Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Sharon, Ariel | 1928-2014

Ariel Sharon

  • Né le 26 février 1928 à Kfar Malal, en Palestine sous mandat britannique
  • Ministre de la Défense (5 août 1981 - 14 février 1983)
  • Ministre de l'Industrie, du Commerce et du Travail (13 février 1984 - 20 février 1990)
  • Ministre de la Construction et de l'Aménagement (11 juin 1990 - 13 juillet 1992)
  • Ministre de l'Énergie et des Ressources hydrauliques (8 juillet 1996 - 6 juillet 1999)
  • Ministre des Affaires étrangères (13 octobre 1998 - 6 juin 1999)
  • Premier ministre d'Israël (7 mars 2001 - 14 avril 2006)
  • Décédé le 11 janvier 2014 à Ramat Gan, en Israël


  • Louis Cyrille, « Les adieux contrastés des Israéliens à Ariel Sharon », Le Figaro (France), 13 janvier 2014, p. 4.

    «...La disparition d'Ariel Sharon, dont l'itinéraire inspira, au cours du demi-siècle écoulé, les jugements les plus tranchés, a suscité des réactions extrêmes. Tandis que la classe politique israélienne a rendu un hommage quasi unanime au « valeureux soldat » et à « l'homme d'État » , des responsables palestiniens ont déploré que le « criminel » , jugé « indirectement responsable » du massacre de Sabra et Chatila, en 1982 au Liban, se soit éteint sans avoir répondu de ses actes. (...) La disparition d'Ariel Sharon a enfin suscité des réactions plus mesurées au sein de la communauté internationale. Barack Obama, qui sera représenté aux obsèques par le vice-président, Joe Biden (vice-président des États-Unis), a sobrement présenté ses condoléances à sa famille, se bornant à le décrire comme « un leader qui a consacré sa vie à l'État d'Israël » . François Hollande (président français) a rappelé qu' « après une longue carrière militaire et politique, [Ariel Sharon] a fait le choix de se tourner vers le dialogue avec les Palestiniens » . Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, a enfin appelé Israël « à s'inspirer de son héritage de pragmatisme pour s'efforcer de créer enfin un État palestinien indépendant et viable, aux côtés d'un Israël en sécurité » .»


    Gilles Paris, « Ariel Sharon », Le Monde (France), 14 janvier 2014, p. 18.

    «...Le 4 janvier 2006, le vieux guerrier n'avait pu repousser une violente attaque cérébrale, à quelques mois d'élections cruciales pour la préparation desquelles il avait rompu avec sa famille politique, le Likoud, et créé un parti centriste destiné à sortir Israël d'un statu quo mortifère avec les Palestiniens. Ariel Sharon avait ainsi été écarté du pouvoir alors qu'il était au faîte de sa popularité, enfin reconnu pour des qualités qui lui avaient été longtemps déniées : le sens des responsabilités historiques, un certain pragmatisme, une forme d'audace politique et la capacité de s'affranchir de carcans du passé. Ce cheminement n'avait rien d'évident, même si le général, devenu chef politique, n'appartenait pas historiquement au camp dit révisionniste, hostile au partage de la Palestine mandataire entre un État juif et un État arabe, voté par l'ONU en novembre 1947. Il se défie de ce courant politique partisan d'un grand Israël étendu jusqu'aux confins du royaume concédé à la dynastie hachémite, à l'est du Jourdain. »


    David Grossman, «Ariel Sharon ou les métamorphoses du « roi David »», Le Nouvel Observateur (France), 18 janvier 2014.

    «...Qu'avait donc Sharon pour se faire tant aimer des Israéliens ? Son «glorieux» passé militaire, son inflexibilité méprisante à l'égard des Arabes et sa ruse perçue comme une arme nécessaire dans la lutte existentielle d'Israël. Ces dernières années, Sharon a réussi à se doter d'un statut sans précédent en Israël - seul David Ben Gourion jouissait d'une telle envergure politique dans les années 1950 - , celui d'un dirigeant incontestable, d'un homme mûr et intelligent, une espèce de «monarque démocratique», protecteur, insufflant de l'assurance, insensible à toute menace et ne faisant confiance qu'à lui-même et à sa force. Son apparence physique, l'immense ferme qu'il a créée dans le Néguev, son lien profond et instinctif à la terre, l'atmosphère d'aristocratie terrienne qui régnait autour de lui et de sa famille, les hauts faits du soldat, tout cela inspirait aux Israéliens un sentiment de puissance, de sécurité, de lien historique avec les chefs de guerre et les héros juifs du passé. On l'a souvent comparé à Bar-Kokhba et à Judas Maccabée. Ses admirateurs l'acclamaient en chantant «David, roi d'Israël». Même sa volte-face sur les colonies a été accueillie comme l'évolution intellectuelle nécessaire d'un dirigeant expérimenté, légitimant ainsi le souhait secret de la majorité du peuple. »


    François Brousseau, « Israël après Sharon », Le Devoir (Québec, Canada), 13 janvier 2014, p. B1.

    «...Pour les Israéliens, «Arik» restera comme l'un des politiciens les plus importants et les plus representatif de l'histoire nationale. Un « dur » de la droite, l'homme des conquêtes militaires et de l'expansion des colonies juives, après avoir été celui des missions impossibles réussies. (...) Ariel Sharon aura aussi, à la fin de sa vie active, opéré un virage à 180 degrés en décidant unilatéralement, en 2004, d'évacuer la bande de Gaza, occupée par Israël depuis 1967. Cette evacuation, menée manu militari à l'été 2005 contre 8000 colons juifs recalcitrants, lui vaudra beaucoup d'ennemis et de rancunes. À droite parce qu'elle abandonnait un territoire conquis et occupé depuis 38 ans au nom du « Grand Israël ». Mais aussi à gauche, parce qu'il s'agissait d'une operation unilatérale, dont le préalable avait été, au cours des années precedentes, l'écrasement méthodique de l'ennemi politique palestinien et de sa « seconde intifada » des années 2000. Car pour Ariel Sharon - c'était fondamental dans son idéologie - , il n'y avait pas, au fond, de veritable partenaire en face avec qui négocier : seulement un ennemi, à détruire ou à déjouer. Ce qui explique, tout au long de sa vie, sa nette préférence pour la politique des faits accomplis unilatéraux. »


    Lawrence Joffe, « Ariel Sharon : Israeli Prime Minister and wartime general who bestrode his country's history for more than 50 years », The Guardian (Royaume-Uni), 13 janvier 2014.

    «...Few global figures were as compelling as Ariel Sharon, the former Israeli prime minister who has died aged 85. A remarkable blend of maverick and mainstay, he fought in all of Israel's main wars and gave the impression of having been involved in every political development since the nation's birth in 1948. He was left in a persistent vegetative state by a massive stroke in January 2006. As a military officer and general, Sharon had courted international controversy by his battlefield belligerence. Historians blamed him for instigating unnecessary wars; foes accused him of targeting civilians. A considerable number wanted him tried as a war criminal for allegedly abetting atrocities against Palestinians in Beirut in 1982. His supposed passage from warmonger to peacemaker was the stuff of countless editorials. Sharon was more than a piece of living history, however. He was also a canny politician who knew the pulse of Israeli civil society better than any other. First elected premier in 2001 and re-elected in 2003, in November 2005 he did the unthinkable for a ruler: he resigned from his own party. Breaking free from the Likud - the coalition he had helped cobble together in 1973 - he created a brand new party from scratch, Kadima (« forward » in Hebrew). For most politicians, this would have been tantamount to suicide. »

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