Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Rocard, Michel | 1930-2016

Michel Rocard

  • Né le 23 août 1930 à Coubevoie, en France
  • Député de la 7e circonscription des Yvelines (27 octobre 1969 - 1er avril 1973, 3 avril 1978 - 24 juillet 1981, 2 avril 1986 - 23 juillet 1988)
  • Ministre du Plan et de l'Aménagement du territoire (22 mai 1981 - 23 mars 1983)
  • Premier ministre (10 mai 1988 - 15 mai 1991)
  • Premier secrétaire du Parti socialiste (24 octobre 1993 - 19 juin 1994)
  • Député au Parlement européen (19 juillet 1994 - 31 janvier 2009)
  • Sénateur des Yvelines (2 octobre 1995 - 18 novembre 1997)
  • Décédé le 2 juillet 2016 à Paris, en France


  • Jacques Attali, « Michel Rocard ou la tyrannie de la vérité », L'Obs (France), 3 juillet 2016.

    «...Ce qui frappait d'abord, chez Michel, c'est son intelligence libre, son esprit critique, son honnêteté, son sens du collectif, sa passion de convaincre, sa gentillesse, son amour de l'humanité. Ces merveilleuses qualités humaines qui, en politique, sont autant de faiblesses. Il devait à son protestantisme l'idée que le scandale n'est pas la richesse, mais la pauvreté. Et il devait à son père un impératif d'excellence sans cesse renouvelé. Jamais il n'avait oublié sa haine du colonialisme, son mépris de ceux qui y avaient trempé. Son exigence de vérité l'amena tout de suite à refuser l'alliance avec les communistes et à chercher une autre idéologie, d'abord dans l'autogestion, puis dans la social-démocratie. Bien des gens l'ont poussé à vouloir prendre la place de François Mitterrand. Il savait bien pourtant que, dans la France de l'époque, sa haine des communistes lui barrait la route du pouvoir. Et même sans François Mitterrand, il n'aurait jamais été élu à la présidence de la République. »


    S.A., « Michel Rocard, le contre-exemple », Le Monde (France), 4 juillet 2016.

    «...au-delà, la diversité et l'oecuménisme des hommages disent bien autre chose : une nostalgie, une frustration, un regret. La nostalgie d'un temps où la politique avait du sens, donnait du sens, échappait à la dictature de l'instant et cherchait sans relâche à comprendre le présent pour mieux penser l'avenir et construire un « projet de société », son ambition cardinale. La frustration de constater que les qualités reconnues à Michel Rocard - une exigence de morale en politique, un inlassable engagement pour ses idées, une inépuisable ouverture d'esprit - paraissent si peu et si mal répandues aujourd'hui. Le regret est de voir disparaître un homme, et une voix, qui incarnait une conception noble de l'action publique : celle qui fonde l'ambition et l'exercice du pouvoir sur la force et la justesse des idées, du savoir et de la culture. Et non celle qui instrumentalise les idées au service de la seule stratégie qui vaille, la conquête du pouvoir. C'est ce qui a fait sa singularité et lui confère aujourd'hui une aura particulière. C'est aussi, et il le reconnaissait lucidement, ce qui a fait sa faiblesse pendant quarante ans. »


    Jonathan Bouchet-Peterson, « Michel Rocard, le président empêché », Libération (France), 2 juillet 2016.

    «...Le regret est de voir disparaître un homme, et une voix, qui incarnait une conception noble de l'action publique : celle qui fonde l'ambition et l'exercice du pouvoir sur la force et la justesse des idées, du savoir et de la culture. Et non celle qui instrumentalise les idées au service de la seule stratégie qui vaille, la conquête du pouvoir. C'est ce qui a fait sa singularité et lui confère aujourd'hui une aura particulière. C'est aussi, et il le reconnaissait lucidement, ce qui a fait sa faiblesse pendant quarante ans. (...) au tournant des années 80, alors que mai 1981 se profile, le «rocardisme», cette deuxième gauche, commence à incarner quelque chose pour les Français. Et Michel Rocard, «réaliste» se réclamant de Mendès, a la cote dans les sondages, défendant un socialisme de gouvernement aussi européen que décentralisateur, et surtout moins étatiste - et même plus sensible à l'économie de marché - que la plupart de ses camarades favorables aux nationalisations totales. Des options pas (encore) majoritaire à gauche et, surtout, assez loin de la doxa communiste qui pèse encore son poids dans les urnes et que François Mitterrand compte bien, lui, rallier à sa candidature en y voyant à raison une condition sine qua non de la victoire. Avec succès, on le sait. »


    Richard Werly, « Michel Rocard, l'homme qui échoua à convertir la France à la social-démocratie », Le Temps (Suisse), 3 juillet 2016.

    «...Homme du 20ème siècle, disciple de Pierre Mendès-France, propulsé sur le devant de la scène politique hexagonale après l'effervescence de 1968 mais aussi protestant exigeant et rigoureux, Michel Rocard demeurait partisan d'un État fort, régulateur et interventionniste. La révolution numérique et la disruption - qu'il peinait à comprendre - alimentaient son pessimisme vis à vis de sociétés occidentales de plus en plus individualistes, où l'intérêt collectif devient de plus en plus difficile à défendre face à la concurrence des grands pays émergents. Un pessimisme alimenté par son dédain envers la perte de substance du débat politique Français dont il dénonçait l'obsession de la communication, le goût de la polémique et le vent mauvais du simplisme distillé par les populistes et les extrêmes. La France de Michel Rocard, si ce dernier avait eu la chance de la présider, serait sans doute plus morale et plus moderne: soit l'inverse de celle que façonnèrent les 26 ans de pouvoir suprême exercés par les deux hommes qui, de façon très différente, lui barrèrent la route à la tête de l'État: François Mitterrand (1981-1995) et Jacques Chirac (1995-2007). »

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