Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Suarez, Adolfo | 1932-2014

Adolfo Suarez

  • Né le 25 septembre 1932 à Cebreros, en Espagne
  • Gouverneur civil de Segovie (1968)
  • Premier ministre du gouvernement espagnol (3 juillet 1976 - 25 février 1981)
  • Décédé le 23 mars 2014 à Madrid, en Espagne


  • S.A., « La leçon de démocratie d'Adolfo Suarez », Le Figaro (France), 27 mars 2014, p. 19.

    «...Lorsque, sous la direction du roi, Adolfo Suarez se lance dans la bataille, la voie est étroite entre une armée omniprésente, qui se veut l'incarnation de l'Espagne éternelle, et un Parti communiste qui profite de la clandestinité pour se présenter en alternative au régime franquiste. La légalisation du PCE sera le premier coup de maître de Suarez, qui prend de court ses détracteurs du « bunker » à la faveur de la Semaine sainte. L'artisan de la transition oblige les communistes à jouer le jeu en pleine lumière, les privant de leur aura d'opposants de la première heure et les ramenant à un score de 9 % aux élections de 1979. Sans feuille de route, Suarez improvise. Il a une méthode : celle des « pactes » . Un pacte historique fondamental, nous venons de le voir. Mais aussi des pactes politiques, économiques et sociaux, les fameux accords de la Moncloa, qui engagent les forces politiques et syndicales à respecter les règles du pluralisme et à bâtir des institutions viables dans l'attente d'une Constitution démocratique. »


    Sandrine Morel, « Adolfo Suarez », Le Monde (France), 26 mars 2014, p. 23.

    «...À la tête de l'Union du centre démocratique (UCD), une coalition de centre-droit qu'il a créée, il obtient la présidence du gouvernement avec 34,4 % des votes. Et dans un esprit de consensus, appuyé par le roi Juan Carlos, il parvient à signer, avec tous les partis, les pactes de la Moncloa, préalables à la rédaction de la Constitution de 1978 qui entérine la démocratie naissante. Malgré ces réformes, au fil des mois, cet homme politique ambitieux et séducteur essuie les critiques de la gauche comme de la droite. Dans la rue, les séparatistes basques de l'ETA et le groupe armé d'extrême gauche du Grapo multiplient les attentats, et la crise économique et sociale fait rage. La presse se montre très dure à son égard, et les membres de son propre parti l'abandonnent avant qu'il ne perde le soutien du roi, qui préférait voir aux commandes un dirigeant plus solide pour cimenter la démocratie. (...) Un mois plus tard, le 23 février, a lieu la tentative de coup d'État au Parlement du lieutenant Fernando Tejero. Suarez est le seul, avec le général Manuel Gutierrez Mellado et Santiago Carrillo, à se tenir debout pendant que sifflent les balles. Cette image contribuera à la construction du mythe. »


    Anne Andlauer, « Adolfo Suarez, l'artisan de la transition démocratique en Espagne, est mort », La Croix (France), 24 mars 2014, p. 10.

    «...Les Espagnols se méfient du nouveau premier ministre, que son passé n'honore pas. Mais il saura mener à bien la « transición », le passage à une démocratie stable sur les cendres de la dictature franquiste. Il s'entoure de personnalités converties au principe démocratique issues principalement du franquisme et de la phalange espagnole, mais aussi de sociaux-démocrates, libéraux et chrétiens-démocrates. En un temps record, son gouvernement libéralise l'Espagne et démonte un à un les rouages de l'État franquiste. Les réformes s'enchaînent: amnistie générale et retour des exilés au pays, légalisation des partis politiques (communiste compris) et des syndicats, abolition de la censure, choix du bicaméralisme, élections démocratiques et victoire de l'UCD le 15 juin 1977, nouvelle Constitution en 1978. L'indéniable habileté du premier ministre n'a d'égale que son inflexibilité face aux intimidations de l'état-major et aux menaces de coup d'État. Aux communistes, il impose l'allégeance au roi et le drapeau rouge et or. (...) Son rôle clé dans la transition démocratique de l'après-franquisme, mieux perçu a posteriori qu'au cours de son mandat, explique l'affection que lui ont témoignée les Espagnols et sa reconnaissance sur la scène mondiale. Il aura droit à des funérailles d'État. »


    « Adolfo Suarez : Spain's Democracy Man », The Economist (Royaume-Uni), 29 mars 2014.

    «...Very few thought him ideal for the job when he started. Many did not rate him at all: a procurador's son from Ávila, in the harshest part of Castile, who, though his parents were Republican, had worked his way up through Franco's Movimiento Nacional as far as general secretary, with no particular credentials or connections. (...) What people underestimated was his talent for political intrigue: for sniffing out the ambitions and weaknesses of colleagues, for cutting deals, for apparently taking people into his confidence with a ready laugh and a slap on the back, and for making even enemies feel - as he charmed them with the offer of a cigarette and a light - that they were intimates, and could do business with him. For all the speed of change, it was not smooth sailing. Much of the left distrusted him; unions went on strike. He had been Franco's man, after all. Some of the 40-somethings he had gathered round him to effect the transition were dismissed as azules, blues, after the colour of Falangist shirts. Nonetheless he reached out swiftly to the Socialists and, a bit less swiftly, to Santiago Carrillo's Communists; and in 1980 he even pushed for a new divorce law, though complaining that Opus Dei, to which he had been close, were « all over » him. His mantra was to get Spanish politics back to normal, out of the long and bloody shadow of the civil war he himself had never known; to take the drama out of it, and set Spain in the modern world. »

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