his trial on war crimes charges. His followers were accusing the international tribunal of hastening Mr Milosevic's death by depriving him of medical treatment. And Serbs remain divided over what kind of official funeral he should have. But these disputes cannot obscure the violent mark that Mr Milosevic has left on the Balkans. He could have used his power as the leader of Serbia, the largest republic in the former Yugoslavia, to try to prevent conflict as the country emerged from the collapse of communism. Instead, Mr Milosevic will be remembered for helping to smash Yugoslavia to pieces in three wars over Croatia, Bosnia and Kosovo in which up to 250,000 people died and many more were left homeless in the worst fighting in Europe since the second world war. Many others contributed to this bloody business, notably Franjo Tudjman, the late president of Croatia, and the Bosnian Serb leaders, Radovan Karadzic and Ratko Mladic. But Mr Milosevic bears the greatest responsibility because he was in the best position to pursue a different course. »

    Liens internes

    Les objectifs de Perspective monde
    Son équipe au fil des ans
    Les sources et les mises à jour
    Récupérer des éléments de Perspective monde

    Pour en savoir plus

    Pour nous écrire un commentaire
    Pour visionner la vidéo d'introduction
    Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
    Dimension, sur le langage statistique R

    Liens externes

    Observatoire des politiques publiques
    Observatoire des Amériques
    Politique appliquée.tv
    Cahiers de recherche

    Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016