Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Mandela, Nelson | 1918-2013

Nelson Mandela, premier président dans l'aprés-apartheid
The Nobel Foundation

  • Né le 18 juillet 1918, à Mvezo, en Afrique du Sud
  • Emprisonné de 1962 à 1990
  • Président du Congrès national africain (juillet 1991 - décembre 1997)
  • Prix Nobel de la Paix (1993)
  • Président de la République d'Afrique du Sud (9 mai 1994 - 14 juin 1999)
  • Secrétaire général du Mouvement des non alignés (3 septembre 1998 - 14 juin 1999)
  • Décédé le 5 décembre 2013, à Johannesburg, en Afrique du Sud


  • Pierre Veya, « Mandela, le Bienheureux », Le Temps (Suisse), 7 décembre 2013.

    «...Au-delà de l'homme, de son caractère et de ses faiblesses, l'histoire qu'il personnifie par son extraordinaire charisme est admirable. « Madiba », comme il aimait à être nommé, n'a jamais renoncé, ni accepté d'abandonner les siens en échange de sa libération ou de faux compromis. Si tant de chefs d'État étaient là le jour de son intronisation, et seront là aussi pour lui rendre le dernier hommage, c'est qu'ils expriment, en leur for intérieur, une part de culpabilité, celle d'avoir toléré si longtemps le régime de l'apartheid et la violation crasse des libertés fondamentales. L'ancien président Mandela a éprouvé de la honte pour son pays dans la lutte contre le sida, la pauvreté, et exprimait une impuissance triste et silencieuse devant la corruption et l'incurie de ses successeurs. Mais il nous laisse un héritage, un idéal intact, celui de l'homme libre qui, comme le roseau, plie mais ne rompt pas. Il a eu le génie d'accorder le pardon comme préalable à la reconstruction après tant de haine, de violence et d'humiliation. Son héritage est assurément universel et marque l'histoire du XXe et du XXIe siècle. Pour une fois, le Bon a eu raison des lâches. »


    Mark Behr, « Nelson Mandela - une ligne morale », Le Monde (France), 9 décembre 2013, p. 18.

    «...Après trois décennies en prison, et alors que le pays de l'apartheid se retrouvait dans un isolement croissant à la fin des années 1980, Nelson Mandela adopta envers ses oppresseurs une attitude caractérisée par « le respect des ennemis ». A-t-il agi ainsi par principe, par stratégie, par pragmatisme ou par un mélange des trois? On peut en discuter, mais sa magnanimité et son insistance pour nous amener à nous voir dans et à travers les yeux de nos ennemis sont devenues une part essentielle de son héritage. Résistant à l'instinct de vengeance et aux ambitions personnelles, il a suggéré l'idée d'une réconciliation nationale comme pierre angulaire de la transformation sociale : faute de pouvoir faire table rase du passé, il allait falloir trouver un moyen d'intégrer le passé dans le présent afin de garantir un avenir plus stable et plus juste. Sa volonté d'humaniser l'adversaire et tous ceux qui s'opposaient encore à l'égalité raciale et à la démocratie a changé la nature du discours politique à tout jamais. Cet héritage place les anciennes et les nouvelles élites, qui jouissent du pouvoir et des privilèges, face à un défi : étendre les réformes pour améliorer l'existence des pauvres, des déshérités, de tous ceux dont le travail facilite notre vie quotidienne. Par ses paroles et ses actes, Nelson Mandela suggère que l'imagination et la responsabilité morales sont au coeur de toute démarche vertueuse. »


    El mihoub Mihoubi, « Hommage à Nelson Mandela Un symbole de la lutte contre l'apartheid s'en va », Liberté (Algérie), 9 décembre 2013.

    «...Sa conduite et son héritage devraient inspirer beaucoup de chefs d'État africains où le pouvoir autocratique continue à être exercé dans le déni total de la volonté du plus grand nombre et le mépris des ressources humaines nationales de qualité, prêtes pour la relève. (...) Les leçons que nous devons retenir des enseignements et de la conduite politique de feu Madiba sont l'effacement de soi devant l'intérêt général, le respect, la considération et la confiance que les dirigeants doivent accorder à leur peuple respectif, à la classe politique et à la société civile en général. La volonté de partage du pouvoir et d'association à la conception et à la formulation des politiques et des règles communes régissant la vie de la société dont feu Mandela a fait un credo politique visait à assurer et à garantir la stabilité et la concorde nationale et faire accepter et défendre les règles établies de manière consensuelle. Pour le grand homme d'État qu'il était, l'action politique était fondée sur des principes et des valeurs. Elle était vouée à un idéal, celui du respect de la personne humaine, la défense de sa dignité et la protection des droits des gens et des peuples, valeurs sans lesquelles aucune gouvernance n'est plausible, ni efficace ni durable. »


    André Glucksmann, « Mandela est une figure universelle », Le Soir (Belgique), 7 décembre 2013, p. 27.

    «...Il occupe la même place que Soljenitsyne (Alexandre) et Havel (Vaclav), pour une raison très simple, qui est que la moitié de la guerre froide s'est passée sur la fin du colonialisme. On dit: «Mandela, c'est la fin de l'apartheid», ce qui est naturellement vrai. Mais on ne dit pas tout: c'est la réussite de la fin de l'apartheid, ce qui est un peu différent. Parce qu'on aurait pu croire que les Blancs d'Afrique du Sud seraient, d'une façon ou d'une autre, forcés au rembarquement... Ce qu'il y a de très fort dans Mandela, c'est la réconciliation qui a suivi la fin de l'apartheid et qui a permis la réussite de la fin de l'apartheid. En cela, Mandela est une figure mondiale, parce que c'est la moitié de la guerre froide qu'il assume et à laquelle il met fin. Vous avez la fin de la guerre froide en Europe et dans le monde: c'est l'échec de l'URSS. Mais d'autre part, vous aviez la guerre froide au sein de la guerre contre le colonialisme. Et là, c'est Mandela qui a inauguré cette façon de faire, qui est de réconcilier - le Blanc et le Noir, en l'occurrence. Chose qui n'est pas faite définitivement, nulle part dans le monde. »


    Lucie Pagé, « Nelson Mandela 1918 - 2013 », La Presse (Québec, Canada), 7 décembre 2013, p. H1.

    «...Pour qu'un dirigeant accomplisse une oeuvre saine, juste, durable et pacifique, cela nécessite trois grandes qualités qui ne sont pas vénales : l'intégrité, la compassion et l'humilité. Trois mots qui résument tout Mandela. Lors de la fête d'anniversaire pour ses 85 ans, il avait invité le chef et certains dirigeants du Parti national qui l'avaient emprisonné pendant 27 ans. Même son ancien geôlier y était. Sur la carte du menu de la soirée, un de ses proverbes préférés, russe, nous accueillait : « Jouissez d'un déjeuner en solitaire, partagez votre dîner avec votre meilleur ami et donnez votre souper à votre ennemi. » Ce rassemblement de convives révéla son exploit -- le pouvoir du pardon, de la réconciliation -- et sa passion -- la paix. Nous héritons de la magie de Madiba si nous le voulons bien. Qu'il s'agisse de régler un conflit de couple, familial, communautaire, national ou international, les ingrédients sont simples : il faut se parler. Et négocier dans un climat calme et respectueux. Comment se laisser imbiber par l'héritage de Mandela ? Comment l'appliquer ? Est-ce que l'intégrité se transmet ? L'humilité s'apprend-elle ? Peut-on hériter de la compassion ? Outre les matières premières qu'on arrache à l'Afrique, pourrait-on aussi y puiser la philosophie de l'ubuntu ? On se souviendra de cet homme extraordinaire parce qu'il était profondément humain. »

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