Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Bendjedid, Chadli | 1929-2012

Chadli Bendjedid

  • Né le 1er juillet 1929 à Bouteldja, en Algérie française
  • Président de la République algérienne démocratique et populaire (7 février 1979 - 11 janvier 1992)
  • Ministre de la Défense (8 mars 1979 - 25 juillet 1990)
  • Décédé le 6 octobre 2012 à Alger, en Algérie


  • Isabelle Mandraud, Jean de la Guérivière, « Chadli Bendjedid », Le Monde (France), 9 octobre 2012, p. 24.

    «...« Je vous dirai en toute franchise que le niveau de vie élevé auquel aspire le peuple tout entier n'est pas pour demain. De longues années nous séparent de ce but », déclarait Chadli Bendjedid au début de la décennie 1980. Avant que la montée des islamistes ne bouleverse la donne, l'image que le successeur de Boumédiène aurait voulu laisser était celle d'un militaire réformiste, gestionnaire à la fois sensible aux problèmes quotidiens des Algériens et peu enclin à la démagogie. Discret, pragmatique, méfiant à l'égard des théoriciens et des idéologues, peu doué pour l'éloquence et la mise en scène politique, il a d'abord cherché à apaiser les querelles intestines de l'Algérie. La bourgeoisie des affaires et des professions libérales, irritée par les privilèges de l'armée, rejoignait souvent les hommes politiques dont il avait bridé les ambitions pour rappeler la formation modeste du chef de l'État et souligner son manque de « brio ». »


    Abed Charef, « Chadli Bendjedid, de l'article 120 au multipartisme et à la liberté de presse », Le Quotidien d'Oran (Algérie), 7 octobre 2012, p. 2.

    «...Chadli Bendjedid a toujours été présenté comme un homme insignifiant de l'ère Boumediène. Pourtant, celui-ci lui avait confié la seconde région militaire, la plus importante d'un point de vue militaire. Des témoignages précis montrent également que Boumediène avait plus confiance en Chadli Bendjedid qu'en aucun autre chef militaire. Chadli Bendjedid a aussi été attaqué sur son hostilité supposée à la révolution agraire. Après l'échec avéré de cette expérience, et vingt ans après avoir quitté le pouvoir, Chadli rétablissait la vérité : oui, la révolution agraire a été un échec, oui, j'ai été un partisan de cette initiative, sous Boumediène et plus tard aussi, a-t-il dit. Au-delà de l'image véhiculée, c'est donc un homme plutôt simple, proche de la timidité, qui disparait. Un homme avec une grille de lecture simple, mais d'une grande sincérité. Il n'avait pas l'aura de Ben Bella, ni le charisme de Boumediène, ni l'image de Boudiaf. Mais c'est le président algérien qui a été le plus en mesure de se remettre en cause, pour bousculer des évidences : après avoir été l'homme de l'article 120, il a été celui de la liberté de la presse et du pluralisme. »


    Cherif Ouazani, « Les années Chadli », Jeune Afrique (France), 14 au 20 octobre 2012, p. 67.

    «...Si elle n'a provoqué nulle scène d'affliction hystérique, la nouvelle n'en a pas moins ému. Dans les mess d'officiers ou sous les colonnes de marbre du Palais du gouvernement, à l'usine, dans les lycées et dans les chaumières, le nom du troisième président de la République algérienne démocratique et populaire (1979-1992) est sur toutes les lèvres. Raillé par certains tout au long de ses treize ans de règne pour la modestie de son cursus scolaire, accusé par d'autres de laxisme face au phénomène de l'islamisme armé, apparu au tout début de son premier mandat, Chadli a reçu un hommage unanime. Conservateurs ou modernistes, nationalistes ou fondamentalistes, officiels ou citoyens lambda, tous auraient choisi la même épitaphe sur la tombe du défunt : « Ci-gît le père de la démocratie (abou ed-dimoqratiya) ». Le taiseux colonel de l'Armée nationale populaire (ANP), devenu chef de l'État sans jamais y avoir songé en se rasant le matin, entre dans l'histoire du pays comme celui qui introduisit le multipartisme, enterra l'option du socialisme scientifique cher à son prédécesseur, Houari Boumédiène, et, surtout, permit l'émergence d'une société civile, tenue jusque-là à l'écart par un pouvoir soupçonneux. »


    Mélanie Matarese, « Chadli Bendjedid ou l'ouverture algérienne sans lendemain », Le Figaro (France), 8 octobre 2012, p. 16.

    «...ce que l'histoire retiendra surtout de ses deux mandats : le soulèvement populaire d'octobre 1988. Un épisode tragique dans l'histoire de l'Algérie, qui marque aussi le début de ce qu'on appellerait aujourd'hui le « printemps algérien ». Une ouverture politique impulsée par la promulgation d'une Constitution pluraliste en février 1989 qui met fin au règne sans partage du FLN et permet la création de plusieurs formations politiques, dont le Front islamique du salut (FIS). «Dire pour autant que Chadli était le président de l'ouverture serait un peu rapide, nuance Amazit Boukhalfa, journaliste et historien. Il y a été contraint par la société civile en ébullition après le printemps berbère de 1980 et les classes moyennes laminées par de nouveaux modes de consommation. Lui n'avait pas de projet de société, ni même de convictions. » Chafik Mesbah, haut fonctionnaire sous Chadli, nuance : «Chadli était un homme pragmatique. Il a eu, par exemple, le courage de rééquilibrer les relations extérieures de l'Algérie, en s'ouvrant aux États-Unis et à la Grande-Bretagne. Et personne ne peut lui enlever sa volonté de réformer le pays. S'il a échoué, c'est parce qu'il a hérité d'hommes et de structures habitués à réagir sous un parti unique. » »

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