Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Ali, Muhammad | 1942-2016

Muhammad Ali

  • Né le 17 janvier 1942 à Louisville (Kentucky), aux États-Unis
  • Champion du monde des poids lourds (1964-1967, 1974-1978, 1978-1979)
  • Décédé le 3 juin 2016 à Scottsdale (Arizona), aux États-Unis


  • Jean Dion, « Muhammad Ali (1942-2016) - Un géant debout », Le Devoir (Québec, Canada), p. A1 et A8.

    «...« Il est difficile d'être modeste, a un jour dit Muhammad Ali, quand vous êtes un aussi grand homme que moi. » De toute manière, a-t-il déclaré à une autre occasion, « les gens humbles ne vont jamais très loin ». De telle sorte que, lorsqu'il publiera son autobiographie, celle-ci s'intitulera The Greatest, tout simplement. Ç'a au moins le mérite d'être clair. Car lui avait bien l'intention d'accomplir de grandes choses. Il n'avait peur de rien, ou du moins aimait-il à le laisser croire, il possédait une grande gueule et s'en servait abondamment, il parlait en rimes tout en affichant un perpétuel air de défi (quoique souvent facétieux), comme s'il avait à en remontrer au monde entier. C'est d'ailleurs le monde entier que le boxeur évoquera quand il deviendra une première fois champion du monde, répétant qu'il venait de le bouleverser. Ali avait raison : c'est d'un bout de la planète à l'autre que fusent les hommages en ces heures suivant son décès à 74 ans dans la nuit de vendredi à samedi. Tous saluent un personnage immense, à nul autre semblable, paradoxale figure de proue du XXe siècle qui a su acquérir un statut de légende en donnant des coups de poing et en refusant... d'aller se battre. »


    Mustapha Kessous, « Mohamed Ali », Le Monde (France), 6 juin 2016, p. 14.

    «...La vie de cet athlète hors norme a tout d'un scénario hollywoodien : celui d'un « mauvais Noir » qui allait corriger une Amérique blanche et raciste. Mohamed Ali était ce genre de type, complexe et fascinant, qui aurait pu être croqué dans l'un des romans noirs du grand écrivain afro-américain Iceberg Slim. Dans ses livres, la destinée des personnages épouse l'histoire des États-Unis, celle qui opposa pendant tant de décennies les Noirs et les Blancs. Ali est le témoin de cet affrontement et en sera l'un des symboles les plus frappants. (...) Ali passa sa vie de boxeur à dénoncer le racisme et la ségrégation dans son pays. Paradoxalement, en vieillissant, l'anticonformiste finit par incarner « l'establishment » tant décrié : il est reçu à la Maison Blanche et par d'autres chefs d'État. Il voyage à travers le monde pour jouer, parfois, les médiateurs, comme en 1990, lorsqu'il obtient de Saddam Hussein la promesse de la libération de quatorze Américains pris en otage. Il est aussi fait messager de la paix par les Nations unies, en 1998, pour avoir consacré sa vie à « rapprocher les peuples de la planète en leur vantant les vertus de la réconciliation, quels que soient leurs race, religion ou âge. (...) L'icône sportive devient aussi icône publicitaire et l'égérie de prestigieuses marques de luxe. Lucide sur les louanges qui lui étaient adressées, Mohamed Ali-Cassius Clay avait lancé : « Dans cent ans, on dira que j'étais blanc, c'est ce qu'ils ont fait à Jésus. » »


    David Remnick, « Aucun romancier n'aurait osé inventer Ali », propos reproduits dans Libération (France), 6 juin 2016, p. 35.

    «...Il n'était pas un intellectuel mais il avait une formidable rapidité d'esprit et triomphait de manière surprenante. C'était donc déjà une grande star lorsqu'il a annoncé qu'il était membre de la Nation of Islam et qu'il changeait son nom. On ne peut s'imaginer le choc incroyable que cela a représenté, pas seulement pour les Blancs, mais aussi pour les Afro-Américains, pour toute une frange de l'Amérique. Nous sommes en 1964. La notion de « Black Power », cette impudence, cette assertion, cette impatience vis-à-vis des vieilles tactiques des droits civiques et de l'intégrationisme est totalement déstabilisante. Mais c'est comme cela qu'il est devenu un héros. Pas seulement pour les Noirs, mais pour la jeune génération, pour les militants pacifistes, Noirs et Blancs confondus. «Avant lui, les champions poids lourd noirs devaient faire attention, surtout ne pas effrayer l'Amérique blanche. L'entourage de Joe Louis avait défini pour lui un code de bonnes manières. Et tout cela, Ali s'en fichait. Il allait être lui-même, il allait être qui il voulait. Il s'est créé un personnage en piochant ici et là dans la culture contemporaine : l'identité comme une construction, un phénomène hyper américain. Ali a voulu inventer un nouveau modèle d'homme noir. Ce n'était pas un saint, pas un père ou un mari modèle, et je pense qu'il a pu regretter, des années plus tard, certains de ses propos ou de ses actions. Il n'en reste pas moins un personnage américain tel qu'aucun romancier n'aurait osé l'inventer. »


    Robert Lipsyte, « Muhammad Ali, Titan of Boxing, Dies at 74 », The New York Times (États-Unis), 5 juillet 2016, p. 1.

    «...Ali was the most thrilling if not the best heavyweight ever, carrying into the ring a physically lyrical, unorthodox boxing style that fused speed, agility and power more seamlessly than that of any fighter before him. But he was more than the sum of his athletic gifts. An agile mind, a buoyant personality, a brash self-confidence and an evolving set of personal convictions fostered a magnetism that the ring alone could not contain. He entertained as much with his mouth as with his fists, narrating his life with a patter of inventive doggerel. («Me! Wheeeeee!») Ali was as polarizing a superstar as the sports world has ever produced -- both admired and vilified in the 1960s and '70s for his religious, political and social stances. His refusal to be drafted during the Vietnam War, his rejection of racial integration at the height of the civil rights movement, his conversion from Christianity to Islam and the changing of his « slave » name, Cassius Clay, to one bestowed by the separatist black sect he joined, the Lost-Found Nation of Islam, were perceived as serious threats by the conservative establishment and noble acts of defiance by the liberal opposition. Loved or hated, he remained for 50 years one of the most recognizable people on the planet. In later life Ali became something of a secular saint, a legend in soft focus. »

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