Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Kabila, Laurent-Désiré | 1939-2001

Laurent-Désiré Kabila

  • Né le 27 novembre 1939 à Likasi, au Congo belge
  • Président de la République démocratique du Congo (17 mai 1997 - 16 janvier 2001)
  • Décédé le 16 janvier 2001 à Kinshasa, en République démocratique du Congo


  • Stephen Smith, « Pour Che Guevara, ce noceur qui n'hésitait pas à se livrer à toutes sortes de trafics, « aimait trop les femmes et l'alcool »», Le Monde (France), 18 janvier 2001, p. 2.

    «...L'homme qui a été abattu d'une rafale tirée dans le dos était, à la fois, un maquisard historique, un combattant nationaliste, un trafiquant d'or, un preneur d'otages, le tombeur de Mobutu et un dictateur ubuesque, pire que son prédécesseur. Anti-impérialiste impénitent, ayant traversé la guerre froide dans un bain de formol, sa silhouette ronde a fait le tour du monde, quand il a accédé au pouvoir dans l'ex-Zaïre, en mai 1997 à la tête d'un soulèvement populaire qui s'est vite révélé n'être qu'un attroupement de badauds autour des forces combattantes du Rwanda. Mais Laurent-Désiré Kabila s'est vite émancipé de ses tuteurs du « pays des mille collines ». Après avoir payé le prix du sang pour son entrée victorieuse dans Kinshasa, en camouflant l'élimination organisée de quelque 200 000 réfugiés hutus rwandais, traqués sur plus de 1 500 km à travers la forêt, la marionnette s'est animée et n'en a plus fait qu'à sa tête. »


    Francis Laloupo, « Mort d'un maquisard », Le Nouvel Afrique Asie (France), février 2001, p. 7.

    «...Laurent-Désiré Kabila aura mis en place une sorte d'antimodèle de gestion du pouvoir : mélange d'extravagances, d'initiatives désastreuses, de dérives criminogènes. (...) Kabila, qui aura passé le plus clair de sa vie dans un maquis, dans une improbable posture de chef révolutionnaire, tout occupé à assurer sa survie par divers expédients et à se projeter mentalement sur le trône à la place de Mobutu, aura, somme toute, transféré à la tête d'un État aux apparences légales, le même système maquisard. Comme dira l'un de ses compagnons de feue l'AFDL, il a pris le pouvoir à la manière d'un braquage. Et, finalement, la guerre à laquelle il fit face durant la quasi-totalité de son règne, s'inscrivait dans sa « normalité ». Cet état d'exception lui épargnait les obligations ordinaires d'un pouvoir à l'égard du peuple. Dans cet état d'exception, point n'est besoin de programme de gouvernement, pas davantage de bilan de résultats. Et surtout, tant que dure la guerre, toute vie démocratique étant mise entre parenthèses, le pouvoir est à l'abri de la sanction des urnes (d'ailleurs inexistantes et hors de toutes prévision). »


    Julia Fication, Claude-Adrien de Mun, « Laurent-Désiré Kabila avait trop d'alliés et trop d'adversaires », La Croix (France), 18 janvier 2001, p. 7.

    «...Kabila était en fait accusé de toutes parts de bloquer la situation sur le plan intérieur : il n'avait rien fait pour démocratiser le pays comme pour faire la paix avec ses voisins. Reproche lui était fait de bloquer sans cesse les « accords de Lusaka », prémices de paix pour cette région des Grands Lacs. Le plus critique à l'encontre de Laurent-Désiré Kabila était ces derniers temps, « le grand parrain », l'Angola, responsable plus que le Zimbabwe, de la sécurité de la capitale, Kinshasa, et du président Kabila. Ces derniers temps encore, la rumeur enflait à Kinshasa sur le fait que « l'Angola en avait plus qu'assez de soutenir Kabila. Cette guerre coûte trop cher », se plaignaient des militaires angolais. Les mêmes constats étaient faits du côté des militaires du Zimbabwe. » Ces discours trouvaient un écho semblable auprès des autorités rwandaises et ougandaises, qui disaient eux, vouloir aussi sortir de cette ornière. Sans doute Kabila a-t-il fini par payer la note de son pouvoir solitaire. »


    Normitsu Onishi, « Congo Leader Reportedly Dead After Being Shot by Bodyguard », New York Times (États-Unis), 17 janvier 2001.

    «...While Mr. Kabila had promised to deliver the Congolese from the years of Mr. Mobutu's dictatorship, he immediately banned all political parties after coming to power. And he never followed through on his promise to hold elections in April 1999, instead running the country himself, with the help of a strong military. Mr. Kabila steadily lost popularity in the capital. He traveled only at night, because during the day pedestrians would lift their shirts to show their bellies at his passing motorcade as a sign that they were hungry. Yet Mr. Kabila had made no effort to end the crippling war, which has displaced up to two million people within the country and pushed a quarter of a million more into neighboring countries. In fact, he appeared to do whatever he could to disrupt diplomatic progress. »

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