Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

 Annan, Kofi | 1938-2018

Kofi Annan

  • Né le 8 avril 1938 à Kumasi, Côte d’Or (futur Ghana)
  • Sous-secrétaire général des Nations unies (mars 1993-janvier 1997)
  • Secrétaire général des Nations unies (janvier 1997-31 décembre 2006)
  • Décédé le 18 août 2018 à Berne, en Suisse


  • Jocelyn Coulon, « Un homme digne et tourmenté », La Presse (Québec, Canada), 19 août 2018.

    «...Kofi Annan a été l'un des chefs de l'ONU et il a traversé des situations dantesques et tragiques. Il est mort hier, digne, mais tourmenté. Kofi Annan a fait toute sa carrière dans les organisations internationales. Ce Ghanéen, polyglotte et cultivé, était la quintessence des grands serviteurs de la diplomatie multilatérale : fin, brillant, discret. Jusqu'à un certain point. En effet, il aurait pu rester dans l'ombre et se contenter d'avoir été le septième secrétaire général de l'ONU. Sans plus. Eh bien, non ! La fonction a fait l'homme. Il faut rappeler dans quelles circonstances Kofi Annan est élu à la plus haute fonction de l'ONU. En 1996, alors qu'il dirige les opérations de paix des Nations unies, les Américains se fâchent avec l'Égyptien Boutros Boutros-Ghali, le patron de la boîte. Washington refuse de renouveler son mandat malgré l'appui dont il jouit auprès de la Russie, de la Chine et de la France. Les Américains tournent les yeux vers Kofi Annan. Tout de suite, il apparaît aux yeux de beaucoup – dont les Français – comme l'homme de Washington. Il n'en sera rien. »


    Alain Campiotti, « La noblesse et l’impuissance », Le Temps (Suisse), 20 août 2018, p. 6.

    «...Quand meurt le plus grand des Ghanéens, l'hommage ne peut qu'être unanime, d'Accra à Berne, où il s'est éteint à 80 ans, et à Genève, sa ville de choix. Pour saluer Kofi Annan, le pays natal sera en deuil toute une semaine. La Suisse, pays d'adoption, fait révérence de toutes ses voix, dans l'émotion. C'est le temps, humble et sans ombres, du recueillement. Mais chacun sait, ou devrait comprendre, que l'ancien secrétaire général de l'ONU, cet aristocrate de la diplomatie, élégant, doux et racé, est une grande figure tragique de notre temps. Antonio Guterres, l'homme qui occupe aujourd'hui le fauteuil du Ghanéen à New York, le dit subtilement: « De bien des manières, Kofi Annan était les Nations unies » - les Nations unies dans leur grandeur et dans leur impuissance, qui finit souvent dans l'horreur et dans le sang. [...] Le secrétaire général est parfois décrit comme une sorte de pape laïc. Il a pour lui - un peu - le verbe, il dirige une bureaucratie, mais le vrai pouvoir lui échappe. »


    Maurin Picard, « Kofi Annan, apôtre de la paix rattrapé par le chaos du monde », Le Soir (Belgique), 20 août 2018, p. 12.

    «...« Gentleman Kofi », comme l’appelait Bernard Kouchner, était un homme exquis « à la silhouette impeccable, aux allures de prince et d’une politesse que rien ne vient froisser ». « Un timide contraint à la parole, qui jamais n’élève la voix » mais dont « le rire d’Afrique » résonnait parfois au 38 e étage de la maison de verre, « lorsqu’il était en confiance ». Une éducation britannique et des origines patriciennes lui avaient conféré cette aura bonhomme, qui lui valait souvent des applaudissements polis dans les rues de New York ou Genève, sa dernière résidence où il aimait arpenter en solitaire les rives du Léman. [...] Candidat des Etats-Unis, qui voyaient en cet homme issu du sérail onusien le remplaçant idéal (et lisse) du trop remuant Boutros Boutros-Ghali, Annan rejoint Hammarskjöld au rang des « mauvaises » surprises pour les grandes puissances. Héritant du « job le plus impossible au monde » en 1997, il se refuse à être « plus secrétaire que général » et défie ouvertement Washington sur l’Irak, dont il juge l’invasion « illégale ». Une poignée de mains controversée et un cigare fumé avec Saddam Hussein en 1998, puis une gestion hasardeuse du programme « pétrole contre nourriture » (1,8 milliard de dollars évaporés) terniront son bilan, à la grande joie des néo-conservateurs américains. Annan a pourtant relancé le processus de réforme d’une organisation septuagénaire et obsolète. En 2005, lors du sommet du Millénaire, il fait adopter le principe de la « responsabilité de protéger », succédané du « devoir d’ingérence » honni par les régimes autoritaires. »


    Alexandra Schwartbrod, « Kofin Annan, un diplomate d’une autre époque », Libération (France), 18 août 2018.

    «...Lauréat du prix Nobel de la Paix en 2001, il se montrera incapable, comme nombre de ses prédécesseurs ou successeurs lauréats (Shimon Pérès, Yitzhak Rabin, Yasser Arafat, Barack Obama), de faire appliquer ce qu'il professait à longueur de discours. Après avoir échoué à empêcher le génocide rwandais en 1994 et le massacre de Srebrenica en 1995 alors qu'il était chargé des opérations de maintien de la paix à l'ONU, il sera tout aussi incapable d'empêcher la Syrie de s'embraser aux premiers mois de la guerre civile. Nommé le 23 février 2012 émissaire conjoint de l'ONU et de la Ligue arabe sur la crise en Syrie, il jettera l'éponge quelques mois plus tard, lucide sur son absence totale d'autorité et de moyens politiques pour ramener les principaux protagonistes à la raison. [...] À son actif, il a été un des premiers à alerter sur les conséquences dévastatrices du réchauffement climatique et des inégalités sociales, deux plaies du monde moderne, et à pointer du doigt la responsabilité de la mondialisation. Il avait fait sienne la devise de l'ancien président des États-Unis, Harry Truman, «la responsabilité des grands États est de servir et non pas de dominer les peuples», une formule qui n'a aujourd'hui jamais paru plus éloignée de la réalité du monde. »


    Linda Melvern, « Ghanaian humanitarian who redifined the UN », The Independent (Royaume-Uni), 19 août 2018, p. 24.

    «...One of Annan's most notable achievements was to sell the UN to sceptics. Annan, a man who chose his words with great care, often managed to side-step Washington and brought the UN closer to the people. He actively courted Hollywood; film star Michael Douglas was appointed a special UN ambassador. CNN founder Ted Turner gave a massive donation for UN programmes. Annan tried to promote an idealistic moral world view and seemed determined that the mistakes of the past, and particularly the immediate past, would never be repeated. He gave the organisation a more streamlined image and he was admired and respected by those who worked for him. He was a quiet man, a calming presence and unflappable. While others pointed out that a more realistic approach for UN success would entail warships, combat aircraft and war fighting troops, he remained hopeful and quietly determined. To have completely altered the nature of UN peace forces would entail changing the institution itself beyond recognition. A safer option for reform was chosen. [...] For Annan a new international solidarity in favour of intervention represented a humanity that cared more, not less, for the world's suffering. A developing international norm in support of intervention was for Annan a hopeful sign at the end of the 20th century but it was imperative that the UN be central to it. »

    Liens internes

    Les objectifs de Perspective monde
    Son équipe au fil des ans
    Les sources et les mises à jour
    Récupérer des éléments de Perspective monde

    Pour en savoir plus

    Pour nous écrire un commentaire
    Pour visionner la vidéo d'introduction
    Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
    Dimension, sur le langage statistique R

    Liens externes

    Observatoire des politiques publiques
    Observatoire des Amériques
    Politique appliquée.tv
    Cahiers de recherche

    Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016