Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Giap, Nguyen Vo | 1911-2013

Vo Nguyen Gip

  • Né le 25 août 1911 à An Xa, en Indochine française
  • Fondateur de l'Armée populaire vietnamienne (1944)
  • Ministre de la Défense nationale de la République démocratique du Vietnam (1946)
  • Décédé le 4 octobre 2013 à Hanoï, au Vietnam


  • Xavier Monthéard, « Et le stratège défit l'Amérique », Le Monde diplomatique (France), août 2009.

    «...trois décennies de combat - indépendance en septembre 1945, guerre française d'Indochine jusqu'en 1954, guerre américaine, victoire de 1975 - seront marquées par son génie militaire. Sans formation académique, Giap peaufina le concept de « guerre du peuple » : une armée de partisans s'appuyant sur la population. Ses troupes surent se concilier les villageois par leur abnégation, contrastant avec les exactions françaises ou américaines. En contrepartie, les civils servaient de coolies ; ils permirent des prouesses de logistique. Qu'on songe aux difficultés du siège de Diên Biên Phu : il fallut, cinquante-cinq jours durant, par bicyclettes et radeaux, ravitailler en nourriture et en armements, sur d'abrupts sentiers de jungle, une armée écrasée sous les obus et le napalm... Pour Giap, la guerre révolutionnaire comporte trois phases : la défense stratégique, la guérilla et la contre-offensive. Il excella dans les deux premières, se montra parfois impatient lors d'opérations de grande ampleur. Il sut toutefois retourner une défaite tactique, comme celle du Têt en 1968, en triomphe politique : l'opinion américaine bascula quand elle découvrit l'omniprésence des « Vietcongs ». »


    Arnaud Dubus, « L'adieu au héros de Dien Bien Phu », Le Temps (Suisse), 5 octobre 2013,

    «...Giap s'inscrivait dans la lignée des grands stratèges militaires vietnamiens qui, des siècles durant, repoussèrent les envahisseurs de l'Empire du Milieu après le Xe siècle. (...) Durant la seconde guerre du Vietnam contre le régime du Sud-Vietnam soutenu par des centaines de milliers de GI américains, la mise en place d'un réseau serré de routes en terre battue et de boyaux entre le sud du Laos, l'est du Cambodge et le Vietnam - réseau qui deviendra célèbre sous le nom de la «piste Ho Chi Minh» - fut un facteur clé de l'affaiblissement du dispositif militaire du Sud. Lors de la poussée finale, Giap mena les opérations à partir de son QG de Hanoi avec pour chef opérationnel le général Trân Van Tra. Mais ni l'un ni l'autre ne seront mis en avant ensuite par la direction du PC pour leurs exploits. Ho Chi Minh était mort en 1969 et le Parti était tombé entre les mains d'hommes rigides, comme Truong Chinh et Lê Duân, qui se méfiaient de l'ouverture d'esprit de Giap. Dès 1976, Giap commence à être mis à l'écart: il perd le commandement des forces armées. Puis, en 1982, son siège au sein du PolitBuro du PC. «Giap est devenu une statue vivante que l'on ressort de temps à autre, pour les grandes occasions ou à la demande d'un visiteur de marque», écrit en 1997 le journaliste Jean-Claude Pomonti. »


    Alain Ruscio, « Le Général Vo Nguyen Giap », L'Humanité (France), 7 octobre 2013.

    «...Si l'on devait résumer d'une formule la vie et la personnalité de Vo Nguyên Giap, celui qu'Hô Chi Minh considérait comme un de ses « fils préférés », avec Pham Van Dong, on pourrait, on devrait dire : cet homme a toujours eu un mal fou à dire « je ». Il riait lui-même beaucoup des formules lues sous la plume d'observateurs occidentaux de type « Le vainqueur de Diên Biên Phu », « L'ennemi le plus redoutable des Français, puis des Américains ». Giap n'aimait pas personnaliser les événements, comme toujours les Vietnamiens, comme souvent les communistes. Ce n'était pas de la fausse modestie : quand il affirmait que « c'étaient les masses » qui « faisaient l'histoire », il croyait ce qu'il disait. Précisons pourtant : il ne fut pas « le père de l'armée populaire vietnamienne » ? il ne fut pas « le vainqueur de Diên Biên Phu » ? il ne fut pas « le stratège de la guerre contre les États-Unis » ? Certes, si on prend à la lettre ces formules réductrices. Mais il y fut bien pour quelque chose... En bon marxiste, Giap aurait dû reconnaître que les grands bouleversements de l'histoire du monde naissent de la rencontre entre des « éléments objectifs » et la capacité de grands hommes d'exploiter des situations. Mais, décidément, sa modestie et, je dirais, son « hochiminisme » l'en empêchaient. »


    S.A., « General Giap », The Economist (Royaume-Uni), 12 octobre 2013.

    «...In government, where he was in charge of « revolutionary order » as well as the troops, the political and military progress of the revolution were strictly co-ordinated. Both Dien Bien Phu and the multi-target Tet offensive of 1968 (which he still masterminded, though he was in eastern Europe at the time) were meant to inflict massive demoralisation on the enemy, and to turn the French and American people against the war itself. In both battles the Vietnamese too took huge casualties, which he did not dwell on. He was proud, hot-tempered, blustered into a number of unnecessary pitched battles - but won his two wars, just the same, demonstrating irresistibly to the rest of the colonised world that a backward peasant country could defeat a great colonial power. After Ho's death in 1969 he lost influence, and envious colleagues pushed him aside. Some said he was an indifferent communist; he disliked the hardline clique that ran the country, and in old age publicly attacked the party for corruption and bauxite-mining. He remained a huge hero in Vietnam, whose re-emergence as a united and prospering country gave him great joy. Revolutionary work, he wrote once, was largely foresight: knowing not just what the enemy might do tomorrow but also how, in future, the world was going to change. On the bloody field of Dien Bien Phu, he saw that with absolute clarity. »

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