Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Nkrumah, Kwame | 1909-1972

Kwame Nkrumah

  • Né le 21 septembre 1909 à Nkroful, au Ghana
  • Président du Ghana (1er juillet 1960 - 24 février 1966)
  • Décédé le 27 avril 1972 à Bucarest, en Roumanie


  • Jean Lacouture, « Prophète ou histrion ? », Jeune Afrique (France), 13 mai 1972, p. 17.

    «...Quel leader aura été plus totalement abandonné des siens ? Quel oubli aura plus cruellement enseveli le maître d'un peuple ? Quel assassinat moral aura été plus absolu ? Il avait cherché asile à Conakry, auprès de son allié Sékou Touré, qui lui avait accordé une co-présidence très théorique. Mais, en dépit de la part prise à son renversement par le néo-colonialisme, en dépit de la joie qu'éprouvèrent, à sa chute, les impérialistes de tous poils, qui fit le pèlerinage de Conakry ? Qui tenta en sa faveur, un effort de restauration ? Qui se souvint du prophète de l'unité africaine ? Il y avait quelque chose d'atroce à cet ensevelissement, tout vivant, dans les catacombes de l'histoire. Le destin de Kwame N'Krumah aura été exemplaire. Passé de l'exil à la révolte, et de la prison au pouvoir, élevé avec la soudaineté de la tempête, adulé, traité en héros et en pionnier, le voilà frappé comme la foudre et rejeté dans la mort politique. »


    Philippe Decraens, « L'ancien président Kwame Nkrumah est mort », Le Monde (France), 29 avril 1972, p. 5.

    «...L'homme des « bains de foule » de 1951 a fait fortifier sa résidence de Flagstaff House et exige, dès 1962, qu'un large espace vide soit toujours maintenu entre la foule et sa personne. Ses craintes ne sont d'ailleurs pas dépourvues de fondement, puisqu'il aurait échappé à plus d'une demi-douzaine d'attentats et à plus d'une douzaine de conspirations. Ce n'est donc plus « l'homme du destin de l'Afrique » ou l'ardent zélateur de l'unité africaine que l'armée ghanéenne évince de la scène politique en février 1966, au moment où il se trouve en visite officielle à Pékin, mais un autocrate contesté. C'est sans doute ce qui explique qu'en dépit de ses propos tenus en mars 1966 : « Je serai de nouveau bientôt près de vous », Kwame Nkrumah soit demeuré en Guinée où il avait trouvé asile politique auprès de M. Sékou Touré. L'homme contre lequel le Comité national de libération du Ghana avait, en décembre 1966, lancé un mandat d'arrêt international, avant de mettre sa tête à prix, est mort dans l'oubli. On avait, certes, reparlé de lui après qu'un nouveau coup d'État militaire eut renversé M. Busia, au début de cette année, mais personne à Accra n'avait sérieusement songé à rétablir au pouvoir l'homme que ses admirateurs n'hésitaient pas, à l'apogée de sa puissance, à qualifier de « second Nasser ». »


    S.A., « Death of a Deity », Time (édition canadienne), 8 mai 1972, p. 33.

    «...Contradictions hung from him like the charms that once dangled from the arms of his chair to ward off evil spirits. From his birth in a mud hut, Kwame Nkrumah rose to become President of Ghana, an absolute ruler who was thought to be immortal by many of his subjects. But even at the height of his power, he lived in fear of his life, behind heavily guarded walls - calling himself Osagyefo (Redeemer). From 1966 until he died last week of cancer at age 62, in a Bucharest sanatorium where he had gone for treatment, Nkrumah had lived in exile, still regarded at home as part despot, part national hero. Above all, he was the prototypical African nationalist and the first leader of a British colony to win independence for his country after World War II. His methods were devious, ruthless and thoroughly effective. (...) In power, Nkrumah's big obsession was the Pan-African movement, a doomed design to unite Black Africa to fight the white settlers of South Africa, Mozambique and Rhodesia. At home, Nkrumah built roads, schools, clinics and a $200 million hydroelectric dam - a frenzy of spending that brought his country close to bankruptcy. Ghanaians are still trying to evaluate the results. »

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