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 Amin Dada, Idi | 1925-2003

Idi Amin Dada

  • Né au cours des années 1920 à Koboko, dans le protectorat britannique de l’Ouganda
  • Président de l’Ouganda (25 janvier 1971 – 11 avril 1979)
  • Décédé le 16 août 2003 à Jeddah, en Arabie saoudite


  • Nicolas Michel, « Idi Amin au tapis », Jeune Afrique/L’intelligent (France), 24 au 30 août 2003, p. 40-41.

    «...Au nom d’une « solidarité islamique » de bon aloi, l’Arabie saoudite a accueilli, nourri, logé, blanchi Big Daddy, « l’envoyé de Dieu sur terre », pendant vingt-quatre ans, après qu’il eût été chassé du pouvoir par l’armée tanzanienne. Et le jour de sa mort, elle a enterré avec tous les honneurs le colosse à La Mecque. Le royaume des Saoud n’avait exigé en contrepartie de son asile que le silence du bouffon médiatique dont les frasques défrayèrent la chronique pendant les huit ans et trois mois où il présida aux destinées de son pays. [...] Vu d’Occident, la dictature est ubuesque, les bouffonneries du « président à vie » prêtent parfois à sourire. [...] De près, la situation est beaucoup moins drôle. Environ 300 000 Ougandais sont suppliciés, massacrés ou exécutés durant sa présidence. Tous les soirs, aux abords des geôles du State Research Bureau, on peut entendre les cris de douleur des opposants torturés à mort. »


    Colette Braeckman, « Idi Amin Dada : Ubu président et provocateur », Le Soir (Belgique), 18 août 2003.

    «...Ces outrances verbales, qui auraient fait pâlir d'envie Ubu Roi, ne dissimulèrent pas longtemps la réalité du règne d'Amin, les massacres visant les tribus du sud du pays (surtout des Langi, des Acholi, sans oublier les Banyankole apparentés aux Tutsis du Rwanda), les exécutions sommaires, les tortures, les cadavres flottant sur le Nil, les restes humains retrouvés dans des réfrigérateurs, les restes d'une ex-épouse, découpée en morceaux, découverts dans un véhicule de la présidence. [...] Les références à la religion, (Amin prétendait entendre les voix de Dieu), aux idées anticolonialistes, la conversion à l'islam, les amitiés sulfureuses avec un Kadhafi qui était encore « le bouillant colonel » se doublaient en réalité d'un véritable racisme à rebours, de xénophobie et d'antisémitisme (Amin se disait un admirateur de Hitler). En réalité, Idi Amin Dada était une honte pour l'Afrique et la guerre qui le chassa fut la première traduction sur le continent de ce qui allait devenir le droit d'ingérence. »


    Hamesso Boroda, « Politiquement incorrect : Hommage funèbre », Le Nouvel Afrique Asie (France), octobre 2003, p. 49.

    «...Idi Amin était le « show man » de l’Afrique par excellence. Quand il était au pouvoir, il représentait le dictateur africain type, comme il ne s’en trouve plus. C’était un boucher honnête, qui ne cachait pas ce qu’il faisait. En tant que soldat au service de l’impérialisme britannique, il a coupé bras, jambes et organes divers des Ougandais considérés comme rebelles. Les Britanniques, cyniques, qui avaient pris la rhétorique de Milton Obote pour une idéologie, ont encouragé Idi Amin à préparer son coup d’État contre lui, lui permettant ainsi d’imposer son règne de terreur contre le peuple ougandais. Le « général » Idi Amin était certes un bouffon, mais dès le début il a été le « fou du roi » des Anglais et Londres avait au départ la plus grande sympathie à l’égard de son intelligence « native ». Mais pas pour trop longtemps : Amin a changé et abandonné ses « amis » britanniques et même israéliens, qu’il avait tant admirés. Idi Amin était un véritable dictateur honnête. Pouvons-nous dire la même chose de nos tyrans actuels? »


    Michael T. Kaufman, « Idi Amin dies alone in exil », International Herald Tribune (Royaume-Uni), 18 août 2003, p. 1.

    «...The flagrant brutality, coupled with the seemingly erratic behavior and calculating insults, aroused both disgust and fascination with Amin far beyond Uganda's borders. Some African nationalists openly cheered his expulsion of the Asians and his insults of Europeans. Radical Arabs, led by the Libyan leader, Muammar el-Qaddafi, actively courted him as an ally, and for a while so did the Soviet Union. But there were others who questioned his sanity. Harold Wilson, the leader of Britain's Labor Party, called him, mentally unbalanced. Kaunda of Zambia described him as a madman, a buffoon. There were many, however, who had observed Amin long and carefully from close quarters, and warned against such judgments. Capricious, impulsive, violent and aggressive he certainly is, wrote Christopher Munnion, a reporter for The London Telegraph, but to dismiss him as just plain crazy is to underestimate his shrewdness, his ruthless cunning and his capacity to consolidate power with calculated terror. »

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