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 Gagarine, Iouri | 1934-1969

Gagarine

  • Né le 9 mars 1934 à Klouchino, en Union soviétique
  • Premier homme à effectuer un vol spatial (12 avril 1961)
  • Décédé le 27 mars 1969 à Novossiolovo, en Union soviétique


  • S.A, « La fin du héros solitaire », L’Express (France), 1er au 7 avril 1968, p. 49.

    «...Héros de l’Union soviétique, il était surtout, pour les hommes d’aujourd’hui, le héros moderne. Au sens plein du terme. Celui qui réconciliait la science et l’aventure. [...] La mort obscure, stupide, de Gagarine marque aussi la fin d’une époque. Celle des commencements qui, dans toute entreprise humaine, représentent le moment le plus exaltant. Aucun homme, jamais, ne connaîtra plus cet émerveillement de découvrir la première fois notre planète comme une grosse boule irisée de couleurs chatoyantes, qui avait causé au cosmonaute un tel choc qu’il ne se lassait pas d’en parler à ses interlocuteurs. Mais aucun homme non plus ne peut encore croire vraiment que l’aventure spatiale a définitivement réconcilié la science et l’héroïsme solitaire. [...] Peut-être Gagarine avait-il vécu un tout petit peu trop longtemps pour sa légende. Et il est mort beaucoup trop tôt pour accueillir au retour, patriarche chargé d’ans et d’honneurs, les hommes de la seconde génération, les colons lunaires, ouvriers et techniciens de l’espace. Après tout, qui se souvient de la façon dont mourut Christophe Colomb ? Bêtement, dans son lit, de maladie. Son nom restera pourtant définitivement attaché à celui de la caravelle « Santa Maria » et à la découverte de l’Amérique. Comme celui de Gagarine au grossier « Vostok » qui permit à l’homme de s’évader, fût-ce quelques heures, de sa prison planétaire. »


    Henri Pierre, « Un ambassadeur extraordinaire », Le Monde (France), 29 mars 1968, p. 24.

    «...le Kremlin ne pouvait mieux choisir l’homme qui le premier ouvrait la nouvelle ère du cosmos. Il avait le sourire d’un gagnant et un don prodigieux de sympathie. Il était aimable, affable, et savait dire les choses qu’attendaient de lui ses interlocuteurs les plus variés. Les rares fois où il ne trouvait pas spontanément les paroles désirées, le parti les lui soufflait. Gagarine a bien servi sa patrie et aussi son parti, qui savait très bien utiliser ses dons naturels. Chef du détachement, instructeur des cosmonautes, il fut surtout, au cours de ces dernières années, un ambassadeur extraordinaire de l’Union soviétique, parcourant les continents, applaudi par des millions d’hommes, des superbes aux plus humbles, pour lesquels il était le symbole de la Russie nouvelle. « Comment ce pays de moujiks avait-il pu être le premier dans la conquête du cosmos? » Partout sur le parcours de Gagarine on méditait cette question, soit avec espoir, soit avec inquiétude. Gagarine c’était bien le démenti incarné d’une certaine propagande antisoviétique absurde…»


    Jérôme Pietrasik, « Le premier qui tourna », Le Nouvel Observateur (France), 3 avril 1968, p. 32.

    «...« Personne ne pourrait nous diriger mieux que lui », m’a dit un jour Leonov, le premier piéton de l’espace. « Il se consacre totalement à sa tâche. Très sévère avec les nouveaux venus mais d’une patience exemplaire. Il nous communique à tous un peu de son extraordinaire bonté. Son calme en toutes circonstances en fait un entraîneur sans pareil. » Entre les dirigeants du programme spatial et les cosmonautes, il faisait la liaison. Porte-parole des futurs hommes de l’espace, c’est lui qui exprimait aux constructeurs les désirs des cosmonautes et c’est encore lui qui surveillait, parfois en critiquant et en donnant des conseils, la fabrication des cabines spatiales de l’avenir. »


    S.A., « He Was First », Newsweek (États-Unis), 6 avril 1968, p. 110.

    «...Essentially, Gagarine was a « typical pilot » - action-minded rather than introspective; interested in sports, mechanical things, engines, and in « keeping fit. » He worked out regularly, and abstained from tobacco and alcohol. He was family-oriented (Gagarine left a wife and two daughters), what psychologists call a « well-integrated personality. » But he was no automaton; in technical discussions, he held his own, speaking when he had something substantive to say. [...] He was not a political man. « There is enough space in the cosmos for all, » he remarked quite sensibly after his own flight and left the matter at that. But perhaps his most enduring contribution was political. The fiery blast-off of his rocket dispelled any lingering notions of Soviet technical inferiority. The flight was therapeutic for the Soviet Union : nations, like individuals, are less bellicose when they feel secure psychologically. And it was also a healthy thing for the West to at last acknowledge Russia’s new stature. Respect for another is a good antidote to ones own bellicosity. »

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