Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Conté, Lansana | 1934-2008

Lansana Conté

  • Né vers 1934 à Moussayah Loumbaya
  • Président de la République de Guinée (5 avril 1984 - 22 décembre 2008)
  • Chef du gouvernement guinéen (18 décembre 1984 - 9 juillet 1996)
  • Décédé le 22 décembre 2008 à Conakry, en Guinée


  • Philippe Bernard, « Lansana Conté », Le Monde (France), 25 décembre 2008, p. 17.

    «...Conserver le pouvoir à tout prix, quitte à sacrifier son peuple. Lansana Conté, président de Guinée, aura incarné caricaturalement jusqu'à sa mort, lundi 22 décembre, cette absurdité qui tient lieu de devise aux satrapes, notamment africains. En cinquante années d'indépendance, le dictateur n'était que le deuxième chef d'État qu'ait connu ce pays d'Afrique de l'Ouest, au sous-sol riche et à la population exsangue. Successeur du leader d'inspiration marxiste Sékou Touré, « père de l'indépendance » devenu dictateur stalinien, Lansana Conté, soutenu à ses débuts par les Occidentaux, aura fait le malheur de son pays tout autant que lui. Souffrant de diabète aigu et de leucémie depuis plus de six ans, il aura imposé à la Guinée une interminable agonie, au terme de près d'un quart de siècle d'un règne sans partage. Périodiquement absent du pays pour suivre des traitements médicaux à Cuba, au Maroc ou en Suisse, ce président fantôme n'aura cessé de s'appuyer sur une armée divisée à dessein pour préserver sa toute-puissance et survivre à des mutineries périodiques. »


    Pierre Prier, « Guinée : transition délicate après la mort de Lansana Conté », Le Figaro (France), 24 décembre 2008, P. 6.

    «...Lansana Conté, ancien sergent-chef de l'armée française, avait d'abord rétabli les libertés formelles et les institutions. Mais aucune élection n'a été régulière depuis, et le président avait fini par modifier la Constitution pour pouvoir se représenter indéfiniment. Sans vision politique, son seul but était la prédation systématique des ressources de l'État à son profit et à celui de son entourage, comme l'a démontré l'audit indépendant commandé l'éphémère premier ministre Lansana Kouyaté, nommé en mars 2007 à la suite d'émeutes qui avaient failli renverser le régime. Portant sur les quinze mois précédant le changement de gouvernement, l'audit avait révélé un pillage dans les grandes largeurs des ministères, des régions administratives et de 40 entreprises d'État : soustractions frauduleuses d'actifs, travaux publics payés mais jamais réalisés, comptabilité publique fantaisiste, accaparement de terrains et de bâtiments publics, appropriation de véhicules de l'État par des privés, disparition de matériel agricole, et paiement de salaires à plus de 13 000 fonctionnaires fictifs ou décédés... Tout cela au sein d'un État où le service de la dette atteint 80 % des recettes du secteur minier. »


    T.H., « Fin d'un président fantôme », Libération (France), 24 décembre 2012, p. 11.

    «...Celui qui se définissait avant tout comme un «paysan soldat», fervent défenseur de la culture du riz, régnait sans partage depuis avril 1984, date à laquelle un coup d'État militaire l'avait porté au pouvoir, dix jours après la disparition du père de l'indépendance guinéenne, Sékou Touré. Colonel, Lansana Conté était alors le plus haut gradé de l'armée. Arrivé presque par accident au sommet de l'État, il s'y est accroché en réprimant sévèrement plusieurs mutineries et soulèvements populaires. Sous son règne d'un quart de siècle, la Guinée, déjà mal partie avec le marxiste Sékou Touré, n'a cessé de s'enfoncer dans la crise. En revanche, l'ancien colonel, formé par les Français et qui avait notamment servi en Algérie, a su préserver son pays des affres de la guerre civile qui a ravagé ses voisins, le Liberia et la Sierra Leone. Un point positif, sans doute le seul. »


    Angélique Mounier-Kuhn, « La mort du président Lansana Conté plonge la Guinée-Conakry dans l'inconnu », Le Temps (Suisse), 24 décembre 2008.

    «...il s'était emparé du pouvoir au terme d'un putsch en 1984, une semaine après la mort du «Père» de la Guinée indépendante, Ahmed Sekou Touré. Il ne l'avait plus lâché, manipulant avec constance les résultats électoraux depuis qu'il avait été contraint d'introduire le multipartisme dans les années 1990. Diabétique et leucémique, le défunt autocrate ne se déplaçait que pour se faire soigner à l'étranger, à Genève notamment. Il laisse derrière lui un pays en pleine déliquescence sociale, travaillé depuis plus de deux ans par les mutineries, les grèves et les manifestations de rue réprimées dans le sang. «Le premier problème de la Guinée est le président Conté lui-même et son clan. [...] Sa vision militaire et prédatrice de l'exercice du pouvoir est anachronique», dénonçait un rapport de l'International Crisis Group en juin passé. Clairvoyante, l'organisation mettait aussi en garde contre «un départ dans des conditions non maîtrisées du président à court terme qui serait porteur d'un risque réel de chaos, d'explosion de violence et de divisions ethniques». »

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