Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Kohl, Helmut | 1930-2017

Discours de Helmut Kohl le jour de la chute du mur de Berlin
Gouvernement fédéral d'Allemagne

  • Né le 3 avril 1930 à Ludwigshafen, en Allemagne
  • Ministre président de l’État de Rhénanie-Palatinat (19 mai 1969 – 2 décembre 1976)
  • Président fédéral de l’Union chrétienne démocrate d’Allemagne (12 juin 1973 – 7 novembre 1998)
  • Président au Bundestag du groupe de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne /Union chrétienne-sociale en Bavière (13 décembre 1976 – 4 octobre 1982)
  • Chancelier de la République fédérale d’Allemagne (1er octobre 1982 – 3 octobre 1990)
  • Chancelier de l’Allemagne réunifiée (3 octobre 1990 – 27 octobre 1998)
  • Décédé le 16 juin 2017 à Ludwigshafen, en Allemagne


  • Marianne Meunier, « Un chancelier « franco-allemand »», La Croix (France), 19 juin 2017, p. 12-13.

    «...En France, la silhouette bien connue de Helmut Kohl, ses longs pardessus de laine et son regard timide évoquent une époque dorée. C'est un temps où Paris et Bonn (puis Berlin, après la réunification de 1990) s'entendaient à merveille, marchant d'un même pas, se comprenant, s'épaulant parfois, et entraînaient avec eux leurs voisins dans l'aventure de la construction européenne. Chancelier, Helmut Kohl donna, avec François Mitterrand, élu un an avant lui, son sens plein à l'expression de « couple franco-allemand ». Comme pour un couple, de nombreuses photos immortalisent l'histoire commune au chrétien-démocrate allemand et au socialiste français. Leur longue poignée de main à Verdun, en septembre 1984, lors d'une cérémonie en l'honneur des morts de la Première Guerre mondiale, détient le pouvoir symbolique le plus fort. Dans l'album des relations entre les deux rives du Rhin, le cliché occupe une place aussi importante que celle de la signature du traité de l'Élysée, en 1963, qui scella la réconciliation entre les deux anciens frères ennemis. « Helmut Kohl est un chancelier pour lequel les relations franco-allemandes étaient très importantes, mais aussi le dernier chancelier à avoir perpétué cette tradition », indique Hélène Miard-Delacroix, historienne, spécialiste de l'Allemagne. »


    Romain Gubert, Pascal Hughes, « Helmut Kohl, l’héritage d’un géant », Le Point (France), 22 juin 2017, p. 127-131.

    «...(selon Joachim Bitterlich) Kohl était en avance sur son temps. Il allait plus loin que les dirigeants d'aujourd'hui. En 1991, déjà, Helmut Kohl proposait la création d'une police commune européenne avec des compétences concrètes opérationnelles, ainsi que l'élaboration d'une politique commune en matière d'immigration, d'asile politique et de statut des étrangers. Avec le départ de Mitterrand et de Kohl, l'Europe a perdu son énergie. » Sa rondeur, ses manières provinciales et son accent rhénan ont fait de Kohl l'une des personnalités politiques les plus moquées d'Allemagne. Mais sa feinte bonhomie cachait un animal politique. Le jeune Kohl est touché par le virus politique avant même la fin de sa scolarité. A 16 ans, un an après la fin de la guerre, il devient membre de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), dont la figure tutélaire de l'époque est rhénane, comme lui : Konrad Adenauer. « Kohl n'était pas un intellectuel et n'avait aucune envie de le devenir, raconte Karl Lamers. D'ailleurs, les intellectuels le méprisaient, et cela l'affectait beaucoup. Mais Kohl était intelligent, beaucoup plus intelligent que de nombreux intellectuels. C'était un visionnaire et un homme d'instinct. Il me disait toujours : « Je sais que les choses vont se passer comme ça. » Il avait une connaissance stupéfiante de l'Histoire. Il me disait : « Si on ne comprend pas l'Histoire, on ne comprend rien.» Il savait se mettre dans la peau des autres pour comprendre leur façon de penser. »


    Daniel Vernet, « Helmut Kohl », Le Monde (France), 19 juin 2017, p. 12.

    «...Construire une Allemagne européenne et non pas une Europe allemande était une obsession chez ce chancelier qui n'avait pas oublié l'Histoire. Dans ces années 1990, post-guerre froide, il répétait devant des jeunes générations dubitatives que « l'Europe sera une question de guerre et de paix au XXIe siècle » . Jusqu'au bout, Helmut Kohl défendra l'euro, fait à la main des Allemands et lancé le 1er janvier 1999. Mais sans aller jusqu'à l'union ¬politique à peine esquissée à Maastricht. Avec la réunification et les revendications croissantes des Länder, l'Allemagne et ¬Helmut Kohl avaient tourné la page du fédéralisme. Après le triomphe personnel de la réunification, il reste encore huit ans au pouvoir. Des années de trop, diront ses amis comme ses adversaires, marquées par une stagnation de la vie politique, un ajournement permanent des ¬réformes, le refus d'Helmut Kohl de mettre sur orbite son héritier naturel, Wolfgang Schäuble. Car, derrière ses airs bonhommes, « le géant du Palatinat » a construit un système impitoyable pour ses adversaires comme pour ses proches, destiné à perpétuer son ¬règne. Après seize ans de coalition démocrate-chrétienne-libérale, l'usure du pouvoir fait le lit du gouvernement rouge-vert emmené par Gerhard Schröder et Joschka Fischer. Helmut Kohl siège encore pendant une législature au Bundestag, où il sera resté au total vingt-six ans. »


    Nathalie Versieux, « Helmut Kohl : la chute d’un dur », Libération (France), 17 juin 2017, p. 14.

    «...Les Allemands ont longtemps sous-estimé l'animal politique qu'était Helmut Kohl. Doté d'une mémoire d'éléphant, d'une ténacité et d'une rancoeur d'acier, il n'hésite pas à éliminer ceux qui pourraient se mettre en travers de son chemin. Lui qui n'a rien d'un intellectuel se laisse guider par son instinct politique. C'est ce qui lui permettra d'entrer dans l'histoire, lorsque, convaincu de la faiblesse de son ami de sauna Gorbatchev dans le sillage de la chute du Mur, il arrache l'unité allemande au Kremlin lors d'un mémorable soir d'été 1990 à Stavropol. (…)La réconciliation avec la France et l'Europe figurent parmi ses priorités en politique. Son amitié légendaire avec François Mitterrand, mélange de méfiance et de complicité, est immortalisée le 22 septembre 1984 par l'image des deux hommes main dans la main à Verdun, s'inclinant à la mémoire des soldats tombés pendant la Première Guerre mondiale. Le 14 juillet 1994, le corps d'armée franco-allemand défile sur les Champs-Elysées. C'est la première fois depuis la guerre que des soldats allemands en uniforme marchent dans la capitale française. Ce passionné d'histoire, dont le salon est tapissé d'ouvrages historiques, voit dans l'amitié avec la France et l'Europe le moyen pour l'Allemagne de se racheter de son passé nazi. Il est prêt à en assumer les conséquences : pendant les seize années de l'époque Kohl, l'Allemagne a payé sans broncher pour faire avancer le moteur européen. »


    Stephen Naysmith, « Helmut Kohl », The Herald (Royaume-Uni), 19 juin 2017.

    «...A tall, bear-like man whose appearance belied an often ruthless political astuteness, confidants say Kohl was by turns personable, gregarious and brusque. He was one of the key architects in the 1980s of a sense of conciliation and togetherness that helped to rehabilitate Germany in the eyes of the world and lay the groundwork for the "European project" as we know it now, shaking the hand of Mitterrand (as a Socialist, Kohl's diametric political opposite, but a key ally) at the First World War battleground of Verdun, welcoming US President Ronald Reagan on state visits, and bringing an East German leader, Erich Honecker, to West Germany for the first time. His tireless cross-border and cross-party alliance-forming allowed Kohl to freeze out Margaret Thatcher, a strong critic of German reunification, in the lead-up to Maastricht. Although, in common with every leader in the West, Kohl had little part in and no pre-knowledge of the fall of the Berlin Wall, his political legacy was made on the swiftness of his reaction after the event. Treaties were swiftly draw up that would allow the countries' legal systems and governments to join, Russian leader Mikhail Gorbachev was successfully petitioned to allow East Germany to choose its own path, and the Eastern economy was given the same financial status as the West's; a controversial move that undoubtedly speeded up the reunification process. »

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