Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

16 décembre 2018

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 Bush, George H.W. | 1924-2018

George Bush
Library of Congress

  • Né le 12 juin 1924 à Milton, aux États-Unis
  • Membre de la Chambre des représentants (3 janvier 1967-3 janvier 1971)
  • Ambassadeur des États-Unis à l’Organisation des Nations unies (1er mars 1971-18 janvier 1973)
  • Directeur de la Central Intelligence Agency (30 janvier 1976-20 janvier 1977)
  • Vice-président des États-Unis (20 janvier 1981-20 janvier 1989)
  • Président des États-Unis (20 janvier 1989-20 janvier 1993)


  • Stéphane Marchand, « George H.W. Bush, le guerrier mal récompensé », Le Figaro (France), 3 décembre 2018, p. 10.

    «...George Bush a tout pour réussir, pourtant il piétine. Il semble atteint de schizophrénie présidentielle. À l'automne 1990, quelques mois avant le déclenchement de l'opération « Tempête du désert » contre l'Irak, le magazine Time consacre, comme « hommes de l'année » , deux George H. W. Bush. Le premier, c'est le président guerrier, le commandant en chef qui manie sans hésiter la « force invincible » . En décembre 1989, il a balayé le caudillo panaméen Noriega. Un an plus tard, il arrache le Koweït aux griffes de Saddam Hussein. [...] Le second George H. W. Bush, c'est le président girouette, indécis sur l'économie, maladroit sur l'avortement, incapable d'imposer une ligne budgétaire. En octobre 1990, il doit céder devant le Congrès et augmenter les impôts, violant sa promesse électorale. C'est sans doute là qu'il perd l'élection de 1992. En somme, les deux Bush se succèdent à la Maison-Blanche dans le mauvais ordre chronologique. En 1991, George Bush est le président le plus populaire depuis Eisenhower. Un an plus tard, les Américains choisissent à sa place Clinton, un jeune Sudiste sans expérience internationale ou militaire. Les deux Bush se sont détruits l'un l'autre : il en faudra un troisième, George W. le fils, pour venger le père et accomplir deux mandats. »


    Pascal Riché, « George H.W. Bush : président loser mais président-clé », L’Obs (France), 1er décembre 2018.

    «...George Herbert Walker Bush a dirigé les Etats Unis entre 1989 et 1993, après avoir été le vice-président discret de Ronald Reagan. C'est le "dernier président de la guerre froide", serine-t-on aujourd'hui, mais ce n'est pas vrai. Le dernier, c'était Reagan. Lui, il était un président-charnière, entre l'ère de la guerre froide et la nôtre, mondialisée, numérique et chaotique. Il n'a certes pas laissé un bilan formidable sur le plan intérieur américain (Clinton l'a battu en 1992 en se répétant chaque jour "the economy, stupid !" : n'oublie pas de faire campagne sur l'économie, imbécile). Mais il restera comme un président solide dans le domaine de la politique étrangère. Sa ligne de conduite ? Ne pas chercher toujours à faire mieux, mais éviter le pire, dossier par dossier. [...] Dans cette étrange période charnière que fut 1988-1992, il a joué un rôle important, en imposant un certain pragmatisme dans l'appréhension des grands problèmes. Il détestait les approches visionnaires, "the vision thing" comme il disait avec mépris : le truc de la vision. D'où la détestation que lui vouaient les néo-conservateurs qui, eux, rêvaient de profiter de ce moment historique pour imposer, une fois pour toute, le modèle américain à l'ensemble de la planète. »


    S.A., « L’ancien président des États-Unis George H.W. Bush est mort », Le Monde (France), 1er décembre 2018.

    «...George Bush, qui est un républicain considéré comme modéré et s'est prononcé pour l'avortement, sera pendant huit ans un fidèle vice-président. Il est élu président en 1988. [...] Il passe alors pour un homme sans convictions profondes, sans idéologie marquée, à la différence d'un Ronald Reagan. Il dit d'ailleurs de lui qu'il est « un homme pratique, qui aime ce qui est réel » . Il n'a pas de programme et il promet donc de faire au cours de son mandat « une Amérique plus aimable, plus douce » . Il fait pourtant intervenir les États-Unis au Panama en décembre 1989 pour chasser le dictateur au pouvoir, Manuel Noriega. Surtout, le 41e président des États-Unis doit gérer un événement de taille : la fin de la guerre froide. Et là, il réussit un véritable tour de force. Il convainc les Soviétiques de laisser l'Allemagne divisée se réunifier et il conclut avec l'URSS des accords de désarmement nucléaire historiques. Il accompagne le mouvement de l'histoire et des peuples se libérant du communisme, sans toutefois parvenir à faire face à l'éclatement de la fédération de Yougoslavie qui s'enfonce dans des guerres fratricides. S'il ne parvient pas à promouvoir son idée d'un nouvel ordre international, il réussit à parrainer au Proche-Orient le dialogue israélo-palestinien, qui débouchera en 1993 à Oslo sur les premiers accords de paix entre Israël et les Palestiniens. Sur le plan intérieur, en revanche, son bilan est modeste. »


    James Goldgeier, « A death that marks the end of an era in US politics », The Independent (Royaume-Uni), 2 décembre 2018, p. 26.

    «...George HW Bush was the last person elected president of the United States with any prior foreign policy experience. Bush, who has died aged 94, entered office with one of the most impressive resumes of any president, having served as director of the Central Intelligence Agency, ambassador to the United Nations and Ronald Reagan's vice president. [...] It's fitting that George HW Bush, Second World War military hero and Cold War veteran, was the last president to preside over what at the time felt awesome: a major military victory fought on behalf of the entire world against a dictator. Instead, his successors, none of whom served in the military and all of whom have wrestled with post-Cold War challenges, have been vexed not only by Iraq, but by challenges posed by nonstate actors while trying to manage regional threats emanating from China, Russia and Iran. While Bill Clinton, George W Bush, Barack Obama and now Donald Trump have each in their own way tried to define American leadership, George HW Bush's presidency represents the moment at the end of the Cold War when anything seemed possible for the United States in world affairs, and the underlying challenges were only just beginning to become visible. »

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