Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Peres, Shimon | 1923-2016

Shimon Peres

  • Né le 2 août 1923 à Vishnyeva, en Pologne (aujourd'hui la Biélorussie)
  • Ministre des Transports (1er septembre 1970 - 10 mars 1974)
  • Ministre de la Défense (3 juin 1974 - 20 juin 1977)>/li>
  • Premier ministre d'Israël (22 avril au 21 juin 1977)>/li>
  • Premier ministre d'Israël (13 septembre 1984 - 20 octobre 1986)
  • Ministre des Affaires étrangères (20 octobre 1986 - 23 décembre 1988)
  • Ministre des Finances (22 décembre 1988 - 15 mars 1990)>/li>
  • Ministre des Affaires étrangères (14 juillet 1992 - 22 novembre 1995)>/li>
  • Prix Nobel de la paix (1994)>/li>
  • Premier ministre d'Israël (4 novembre 1995 - 18 juin 1996)>/li>
  • Ministre de la Défense (4 novembre 1995 - 18 juin 1996)
  • Ministre des Affaires étrangères (7 mars 2001 - 2 novembre 2002)
  • Président d'Israël (15 juillet 2007 - 24 juillet 2014)
  • Décédé le 28 septembre 2016 à Ramat Gan, en Israël


  • Pierre Haski, « Shimon Peres, homme de guerre et homme de paix à la fois », L'Obs (France), 28 septembre 2016.

    «...l'accord d'Oslo, la première et seule tentative réelle de paix entre Israéliens et Palestiniens, devait nécessairement être l'oeuvre du tandem Rabin-Peres, tandem improbable au demeurant entre deux hommes qui ne s'appréciaient pas particulièrement et qui se sont beaucoup opposés au sein du parti travailliste. Les Israéliens n'auraient jamais fait confiance à Shimon Peres seul dans ce rôle, mais ont majoritairement approuvé l'accord, au début, en raison de la présence à la tête du gouvernement d'Yitzhak Rabin, dont ils estimaient qu'il n'aurait jamais accepté de faire courir de risque à Israël. "Oslo" est pourtant l'oeuvre de Peres et d'un groupe de jeunes diplomates qu'on a surnommés les "Peres boys", ou le "gang des blazers" tant ils détonaient par rapport à la simplicité vestimentaire de la génération précédente... Peres tenait Rabin au courant et s'assurait du feu vert du Premier ministre, tandis qu'Uri Savir, le négociateur en chef, et son petit groupe de négociateurs rencontraient secrètement Abou Alaa et ses adjoints de l'Organisation de Libération de la Palestine. Ce fut le secret le mieux gardé de l'histoire, et la signature de l'accord à la Maison Blanche est un de ces moments que l'histoire retiendra - même s'il a tourné court - , celui de la reconnaissance mutuelle entre deux peuples qui se disputent la même terre. »


    S.A., « Shimon Peres, un destin politique paradoxal », La Croix (France), 29 septembre 2016, p. 6-7.

    «...Cette fonction, certes purement honorifique, aura couronné un parcours à certains égards brillant mais parsemé de chausse-trapes et de revers de fortune. Pendant longtemps, les Israéliens ont vu en lui, l'éternel second, le « Poulidor » de la vie politique israélienne. En effet, il a été trois fois premier ministre sans avoir gagné une seule élection: la première fois pendant deux mois en 1977; la deuxième fois (1984-1986), à la faveur d'un gouvernement de coalition avec le Likoud (droite); la troisième (1995-1996) lorsqu'il assura l'intérim après l'assassinat de Yitzhak Rabin, en novembre 1995. Et la presse n'a jamais été tendre avec lui. Dans le New York Times, Jodi Rudoren, le décrit avec beaucoup de sévérité comme « un rêveur qui a nui à sa carrière en raison de son égoïsme, sa timidité, sa vanité et sa surdité politique » . Sa longévité politique et sa capacité à rebondir restent un exploit dans ce pays. Elles tiennent peut-être aussi à son appartenance à cette génération des derniers pères fondateurs de l'État hébreu, nés en Europe occidentale, centrale et orientale. Et à son sens de l'opportunisme. »


    S.A., « Shimon Pérès, l'artisan des accords d'Oslo », Le Figaro (France), 29 septembre 2016, p. 9.

    «...Ni l'âge ni les aléas de la fortune n'avaient entamé sa stupéfiante frénésie d'entreprendre. Un jour de mai 2014, comme on le priait d'esquisser le bilan d'une carrière politique démesurément longue, Shimon Pérès répondit d'une pirouette qui, à ses yeux, n'en était peut-être pas une. « Mes succès les plus importants, glissa-t-il, sont ceux qui me restent à accomplir. » Il s'apprêtait à fêter ses 91 ans mais, au crépuscule de sa carrière, semblait avide d'autres lendemains. « Être président, c'est comme vivre dans une cage dorée, ajouta-t-il d'une voix de bronze qui, avec l'âge, était devenue presque inaudible. Si vous aimez l'or, il faut y rester. Mais moi, j'ai encore envie de voler... » (...) Né un peu tard pour avoir compté au nombre des « pères fondateurs », il sut s'imposer dans les années 1950 parmi la jeune garde constituée autour de David Ben Gourion. Contemporain de Moshe Dayan, de Yitzhak Rabin ou encore d'Ariel Sharon, il ne ménagea aucun effort et ne recula devant aucun revirement pour marquer de son empreinte l'histoire d'Israël. Faucon à ses débuts, il se démena pour armer le jeune État puis encouragea la colonisation en Cisjordanie avant de se muer, dix ans plus tard, en apôtre de la paix avec les Palestiniens. Cet itinéraire complexe et parfois déroutant lui valut autant de détracteurs sur la petite scène politique israélienne que d'admirateurs à l'étranger. »


    Eric Silver, « "Indefatigable schemer" who was a hawk long before he became a dove », The Independent (Royaume-Uni), 20 septembre 2016, p. 12.

    «...The public tended to distrust him. They saw him as an intriguer, too selfish by half. Yitzhak Rabin accused him of treachery in the Seventies when Rabin was prime minister and Peres defence minister. In his memoirs, Rabin branded him an "indefatigable schemer," and later denounced him for pulling a "stinking trick" in trying to topple Yitzhak Shamir, Labour's Likud coalition partner, in 1990. The labels became part of the political lexicon. But Peres was unabashed. "I am proud of it," he told an Israeli interviewer. "I wish there more such schemers because then the ship would sail more quickly." He was a practical optimist, a statesman who believed not only that things would get better, but that they could be made to get better. He was a problem-solver, but one who shunned cozy compromises. Yossi Beilin, one of his protégés, said that Peres didn't react to events, he tried to shape them. Nimrod Novak, another backroom boy, testified: "Sometimes we, his advisers, preached a certain drastic measure, but he was always able to see more elements of the picture, to weigh conflicting interests, and in most cases to come up with a decision that in retrospect was clearly better." »

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