Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Schmidt, Helmut | 1918-2015

Rencontre entre Helmut Schmidt, chancelier de la RFA, et Jean Paul II
Gouvernement fédéral d'Allemagne

  • Né à Hambourg, en Allemagne, le 23 décembre 1918
  • Ministre de la Défense (22 octobre 1969 - 7 juillet 1972)
  • Ministre de l'Économie (7 juillet 1972 - 15 décembre 1972)
  • Ministre des Finances (7 juillet 1972 - 15 mai 1974)
  • Chancelier de la République fédérale d'Allemagne (16 mai 1974 - 1e octobre 1982)
  • Décédé à Hambourg, en Allemagne, le 10 novembre 2015


  • Daniel Vernet, « Helmut Schmidt », Le Monde (France), 12 novembre 2015, p. 19.

    «...Son passage à la chancellerie avait été relativement bref, huit ans contre quatorze pour Adenauer, ou seize pour Helmut Kohl; son nom n'était lié à aucune réalisation spectaculaire, comme l'Ostpolitik, la politique de normalisation avec les pays communistes, pour Willy Brandt, ou la réunification de l'Allemagne, pour Helmut Kohl. Pourtant, il était devenu le « vieux sage » de la République, dont les avis étaient toujours attendus avec intérêt, que ce soit sur la montée de la Chine, les interventions extérieures de la Bundeswehr, qu'il désapprouvait - que sont allés chercher les Occidentaux en Afghanistan, se plaisait-il à répéter, un pays auquel ils ne comprennent rien ? - , ou la monnaie européenne qu'il avait anticipée sous la forme du système monétaire européen avec son ami Valéry Giscard d'Estaing. Tout apparemment séparait l'aristocrate sorti de Polytechnique et de l'ENA et le social-démocrate issu d'une famille modeste qui, ministre, continuait d'habiter une sorte de HLM dans le centre de Bonn. Mais chacun était fasciné par l'intelligence de l'autre. »


    M.R., « Helmut Schmidt, grand d'Europe », Les Échos (France), 12 novembre 2015, p. 14.

    «...Schmidt a oeuvré sans relâche au réchauffement des relations Est-Ouest. Son franc-parler, sa lucidité plaisent aux Soviétiques, à Brejnev en particulier. Il doit pourtant faire face à la crise provoquée par l'installation en Russie des SS-20, missiles à moyenne portée tournés vers l'Allemagne, mais exclus des négociations de désarmement soviéto-américaines. Sa détermination amènera finalement Washington à proposer d'installer en Allemagne des missiles Pershing dirigés vers Moscou si le Kremlin ne retire pas ses SS-20. En décembre 1979, l'Otan approuve l'installation de Pershing II et de missiles de croisière en Europe dans le cadre de « la double décision » (négociations avec l'URSS sur la limitation des armements stratégiques en Europe et, en cas d'échec, implantation des euromissiles en RFA dès 1983). Mais cette décision provoque des manifestations monstres en Allemagne. Même son parti, le SPD, se divise sur cette question qui contribuera à sa chute en 1982, lorsque les libéraux du FDP s'allieront à la CDU d'Helmut Kohl. Écrivain prolixe devenu chroniqueur et codirecteur de la publication de l'hebdomadaire de l'intelligentsia allemande « Die Zeit » (il l'aura été depuis son départ du pouvoir jusqu'à sa mort), Helmut Schmidt a incarné avec brio et lucidité cette génération d'Allemands obsédés par l'impératif de rendre la guerre impossible en Europe. Sa fascination pour l'Amérique ne l'a pas empêché d'être le seul homme d'État européen capable de donner des leçons de politique étrangère ou d'économie aux dirigeants américains, et d'en être écouté...»


    Christophe Bourdoiseau, « Une institution et un exemple », Le Soir (Belgique), 12 novembre 2015, p. 13.

    «...À la chancellerie, deux grandes épreuves l'attentent: le choc pétrolier et surtout la lutte contre le terrorisme. (...) En pleine guerre froide, Helmut Schmidt restera ferme face au bloc soviétique sans toutefois remettre en cause la «détente» vers l'Est engagée par son prédécesseur Willy Brandt (Ostpolitik). Pour répondre à la menace nucléaire de Moscou, Schmidt acceptera l'installation en Allemagne des missiles américains «Pershing». Cette «crise des euromissiles» divisera profondément son parti, mais aussi toute la gauche allemande. Helmut Schmidt restera surtout dans la mémoire collective comme un grand Européen. «Les Allemands doivent comprendre que c'est dans leur plus grand intérêt de parachever l'Union européenne et non pas de se braquer contre elle», déclarait-il encore l'année dernière, à l'âge de 95 ans. Avec le président français Valéry Giscard d'Estaing, il a formé le plus fameux des «couples» franco-allemands. Ils sont notamment à l'origine du premier sommet économique mondial, l'ancêtre du G8, mais aussi du système monétaire européen qui ouvrira la voie à la création de la monnaie unique. «Grâce à son réalisme et son respect d'autrui, nous avons pu construire ensemble l'âge d'or entre la France et l'Allemagne», a résumé, à l'annonce de son décès, l'ancien président français. »


    S.A., « Helmut Schmidt », The Daily Telegraph (Royaume-Uni), 11 novembre 2015, p. 31.

    «...His contribution to German, European and Alliance politics was great, and will be remembered especially for its uncompromising stance on defence in the face of the Soviet arms build-up during the Brezhnev years. Mindful of the events in Hungary in 1956 and Czechoslovakia in 1968, Schmidt's priority was to ensure that an inward-looking United States was securely coupled to Europe. He thus became the chief architect and protagonist of Nato's so-called « dual track » decision to counter Moscow's SS-20 medium-range rocket arsenal by stationing American Cruise and Pershing-II missiles in Europe. It was a bold stand for a German Social Democrat and was to incur the displeasure of his party's Left wing, as well as of the increasingly vociferous anti-nuclear movement. But it was endorsed by his principal political opponents, the Christian Democrats. Moscow's invasion of Afghanistan in December 1980 only strengthened Schmidt's resolve, and by then he could count on Margaret Thatcher's unequivocal support from London. In the end, Schmidt's determination may have contributed to his loss of power in Germany, but it was undoubtedly a factor in the collapse of Communism across eastern Europe and the Soviet Union at the end of the decade. Disarmament followed. »

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