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 Duvalier, Jean-Claude | 1951-2014

Jean-Claude Duvalier

  • Né le 3 juillet 1951 à Port-au-Prince, en Haïti
  • Président de la République d’Haïti (21 avril 1971-7 février 1986)
  • Décédé le 4 octobre 2014 à Pétion-Ville, en Haïti


  • Luc Cédelle, Jérôme Cautheret, « Jean-Claude Duvalier Dictateur haïtien », Le Monde (France), 8 octobre 2014, p. 16.

    «...Devenu « président à vie » , « Bébé Doc » est le plus jeune chef d'État du monde. Son arrivée au pouvoir suscite des espérances à la mesure du bilan calamiteux de son père. Le jeune président mène un train de vie fastueux, laissant sa mère, Simone, et l'ancien ministre de l'intérieur de son père gérer l'essentiel des affaires du pays. Mais, passé une courte parenthèse de libéralisation, il apparaît bien vite que « Bébé Doc » n'entend rien changer aux pratiques de son père. La famille continue à s'enrichir par le pillage, utilisant la Régie du tabac et d'autres entreprises d'État comme caisses noires. En 1980, « Bébé Doc » célèbre dans un faste extravagant son mariage avec Michèle Bennett, une jeune femme issue de la haute bourgeoisie métisse, avec qui il aura deux enfants. La corruption au sommet de l'État inclut désormais un nouveau clan, les Bennett, visé par de persistantes rumeurs d'activités mafieuses. La vieille garde de « Papa Doc » est évincée et Simone Duvalier écartée. Cette révolution de palais ne change pas le cours des choses : le pluralisme politique reste absent, le pillage des ressources se poursuit, et l'économie continue sa descente aux enfers. »


    Arnaud Robert, « Sans vérité ni réconciliation, Baby Doc est mort », Le Temps (Suisse), 5 octobre 2014.

    «...Depuis son retour en Haïti, le 16 janvier 2011, Jean-Claude Duvalier ne se cachait pas. On le voyait dans un costume bien coupé, la nuque figée par 25 ans d'exil en pays froid, les yeux ronds et mobiles du caméléon, une petite voix maigrelette qui, en 1971 déjà, quand il avait repris à 19 ans la petite entreprise dictatoriale de famille, aurait fait rire si elle n'avait pas fait peur. Jean-Claude apparaissait au volant de sa voiture, parfois applaudi par des badauds. Au restaurant huppé La Réserve, où il avait regardé, en sirotant une bière, les matchs de la Coupe du monde. Mais aussi au Quartier Latin, où déjeunent les ONG, les diplomates internationaux et où, un soir, il avait dîné à deux tables de Michèle Montas, la veuve du célèbre opposant assassiné Jean Dominique. Ainsi va Haïti. Les victimes croisent leurs bourreaux libres. Même dans l'étrange atmosphère semi-carnavalesque du tribunal, le procureur traitait parfois plus mal les plaignants que le prévenu. Entre septembre 2011 et janvier 2012, la justice haïtienne tente de déterminer si elle est en mesure de juger Duvalier. Le crime contre l'humanité n'est pas poursuivi dans le droit de l'île. Les victimes du régime défilent. Beaucoup d'entre elles n'ont jamais parlé. »


    Lyonel Trouillot, « Décès de Duvalier : « Laissons le reposer dans son insignifiance », Le Nouvelliste (Haïti), 6 octobre 2014.

    «...Jean-Claude Duvalier est mort. Dans les rues et dans les foyers, la nouvelle n'a pas créé une grande émotion. L'homme semblait à peine vivant. Et, depuis son retour, il s'était installé dans le paysage comme, déjà, un fantôme ou un anachronisme. Et, même si de nombreux citoyens haïtiens ont exprimé le regret que la mort, qui n'est pas une sentence, soit venue lui épargner la reddition de comptes pour des vies et des biens, nos vies, nos biens, nul ne s'acharne à vouloir jeter son cadavre aux chiens. Ce peuple qu'il a tant fait souffrir sait une chose que lui, et son père avant lui, avaient oublié : la mort devrait être naturelle et le repos paisible. Les Duvalier tuaient les vivants et les morts, n'avaient d''ennemis que ceux de la nation', traitaient leurs victimes d''apatrides', leur interdisaient tombes et funérailles. La réception tranquille de la nouvelle de la mort de Jean-Claude Duvalier fait la preuve que les peuples sont meilleurs que leurs dirigeants : Duvalier est mort, paix à son âme. »


    Tim Stanley, « The man who put a curse on Haiti », The Daily Telegraph (Royaume-Uni), 6 octobre 2014, p. 21.

    «...[après 1986] The West forgot about them, which was a little unfaithful. Western money kept the Duvaliers in power for many years. Western tourists came to overcrowded Port–au–Prince to sip cocktails and sample the child sex trade. Western powers refused to grant asylum to Haitian boat people who sailed miles across the ocean to seek refuge. Of course, Haitians also abused their fellow Haitians, and the Duvaliers exploited ancient superstitions sustained by ignorance, although it should be said that Voodoo provided peasants with a system of welfare and courts that was probably far fairer than the state's. The Duvaliers only sought to mimic the legacy of poisonous colonialism. First, the French brutalised the Haitians, then the Haitians gained independence and started brutalising each other. In a sense, the Duvaliers were just latter–day imperial governors – draining every drop of blood and profit from the people in exactly the same way that the European plantation owners had done centuries before. And they invited the Westerners back in to join the party. Under Baby's rule, the number of US firms doing business there increased from seven to more than 300. During the same period, real wages halved. »

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