Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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 Boutros-Ghali, Boutros | 1922-2016

Boutros Boutros-Ghali

  • Né le 14 novembre 1922 au Caire, en Égypte
  • Ministre égyptien des Affaires étrangères (17 novembre-15 décembre 1977, 15 septembre 1978-17 février 1979)
  • Secrétaire général des Nations unies (1er janvier 1992-31 décembre 1996)
  • Secrétaire général de la Francophonie (16 novembre 1997-31 décembre 2002)
  • Décédé le 16 février 2016 au Caire, en Égypte


  • Étienne Dubuis, « Boutros-Ghali, le secrétaire qui se voulait général », Le Temps (Suisse), 17 février 2016, p. 8.

    «...Alors que la Guerre froide venait de s'achever et que débutait une ère de domination américaine, l'homme présentait un profil intéressant pour les maîtres de l'heure: oriental mais chrétien, Égyptien mais capable de négocier avec l'Etat hébreu, représentant d'un Etat puissant mais pas trop, situé à la confluence de l'Afrique et du Moyen-Orient. Boutros Boutros-Ghali a pris ses fonctions avec enthousiasme, aussi confiant dans son talent qu'assuré des possibilités qu'offraient à la diplomatie un monde débarrassé de la rivalité systématique de l'Union soviétique et des États-Unis. Les optimistes comme lui ont rapidement déchanté cependant. La Guerre froide a laissé place à une multitude de conflits d'autant plus difficiles à contrôler que leurs protagonistes n'avaient plus de parrains puissants pour les contrôler. Boutros Boutros-Ghali s'est retrouvé alors à la tête d'une ONU impuissante face à plusieurs tragédies, notamment l'éclatement de la Yougoslavie et le génocide rwandais. Partisan d'une ONU renforcée, l'Égyptien s'est heurté aussi à une administration américaine méfiante, pour qui la force et non le droit servait les intérêts des États-Unis.»


    S.A., « Boutros Boutros-Ghali, mort avec ses regrets », Libération (France), 16 février 2016.

    «...Que reste-il du bilan laissé par ce professeur de relations internationales ? En 2001, il disait :«Je me sens humilié avec ce qui s'est passé au Rwanda. J'ai été l'un des premiers à parler de génocide mais je n'ai pas réussi à ébranler l'opinion publique. Les Etats sont restés insensibles à mes appels.» Remords ? Expiation volontaire ? Lors de cette dernière interview, des larmes coulaient. «Des larmes de vieillesse surtout», ajoute, gêné, Karim el Fawal, qui se souvient d'un homme luttant pied à pied pour justifier son action. Dans cet appartement du Caire, près de Guizeh, à côté de l'ambassade de France, celui qui fut aussi secrétaire général de la Francophonie (1997-2002) vivait entouré de sa cathédrale de livres. Un homme qui s'est toute sa vie rattaché au roman, celui de l'Egypte mais aussi en jouant son propre personnage de «Kissinger égyptien». Reste que «l'oeuvre» de cet homme intellectuellement séduisant restera à jamais entachée par la paralysie d'une institution qu'il entendait pourtant reformer et qui a failli dans les Balkans et au Rwanda.»


    Maurin Picard, « Boutros Boutros-Ghali, le diplomate francophile », Le Figaro (France), 17 février 2016, p. 36.

    «...Remplaçant le péruvien Javier Perez de Cuellar, Boutros-Ghali promeut la diplomatie préventive pour éteindre les incendies naissants, un concept au coeur de son célèbre « Agenda pour la paix » publié cette année-là. Devant l'ampleur des tragédies, le monde se tourne vers l'ONU. Les missions se multiplient, mobilisant jusqu'à 70 000 Casques bleus venus des quatre coins de la planète : au Cambodge, au Salvador, en Somalie, en Bosnie-Herzégovine, au Sahara occidental. Durant cette ère incorrectement taxée d'unipolaire, en allusion à une très illusoire pax americana, le diplomate égyptien froisse, puis s'aliène définitivement le gouvernement américain de Bill Clinton. (...) Face à l'ombrageux « gendarme du monde » , le « pompier » en chef onusien écorné par ces nombreuses controverses ne fait pas le poids. Trop imprégné de son idéologie « non alignée » , vue par Washington comme un appendice à peine voilé de l'expansionnisme soviétique, trop frileux quand il aurait fallu se montrer ferme. Et trop farouchement indépendant lorsqu'il aurait fallu polir ses relations avec l'Administration Clinton, à qui il ne cessait de rappeler la dette pharaonique à l'égard de l'ONU par les États-Unis « mauvais payeurs ». La messe est dite : Boutros-Ghali sera le seul secrétaire général de l'histoire des Nations unies à manquer de se faire réélire, condamné par un veto rageur des États-Unis à son encontre. »


    S.A., « Boutros Boutros-Ghali », The Daily Telegraph (Royaume-Uni), 17 février 2016, p. 27.

    «...A former academic and Egyptian deputy prime minister, Boutros-Ghali took up his post when the organisation was flush with victory in the Gulf War and seemed on the brink of a golden age in which it might finally realise its goal of providing "collective security". In Washington the new Clinton administration had proclaimed a policy of "assertive multilateralism" with the UN as its agent. It was clear, though, that to carry out this new role, the UN needed to clarify lines of accountability and slim down its bloated bureaucracy. Declaring that "half the UN workforce does nothing useful",Boutros-Ghali announced a raft of radical administrative changes. But, partly as a result of opposition from national interest groups, virtually no one was sacked and only cosmetic reforms were made. Boutros-Ghali's aloofness also made him unpopular among UN insiders and his frequent absences abroad contributed to a bureaucratic backlog as papers piled up on his desk. Despite a reputation as a practitioner of realpolitik, he seemed to see himself, not as what the UN charter calls "Chief Administration Officer", but as a quasi head of state, and resented it when this was not universally acknowledged. »

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