Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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 Soares, Mario | 1924-2017

Mario Alberto Soares

  • Né le 7 décembre 1924 à Lisbonne, au Portugal
  • Ministre des Affaires étrangères (17 mai 1974 – 26 mars 1975)
  • Premier ministre (23 juillet 1976 – 28 août 1978) (9 juin 1983 – 6 novembre 1985)
  • Président du Portugal (9 mars 1986 – 9 mars 1996)
  • Décédé le 7 janvier 2017 à Lisbonne, au Portugal


  • José Rebelo, « Mario Soares : ancien président du Portugal », Le Monde (France), 10 janvier 2017, p. 13.

    «...Durant toute sa carrière, Mario Soares a voyagé sans arrêt. « A Lisbonne, il fait escale », commentaient ses rares détracteurs. Vers la fin de sa carrière, il avait su se tailler, au Portugal, le profil d'un monarque quasi incontesté : don Mario Ier. Ce tribun qui aimait passionnément la vie, qui s'adonnait aux délices du soleil de l'Algarve, aux causeries interminables dans sa résidence secondaire de Sintra, aux balades dans les rues et les ruelles du quartier du Chiado et aux échappées dans les librairies parisiennes, était incapable de se pencher longtemps sur un dossier : « Ce sont des affaires d'intendance », concluait-il avec dédain. Après avoir quitté le pouvoir en 1996, il devient député au Parlement européen. Il échoue cependant à redevenir chef de l'Etat lors de la présidentielle de 2006. Tantôt chaleureux, tantôt intraitable, réagissant mal à la critique, discutant avec ardeur le contenu des articles le concernant, il avouait être obsédé par la lecture de la presse. Cela s'explique peut-être par l'aveu qu'il a fait, un jour, à un de ses collaborateurs : « Si je n'avais pas suivi la carrière politique, j'aurais été journaliste. » »


    François Musseau, « Mario Soares, larme à l’œillet », Libération (France), 9 janvier 2017, p. 6.

    « En 1986, alors que Mário Soares était sur le point de devenir pour la première fois président de la République, l'éditorialiste Jean Daniel disait de lui : «C'est le Portugais type : les pieds en Afrique, la tête en Amérique, le coeur en Europe.» L'Afrique, parce que le Portugal y avait établi de façon durable un empire colonial (Angola, Mozambique, Guinée-Bissau...) dont il signa toutefois lui-même le certificat de décès et organisa le difficile rapatriement des nationaux. L'Amérique, car c'est l'eldorado du monde occidental, où le Portugal compte sa principale diaspora. L'Europe, enfin, car elle signifia l'espoir d'une réconciliation après la Seconde Guerre mondiale. Mais son coeur et sa saudade existentielle se logeaient principalement dans son pays. Et Mário Soares était avant tout le «père sentimental» de la petite nation ibérique à la grande histoire, un statut dont il bénéficie depuis de longues années. Mort samedi à 92 ans après un profond coma, il était considéré comme une légende, au même titre que la chanteuse Amália Rodrigues et le footballeur Eusébio, décédés en 1999 et 2014. Ce fils de professeur et de pédagogue a été le timonier du peuple portugais au moment clé de son histoire démocratique, le 25 avril 1974, jour de la révolution des oeillets où des capitaines mutins ont renversé la dictature instaurée par Salazar sans verser une seule goutte de sang. »


    S.A., « Mort de Mario Soarès, un des pères de la démocratie portugaise », Libération (France), 7 janvier 2017.

    «...C'est un des pères de la démocratie portugaise qui vient de disparaître, à l'âge de 92 ans. Social-démocrate au corps rond et aux convictions carrées, Mário Soares, dont la mort a été annoncé samedi, a dirigé d'une main ferme le passage du Portugal à un régime d'Etat de droit après la chute de la dictature hors d'âge de Marcelo Caetano, le terne et répressif successeur de Salazar à la tête de «l'Etat nouveau», ce cousin du régime franquiste d'Espagne. (…) Courtois jusqu'au raffinement, francophone sans accent, enclin au compromis, doté d'une voix flûtée qui ne l'empêche pas de soulever les foules par des discours enflammés, Soares domine une gauche prudente qui exerce le pouvoir en alternance avec un parti conservateur lui aussi rallié aux règles de la démocratie européenne. C'est encore Mário Soares qui négocie l'entrée du Portugal dans l'Union européenne. Mais faute d'une majorité stable, il ne peut se maintenir au poste de Premier ministre et devient président de la République portugaise de 1986 à 1996, avant de poursuivre une carrière européenne, fort des services rendus à son pays et de son prestige au sein de la social-démocratie. Jusqu'au bout, il a plaidé pour une Europe unie cimentée par sa fidélité aux droits de l'homme, où le Portugal tiendrait la place du bon élève de la démocratie. »


    Elias E. Lopez, « Mario Soares, 92; Guided Portugal’s Shift to Democracy », The New York Times (États-Unis), 9 janvier 2017, p. B5.

    «...Mr. Soares was known for his quick-thinking debating skills and inspiring political oratory, though supporters, including former professors, and detractors alike said that dealing with practical details was not his strength. He preferred to focus on big ideas and grand plans. He was also partial to the good life, owning a mountain house, a beach house and an apartment in Lisbon when he took office in 1986. At the time, he declined to move into Lisbon's lavish presidential palace. But his heart was with the people, his admirers said -- a portrayal he embraced immediately after his election to the presidency. With thousands of supporters chanting his name in the early morning, he strode to the balcony of a mansion he was using as his headquarters and, in victory, shouted, "I am here to unite the Portuguese and not divide them!" »

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