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 Camus, Albert | 1913-1960

  • Né le 7 novembre 1913 à Mondovi, en Algérie (France)
  • Auteur des livres L’étranger (1942), Le mythe de Sisyphe (1942) et La peste (1947)
  • Prix Nobel de littérature (1957)
  • Décédé le 4 janvier 1960 à Villeblevin, en France


  • Jean-Marie Domenach, « Albert Camus », Esprit (France), février 1960, p. 280-281.

    «...Il rejetait toute astreinte avec cette élégance, cette grâce qui était de son style et de sa démarche. Il se débrouillait magnifiquement tout seul, mais pour lui ce n’était pas assez. Je ne veux pas dire qu’il n’ait pas eu d’amis; au contraire. Mais cette fraternité de l’œuvre commune, qu’il opposait aux intellectuels comme une fierté de manuel et de sportif, il ne l’a pas cherchée, ou il ne l’a pas trouvée dans l’ordre de l’esprit. Le rejet des médiations, qu’en 1950, Emmanuel Mounier relevait dans son œuvre, le conduisit à des attitudes contrastées, le laissant malgré lui tout à la fois humble et orgueilleux, victime et juge – et c’était aussi une source de son charme. Mais il lui a manqué une véritable expérience militante, l’espèce de patience solidaire, usée à l’action, qui est la vertu politique, pour pouvoir porter sans gêne l’immense espoir, l’immense et généreuse admiration dont il fut entouré dès 1944 par tous les jeunes intellectuels qui sortaient de la Résistance et n’avaient pas rejoint les patronages communistes. »


    André Blanchet, « Le pari d’Albert Camus », Études (France), mai 1960, p. 186.

    «...Auprès de sa mère, le jeune Camus a découvert « l’absurde simplicité du monde ». « Oui, tout est simple... Qu’on ne nous raconte pas d’histoires. » Il y a deux certitudes, pas une de plus. Il y a la vie, toujours bonne à prendre, et il y a la mort. C’est simple. Et puisque nous allons mourir, vivons au jour le jour, ne boudons aucun des plaisirs qui se présentent. Grâce à quoi, ayant vécu sans illusions, nous mourrons sans regret. Telle est, reconnaissons-le, la philosophie de millions d’hommes autour de nous, et c’est à cette philosophie élémentaire qu’Albert Camus va s’efforcer de conférer logique, cohérence et noblesse. Je crois qu’il a livré son secret lorsqu’il lui est arrivé d’écrire : « Le malaise qui nous occupe est celui de toute une génération, dont nous ne voulons pas nous séparer. » Ou encore : « Les foules au travail sont des foules sans dieu. Notre place est dès lors à leur côté. » Cette fidélité aux siens et à lui-même explique tout chez Camus : c’est parce qu’il veut rester avec sa mère et avec les pauvres qu’il ne voudra jamais connaitre d’autres conceptions de la vie que la leur. »


    Émile Henriot, « Le moraliste de l’absurde », Le Monde (Français), 6 janvier 1960, p. 1.

    «...Son parti à lui était le parti de l’homme pris dans le monde clos des hommes. Journaliste, au lendemain de la libération, nous l’avons admiré, dans ses articles de Combat, pour sa droiture et sa vigueur, et pour sa candeur aussi qui, homme de justice et de vérité, confesseur de son absolu, ne lui permettait pas d’adopter la moindre violence contre l’une, contre l’autre la moindre souplesse. Sa pureté l’a fait estimer et aimer d’esprits fort éloignés de ses croyances, mais que son intransigeance et son honnêteté lui avaient ramenés, quitte parfois à ne pas partager son fanatisme de la vertu. Lui-même il en connaissait les limites, et s’il s’était retiré du journalisme politique et moral où il était maître c’est pour avoir compris que la loi de la polémique exigeait l’anéantissement de l’adversaire; et qu’il ne pouvait plus continuer pour sa part, dans Combat ou ailleurs, ne souhaitant la mort de personne, une lutte dont le terme final, pour avoir raison, est de tuer. »


    Michel Roy, « Albert Camus ou « le bref amour de cette Terre...» », Le Devoir (Québec, Canada), 5 janvier 1960, p. 1 et 6.

    «...Loin de s’apparenter à Sartre, dont la rigueur cérébrale est violemment incompatible avec la douceur méditerranéenne de Camus, l’auteur de LA PESTE ne se préoccupe pas du divorce entre l’Être et le Néant, mais d’un autre divorce. Car, pour lui, l’absurdité ne se trouve ni dans l’esprit ni dans le monde, mais dans leur affrontement. D’une part, l’homme est un être qui aspire au rationnel; d’autre part, le monde est irrationnel, voilà donc le divorce qui, pour Camus, sera l’unique certitude de l’homme. Aussi, la vie sera-t-elle exempte de tous les conforts faciles qu’on appelle ici la religion, l’espoir, la fuite. Où donc trouver une valeur positive? C’est dans la révolte de l’homme contre l’absurde. Car, cette révolte qui nait naturellement devant un univers fermé et sans issue porte en elle des valeurs concrètes : soif de justice, de mesure, de raison. Telles seront les valeurs pour lesquelles Albert Camus continuera de vivre. »


    S.A., « The Rebel », Time (édition canadienne), 18 janvier 1960, p. 26.

    «...Camus’ friend, Jean-Paul Sartre, preached his dreary mixture of Marxism and Existentialism; Camus continued to describe the absurd. For him, it was a time of « solitary struggle, » when all the forces of the old Resistance where falling apart. When Combat seemed in danger of being compromised, Camus quit his job. « He wanted politics with clean hands, » explains a former colleague, and many took Camus as a symbol of the « betrayed » liberation. [...] France took a fond pride in its rising young star. Hatless, in rumpled trench-coat, cingarette dangling, he became a familiar figure along the Boulevard St. Germain, and on his arm there always seemed to be a pretty woman. But life still remained a procession of causes. [...] Horrified by the nihilism that came out of the 19th century and the tyranny of the 20th, Camus declared « the evil geniuses of contemporary Europe » to be Hegel, Marx and Nietzsche. Communism was no better than Naziism, for « all executioners are of the same family. » He refused religious and political absolutes. Justice, he said « is both a concept and a warmth of soul. Let us ensure that we adopt it in its human aspect without transforming it into the terrible abstract passion which has mutilated so many men. »»

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