Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

25 septembre 2018

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 Khama, Seretse | 1921-1980



Tania Vasconcelos, « Préserver l’héritage », Afrique-Asie (France), 4 août 1980, p. 36.

«...Les fermes principes antiracistes et antitribalistes qui caractérisent l’action de l’ancien président ne mettent pas son successeur à l’abri de graves problèmes en ces domaines. Les luttes tribales, le népotisme et le régionalisme sont loin d’avoir disparu; en dépit de l’esprit conciliateur et favorable à l’unité nationale de Seretse Khama, ces problèmes ont réapparu lors des dernières élections générales. Libéral convaincu, l’ancien président avait permis la constitution de plusieurs partis tout en prodiguant ses efforts pour éviter qu’ils ne soient dominés par les querelles tribales. Et lui-même avait défié le pouvoir traditionnel de son puissant groupe ethnique (il est le descendant direct du dernier roi, Khama III), en épousant, en 1948, une femme blanche. »


S.A., « Après la mort de Sir Seretse », Jeune Afrique (France), 23 juillet 1980, p. 27.

«...Il était, avec Julius Nyerere (Tanzanie) et Kenneth Kaunda (Zambie) le dernier des leaders « historiques » de l’Afrique anglophone. (...) Pour le Botswana qui est - le fait est peu connu - l’une des très rares démocraties parlementaires d’Afrique, s’ouvre une période de profonde incertitude. Seretse Khama avait en effet réussi à cause de son incontestable prestige personnel, à maintenir ce pays de 800 000 habitants aux trois quarts désertique, riche en diamants et en nickel, enclavé entre l’Afrique du Sud, la Namibie et le Zimbabwe, à l’écart des violences qui déchirent l’Afrique australe. Au prix, il est vrai, d’une politique très conciliante à l’égard de son puissant voisin, dont dépend étroitement l’économie Botswanaise (sic). Mais Seretse Khama avait-il un autre choix? L’opposition de gauche, regroupée au sein du Botswana National Front (BNF) et dirigée par Kenneth Koma, ne s’est jamais privée de dénoncer ces compromis et compte bien mettre à profit le décès de l’intouchable sir Seretse pour imposer ses choix. Elle bénéficie du soutien du chef de la petite armée nationale, Ian Khama, le propre fils du président défunt. Mais il semble fort que la continuité - en la personne du vice-président Quett Masire et du parti majoritaire Botswana Democratic Party (BDP) - doive l’emporter. »


Notre correspondante, « Sir Seretse Khama est mort », Le Monde (France), 15 juillet 1980, p. 4.

«...En prenant les rênes du Botswana, sir Seretse Khama hérite d’une tâche particulièrement délicate. Grand comme la France, désert sur sa plus grande superficie et peuplé alors de sept cent mille habitants, le pays était pauvre et d’un sous-développement inquiétant. Le peu qui existait, infrastructure ou agriculture, dépendait de l’Afrique du Sud ou de la Rhodésie. Pris au milieu de la zone des tempêtes de l’Afrique australe, il fallait toute la sagesse d’un Seretse Khama pour préserver ce pays sans pour autant trahir ceux qui luttaient contre la colonisation et la domination des minorités blanches. Farouche partisan de l’intégration raciale, il l’a prouvé en pratiquant une intégration totale dans son administration et dans la vie quotidienne des Botswanais. Il a toujours affirmé son opposition à la ségrégation en Afrique du Sud, et déclaré qu’«il n’y a pas d’avenir pour les gouvernements de minorité blanche en Afrique. » (...) La découverte de gisements puis l’exploitation des mines importantes de diamants dans le pays lui offrirent la possibilité de desserrer légèrement ses liens avec son grand voisin du sud. Trop peu et trop lentement selon ses opposants. Mais quel était son choix? »

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