Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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 Karimov, Islom | 1938-2016

Islom Karimov

  • Né le 30 janvier 1938 à Samarcande, en Union soviétique
  • Premier secrétaire du Parti communiste d'Ouzbékistan (23 juin 1989 - 1er septembre 1991)
  • Président de la République socialiste soviétique d'Ouzbékistan (24 mars 1990 - 1er septembre 1991)
  • Président de l'Ouzbékistan (1er septembre 1991 - 2 septembre 2016)
  • Décédé le 2 septembre 2016 à Tachkent, en Ouzbékistan


  • Sébastien Peyrouse (cité dans), « Après la mort de Karimov, quel avenir pour l'Ouzbékistan ? », Médiapart (France), 2 septembre 2016.

    «...Karimov a réussi à équilibrer ses relations et a toujours refusé de se soumettre à la Russie. D'autres diront qu'il avait une attitude de girouette. Il a débuté en ménageant Moscou, puis s'est tourné vers les États-Unis et l'Otan notamment après l'intervention en Afghanistan à la suite du 11 septembre 2001. Puis arrivent les événements d'Andijan (en 2005, le président fait tirer sur la foule dans la ville d'Andijan, officiellement pour mater une révolte menée par des combattants islamiques), ce qui a aussi détourné les États-Unis de l'Ouzbékistan. Récemment, les signes hostiles à la Russie étaient néanmoins nombreux : le pays est sorti de l'OTSC (Organisation du traité de sécurité collective) et d'autres structures régionales intermédiaires comme OCS (Organisation de coopération de Shanghai)... Karimov ne pratiquait pas la politique de la chaise vide, mais presque. Pour son successeur, ce sera difficile d'avoir une politique si distante vis-à-vis de la Russie, ou très pro-occidentale. »


    Pierre Avril, « Le décès de l'inamovible Karimov ouvre la guerre de succession en Ouzbékistan », Le Figaro (France), 3 septembre 2016, p. 7.

    «...Bien que souffrant d'une santé chancelante, l'homme s'était toujours refusé, à 78 ans, à quitter le pouvoir qu'il occupait depuis plus d'un quart de siècle, faisant de lui le leader le plus âgé de l'espace post-soviétique, et doté de la plus grande longévité politique. Lui qui assimilait le Komsomol à une école de la « traîtrise » et le régime soviétique à une « machine à laver les cerveaux » , a raté les cérémonies du 25e anniversaire de l'indépendance ouzbèke, laissant son pays sans successeur désigné. Tout en se prétendant grand démocrate, Islam Karimov avait fait le vide autour de lui. Natif de Samarkand, la perle de l'ancienne route de la soie, l'apparatchik diplômé de mécanique et d'économie s'était assis dans le fauteuil de président en 1990 pour ne plus jamais le quitter, au gré de scrutins que la diaspora en exil et l'Occident jugeait falsifiés. « Sans un gouvernement fort, ce sera le chaos » , prévenait Karimov en mars 2015 avant d'être élu pour un troisième mandat, tout en précisant « qu'un jour viendra où nos citoyens jouiront d'une liberté totale » . En attendant, des milliers de ses opposants, journalistes, militants des droits de l'homme, religieux, sont passés par la prison selon Human Rigths Watch, très souvent à l'issue de séances de tortures sophistiquées, dont l'usage est courant dans ce pays de 32 millions d'habitants, le plus peuplé de la région. »


    Pierre Marti, « Ouzbékistan : la mort de Karimov, symbole d'un pays vraiment pas comme les autres », Slate (France), 5 septembre 2016.

    «...Aux yeux des Occidentaux, Islam Karimov serait l'incarnation et la caricature de cela: un mélange de politique à la soviétique, de culte de la personnalité façon Corée du Nord et de laïcité à la Saddam Hussein. On peut se dire que l'ère Karimov restera donc comme celle de l'accès à l'indépendance et celle de l'autoritarisme soviétique renouvelé sous une nouvelle forme mais en Ouzbékistan, pour la plupart des gens, il était l'homme qui a mené le pays lors de son indépendance et a maintenu sa stabilité, celui qui a fait que, contrairement à plusieurs États post-soviétiques, il n'a pas connu de conflit armé. Depuis les indépendances, en 1991, de plusieurs États issus de l'URSS, il y a eu la guerre entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan au Haut-Karabagh, mais aussi en Tchétchénie, au Tadjikistan, entre la Russie et la Géorgie, entre la Russie et l'Ukraine ainsi qu'en Afghanistan, un État avec qui l'Ouzbékistan partage sa frontière méridionale. Ces conflits, sans oublier les guerres en Irak, dans les Balkans et en Syrie plus récemment, ont contribué depuis vingt-cinq ans à donner aux habitants des régimes autoritaires d'Asie centrale la sensation qu'ils n'étaient pas si mal lotis et que leurs dirigeants pouvaient être crédités de cela. »


    S.A., « Uzbekistan confirms that Islam Karimov has died », The Economist (Royaume-Uni), 2 septembre 2016.

    «...Mr Karimov bequeaths a troubled legacy. Though Uzbekistan is the most populous of the « stans », with 31m people and plenty of minerals, and was once widely considered the most hopeful, it has become an economic basket-case, riddled with corruption and run along Soviet lines. A black market flourishes. Foreign investors are deterred by a history of assets grabbed. Vested interests in Tashkent rake in the cash from exports of gas, gold and cotton (reaped by a million forced labourers every year), while ordinary Uzbeks struggle to get by. Many depend on remittances from migrants to Russia, but these are dwindling as recession bites there, too. Whoever succeeds Mr Karimov has an unenviable choice. He (or conceivably she) could use the same brutal methods to stem the torrent of disaffection that may burst forth after his demise, or he could loosen up a little and risk being swept away in a deluge of popular anger. Many analysts are pessimistic. « The system that Karimov built can continue after him, self-replicating regardless of who sits at the top, » says Daniil Kislov, editor of Ferghana News. « There will not be a thaw. » »

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