Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Castro, Fidel | 1923-2016

Fidel Castro
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  • Né à Biran, à Cuba, le 13 août 1926
  • Premier ministre de Cuba (16 février 1959 – 2 décembre 1976)
  • Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste cubain (24 juin 1961 – 19 avril 2011)
  • Président du Conseil des ministres (2 décembre 1976 – 24 février 2008)
  • Président de Cuba (2 décembre 1976 – 24 février 2008)
  • Secrétaire général du mouvement des non-alignés (10 septembre 1979 – 6 mars 1983, 16 septembre 2006 – 24 février 2008)
  • Décédé le 25 novembre 2016 à La Havane, Cuba


  • Bernard Duraud, « Fidel, conquérant de l’impossible », L’Humanité (France), 28 novembre 2016.

    «...Au fil des ans, Fidel n'a rien perdu de ses idéaux, dans un contexte où il est apparu seul, à contre-courant de son temps. Il a aspiré à être le chef de file des pays du tiers-monde et du Mouvement des non-alignés. Il a accepté, parfois à son corps défendant, des réformes, dont l'introduction du dollar dans l'économie cubaine. Face à un pays plongé dans le marasme économique et les privations, celles particulièrement de la « période spéciale » des années 1990, post-chute du mur de Berlin, il comprend qu'il n'a d'autre choix pour sauvegarder les acquis de la révolution que de s'ouvrir à l'extérieur. Il entrevoit très tôt, de façon prémonitoire, les dangers de la mondialisation et les risques que fait peser l'américanisation du monde sur la culture et l'environnement : « Aucun pays ne peut aujourd'hui par lui-même résoudre ses problèmes, c'est cela la réalité du monde globalisé, et nous devons dire: "Soit nous nous sauvons ensemble, soit nous sombrons ensemble." » Loin des portraits officiels, Fidel est un personnage complexe, à la fois opiniâtre et timide, drôle et dogmatique, authentique et imprévisible ! Marxiste, il reconnaît que la religion n'est pas toujours l'opium du peuple car la « tendance naturelle de l'homme est de croire ». Chef d'État, il se montre évasif sur le système politique cubain. »


    La rédaction de Mediapart, « Fidel Castro, « père » de la révolution cubaine, est mort », Mediapart (France), 26 novembre 2016.

    «…Castro, orateur hors pair, a inspiré les mouvements de gauche dans le monde entier et plusieurs dirigeants latino-américains, Evo Morales en Bolivie et Hugo Chavez au Venezuela, par exemple, qu'il présentait comme ses héritiers. En envoyant près de 20 000 médecins cubains soigner les plus pauvres, d'abord au Venezuela, puis jusqu'au Pakistan, en Indonésie et au Timor oriental, le dirigeant cubain a su se créer des alliés fidèles. Pour la jeunesse altermondialiste, Castro et le « Che », mort en 1967 en Bolivie, sont devenus des icônes de la révolution. Assumant à la fois les fonctions de dirigeant du Parti communiste et de président, le Líder Maximo a conduit le pays d'une main de fer. Malgré les difficultés économiques dans les années 1990, il a refusé toute concession au capitalisme, malgré l'effondrement du bloc soviétique. Il est accusé d'avoir soumis les onze millions de Cubains à la pauvreté collective dans un État policier, les privant de toute liberté politique. Il y a moins d'un an encore, Amnesty international dénonçait la répression contre les opposants, toujours en vigueur. »


    Marcel Niedergang, « Cinquante ans d’intransigeance », Le Monde (France), 28 novembre 2016 (paru initialement en 2001), p. 2.

    «…Pendant un quart de siècle, un débat a opposé les partisans de la thèse d'un Castro poussé dans les bras de l'Union soviétique par les erreurs et l'agressivité des Etats-Unis et les avocats d'un Castro décidé, dès le début, à instaurer un régime socialiste à Cuba. Aucune réponse définitive n'a été apportée à cette question fondamentale. Par nécessité ou stratégie, Castro a en tout cas troqué une dépendance aux États-Unis pour une autre sujétion, sourcilleuse mais encore plus rigoureuse, à l'URSS. Avec Moscou, Castro a noué une alliance indispensable à la survie de sa révolution. Alliance inégale, bien qu'il ait sans cesse réaffirmé sa " souveraineté " . Il a reçu des Soviétiques, dès 1960, une aide économique et militaire très importante, progressivement jugée trop lourde par Moscou. Elle a fini par être réduite à la fin des années 1980, lorsque l'URSS de Mikhaïl Gorbatchev dut, elle-même, affronter une crise économique dévastatrice. Cette aide a néanmoins permis à Cuba de devenir une puissance militaire, d'obtenir des résultats positifs dans les domaines de la santé et de l'éducation et de maintenir un temps à flot une économie nationale en crise permanente. »


    Guillaume Bourgault-Côté, « Le géant Castro s’éteint », Le Devoir (Québec, Canada), 26 novembre 2016.

    «…au Venezuela de l’ère Chavez et dans la Bolivie d’Evo Morales, notamment, Fidel Castro était un héros. Pas un dictateur. Courageux dénonciateur de l’impérialisme, éternel critique de la société de consommation et défenseur du Sud contre le Nord. Ailleurs, évidemment, la perception est tout autre. Pour une large part de la population occidentale, Fidel Castro était avant tout un dirigeant répressif, qui a fait table rase de toute opposition dans son pays pour mieux ériger un régime totalitaire communiste qui est devenu graduellement anachronique. Il y a du vrai dans les deux perceptions. Tad Szulc dit que Castro était « tout à la fois : l’idole d’une humanité indigente, et le dictateur communiste tyrannique ». Un homme de paradoxe et de contradiction. Tous reconnaissent à Castro un instinct politique rare. Il avait un charisme fou, racontent ceux qui ont croisé sa route. Boulimique de lecture, possédant une mémoire phénoménale, il pouvait disserter des heures durant sur à peu près n’importe quel sujet. Son énergie était aussi sans limites jusqu’à sa maladie. Bourreau de travail, il passait parfois des jours sans dormir, raconte la légende. (…) Mais Castro avait aussi des défauts tenaces, dont celui de ne pas supporter l’opposition. Combien d’organismes humanitaires, d’anciens révolutionnaires, de ressortissants exilés ont dénoncé les violations aux droits de la personne commises par le régime, les vagues de répression, les procès arbitraires, la dérive autoritaire opérée par un Fidel Castro violent et manipulateur ? »


    S.A., « Fidel Castro dies at 90; Cuban Revolutionary Who Defied the U.S. », New York Times (États-Unis), 27 novembre 2016, p. A1.

    «…Mr. Castro was perhaps the most important leader to emerge from Latin America since the wars of independence in the early 19th century. He was decidedly the most influential shaper of Cuban history since his own hero, José Martí, struggled for Cuban independence in the late 19th century. Mr. Castro's revolution transformed Cuban society and had a longer-lasting impact throughout the region than that of any other 20th-century Latin American insurrection, with the possible exception of the 1910 Mexican Revolution. His legacy in Cuba and elsewhere has been a mixed record of social progress and abject poverty, of racial equality and political persecution, of medical advances and a degree of misery comparable to the conditions that existed in Cuba when he entered Havana as a victorious guerrilla commander in 1959. That image made him a symbol of revolution throughout the world and an inspiration to many imitators. Hugo Chávez of Venezuela considered Mr. Castro his ideological godfather. Subcommander Marcos began a revolt in the mountains of southern Mexico in 1994, using many of the same tactics. Even Mr. Castro's spotty performance as an aging autocrat in charge of a foundering economy could not undermine his image. But beyond anything else, it was Mr. Castro's obsession with the United States, and America's obsession with him, that shaped his rule. »

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