Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Jaruzelski, Wojciech | 1923-2014

Wojciech Jaruzelski

  • Né le 6 juillet 1923 à Kurow, en Pologne
  • Ministre de la Défense nationale (1969 - 1985)
  • Premier secrétaire du Parti ouvrier unifié polonais (1981 - 1989)
  • Président du Conseil des ministres (11 février 1981 - 6 novembre 1985)
  • Président du Conseil d’État de la République populaire de Pologne (6 novembre 1985 - 19 juillet 1989)
  • Président de la République populaire de Pologne (19 juillet 1989 - 31 décembre 1989)
  • Président de la République de Pologne (31 décembre 1989 - 21 décembre 1990)
  • Décédé le 25 mai 2014 à Varsovie, en Pologne


  • Jarek Kuczkiewicz, « Le général Jaruzelski a rendu les armes », Le Soir (Belgique), 26 mai 2014, p. 29.

    «...Jaruzelski était convaincu que l'URSS préparait une intervention militaire, et celui qui se voyait comme communiste, mais aussi patriote, considéra qu'il valait mieux que les Polonais remettent eux-mêmes de l'ordre dans leur pays: le général a toujours défendu par la suite avoir écouté sa conscience. Mais si l'armée sut restaurer l'ordre, elle ne sut bien sûr pas sauver l'économie en voie vers la banqueroute. Et en 1988, c'est à nouveau Walesa et les siens qui sont convoqués par le pouvoir pour négocier une sorte d'entente nationale. Le 5 juin 1989, les élections sont remportées par Solidarnosc. C'est l'autre moment shakespearien de Jaruzelski: il donne alors son accord à la formation d'un gouvernement par Solidarnosc. Tadeusz Mazowiecki devient le premier Premier ministre non communiste du bloc soviétique. La roue ne s'arrêtera plus: la Pologne sort du communisme, libéralise son économie et démocratise son système. Le tout avec le soutien loyal du président. Qui accepte en 1990 de céder sa place à un président cette fois démocratiquement élu: ce sera Lech Walesa. Depuis lors, les Polonais étaient très divisés, les uns ne conservant de Jaruzelski que l'image du général-dictateur à la botte de Moscou, les autres lui rendant hommage pour son audace et sa loyauté patriotique, lorsqu'il s'est agi d'entrer en démocratie. »


    Piotr Smolar, « Wojciech Jaruzelski », Le Monde (France), 27 mai 2014, p. 23.

    «...Un homme se résume-t-il à un acte, si politique, si dramatique soit-il, accompli il y a trente-deux ans? La réponse est oui, dans le cas du général Jaruzelski. Le 13 décembre 1981 est la date emblématique de sa vie, celle par laquelle il est entré dans l'Histoire, celle qui l'a hanté, aussi, jusqu'au seuil de sa mort. Ce 13 décembre, à la tête du Conseil militaire de salut national (WRON), le général a proclamé l' « état de guerre » en Pologne, qui ne sera suspendu qu'en juillet 1983. (...) Une procédure pénale sommaire est mise en place. Les libertés de réunion, d'association, de manifestation sont suspendues. Les liaisons téléphoniques sont coupées, les frontières fermées. La police a les pleins pouvoirs. Des milliers d'opposants, parmi les ouvriers, les sympathisants de Solidarnosc et les intellectuels engagés, sont alors incarcérés. Le général Jaruzelski a prétendu pendant plus de trente ans que le 13 décembre avait été un « mal nécessaire » . Il assurait que les troupes soviétiques seraient entrées en Pologne s'il n'avait pas adopté une mesure aussi radicale, face à une opposition devenue, selon lui, déraisonnable. Malgré les avertissements réels et les rappels à l'ordre formulés à l'époque par Moscou à l'égard de Varsovie, cette analyse a toujours été très contestée, que ce soit par les historiens ou les dirigeants de Solidarnosc. »


    Jean-Paul Piérot, « Le général Jaruzelski, un homme de paradoxes », L'Humanité (France), 26 mai 2014.

    «...Jaruzelski fut un homme de paradoxes. Il symbolise une répression brutale, violente contre une opposition mêlant une partie du monde des intellectuels critiques et une hiérarchie catholique peu ouverte au progrès de la société. (...) Jaruzelski justifia son action par sa volonté d'éviter une intervention militaire soviétique, une réédition du scénario de 1968, quand les forces armées du pacte de Varsovie envahirent la Tchécoslovaquie et mirent fin au printemps de Prague. Dans un entretien publié par l'Humanité le 24 avril 1992, alors qu'il a été remplacé à la tête de l'État par Lech Walesa lors de la première élection présidentielle au suffrage universel, le général Jaruzelski tenait à rappeler le contexte dans lequel se développait la crise polonaise. « C'était le temps du partage du monde, de la confrontation entre l'Est et l'Ouest. Il en découlait logiquement des pressions soviétiques. Le processus qui se développait en Pologne entrait en contradiction avec le principe de souveraineté limitée, et, de ce fait, nous nous exposions à une menace d'intervention. » Après avoir imposé au peuple polonais les rigueurs de la loi martiale jusqu'en 1983, le numéro un polonais restera dans l'histoire comme le dirigeant qui organisera une transition politique pacifique entre le Parti ouvrier unifié polonais, au pouvoir depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et l'opposition au régime en 1989. »


    S. A., « Wojciech Jaruzelski », The Economist (Royaume-Uni), 26 mai 2014.

    «...The line dividing a hero from a traitor has been a thin one throughout much of Polish history, and Poles never quite worked out into which category to place General Wojciech Jaruzelski, who died Sunday aged 90. (...) A wave of labour unrest in 1988 forced Jaruzelski to the negotiating table with the outlawed Solidarity movement. Partially free elections in 1989 saw the communists crushed, and by August of that year, Poland had its first non-communist prime minister. Jaruzelski proved loyal to the new order. He resigned from the presidency in 1990 and was replaced by Solidarity's leader, Lech Walesa. He spent the next quarter century defending his patriotism, arguing that he had acted in Poland's best interests while remaining realistic about its subservience to the Soviet Union. His opponents saw him as a communist stooge and a traitor. Every year hundreds of protesters would gather on the night of December 13th outside his modest Warsaw villa. Most of them came to protest his decision, but a significant minority cheered him too. A poll taken in 2011 showed that 44% of those surveyed agreed with the imposition of martial law, whereas 34% were against. An earlier 2009 poll found 46% saying he would be remembered negatively and 42% positively. »

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