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 Malraux, André | 1901-1976

  • Né le 3 novembre 1901 à Paris, en France
  • Auteur des romans « Les conquérants » (1928), « La voie royale » (1930), « La condition humaine » (prix Goncourt 1933), « L’espoir » (1937)
  • Ministre d’État chargé des Affaires culturelles (3 février 1959 – 20 juin 1969)
  • Décédé le 23 novembre 1976 à Créteil, en France


  • Bertrand Poirot-Delpech, « La légende du siècle », Le Monde (France), 24 novembre 1977, p. 1.

    «...Les mouches qu’André Malraux semblait chasser sans cesse des yeux et des mains, les voici donc libres de se poser sur son visage, où toute l’angoisse et toute l’intelligence humaine ont fini de tressaillir. Voici éteinte la voix syncopée où se bousculaient à tout propos les dieux et les millénaires. Voici réconciliés le pilleur de temples et le ministre des musées, le terroriste et l’ami des rois, l’aventurier ivre d’action et l’écrivain saoulé de prose. Même ceux qui n’arrivaient pas à suivre le culte lyrique de l’essentiel se découvrent, comme le mécréant conscient que le glas sonne pour tout le monde. L’homme qui disparait et l’œuvre qu’il laisse sont parmi les plus représentatifs de leur pays et de leur temps, les plus exemplaires de notre civilisation en ruine. En eux pourra se lire toute l’aventure de ce siècle pantelant, que la mort de Dieu et l’échec moral de des sciences ont obligé à fonder la grandeur de l’homme sur le néant qui l’écrase. Ce néant qui fige aujourd’hui sa vie en destin – selon sa formule célèbre – Malraux n’a cessé d’en être obsédé. »


    Paul Thibaud, « Malraux Antigone? », Esprit (France), janvier 1977, p. 94.

    «...Rien n’est plus grand qu’une cause à quoi se dévouer, rien n’est plus indispensable, c’est ce qu’a répété Malraux. Et c’était bien l’atmosphère des meetings gaullistes […] cette exaltation oblative, ces sentiments volant par-dessus les têtes… Malraux était l’officiant obligatoire. Il y avait là pas mal d’échauffement à vide, plus de représentation de la générosité que de vraie générosité, mais au fond l’atmosphère n’était pas bien différente des meetings de gauche : toujours le même mécanisme, la même offrande du meilleur de soi à la cause [...] Malraux a toujours été du côté des manipulateurs de mythes, de représentations collectives auxquelles il demandait avant tout non pas d’être vraies mais d’être mobilisatrices, de produire des communions. Là est l’unité politique de sa vie (rien de plus faux que l’idée d’une coupure radicale avant et après 47). Elle explique, principalement, son chagement d’attitiude vis-à-vis du communisme. Sans illusions sur la réalité soviétique, il jouait quand même sur la force de la conviction communiste. Il n’a jamais écrit son Retour d’URSS, mais quand il lui a semblé que chez Staline le nationalisme russe l’emportait sur le communisme, il est devenu nationaliste français. »


    Jean Lacouture, « Malraux, une vie dans le siècle », Éditions du Seuil (France), post-scriptum du 23 novembre 1976, p. 439.

    «...Ce dont sa mort a privé le monde, c’est de cette part d’aventure, de féerie, de songes qu’il aura incarnée avec une sorte de naïveté épique, et sans laquelle l’histoire des hommes risque de n’être qu’un prosaïque défile de piétons, la silencieuse déglutition des ordinateurs, le temps des bureaux implacables. Une flamme de folie s’est éteinte avec lui, de cette folie sans laquelle il n’est ni Octobre ni Mai, ni Commune parisienne ni « chemises rouges ». On la regrettera. Cette flamme brillait fort, plus qu’elle ne réchauffait. Malraux restera une grande lueur un peu froide. Il lui aura manqué toujours on ne sait quelle bonhomie fraternelle, quel abandon sans apprêt qui fera à jamais Michelet ou Vallès plus proches de nous. [...] Nous l’avons aimé, détesté, suivi, condamné, admiré selon qu’il était l’auteur des Conquérants ou le héraut du RPF, le combattant de l’Espoir, le ministre chassant Barrault de l’Odéon ou celui qui évoquait l’ombre de Jean Moulin d’une voix fracassée. Il nous importait, non comme un maître mais comme un tentateur. »


    Jean Pellerin, « Malraux, nouveau type d’intellectuel », La Presse (Québec, Canada), 24 novembre 1976, p. 4.

    «...Des hommes comme Péguy, Mounier, Camus et quelques autres nous avaient habitués à un style d’engagement intellectuel de caractère assurément ardent, mais qui n’allait tout de même pas au-delà de certaines bornes. Malraux a sauté carrément dans l’action, ce qui ne fut pas compris au départ. On ne pouvait s’empêcher de trouver extravagant un intellectuel qui débordait le champ strict de la pensée pour s’engager directement sur les sentiers glissants de la politique et même de la propagande. Malraux fut, très jeune, doté d’une sorte de vision prophétique. Il pressentit, bien avant qu’elles ne se produisent, les profondes transformations que devaient subir l’Orient et l’Occident durant la première moitié du XXe siècle, et il a tenu à participer plus que par la simple spéculation intellectuelle, à la naissance de ce monde nouveau sorti de l’époque post-coloniale. En Espagne, au Cambodge, au Vietnam, en Chine, dans le maquis français et jusqu’au faite du pouvoir, Malraux n’a cessé de mettre son génie et son énergie au service d’une humanité en devenir. Il fut plus qu’un homme d’action, il fut un élément choc pour sa génération : un inspirateur et un novateur. »


    Paul D. Zimmerman, « Malraux : L’Homme Engagé », Newsweek (États-Unis), 6 décembre 1976, p. 88.

    «...What weighs on me, says a character in André Malraux’s « The Royal Way » « is – how shall I put it? – my condition humaine, my limitations, that I must grow old, and that time, that loathsome thing, must inevitably spread through me, like a cancer. » Last week, at 75, Malraux himself succumbed to time, the victim of lung cancer. He was a Renaissance man–a revolutionary, Resistance fighter, novelist, visionary, art scholar and politician. All of his achievements were pieces in a grand self-designed he described in writing about one of his own heroes, T.E. Lawrence : « The greatness of a living personality lies precisely in the link between thought and action. » It was a vision forged from his own contemplation of the absurd, an existential concept he expressed years before Sartre. [...] « I married France, » Malraux said of his shift to conservative Gaullism – a move for which he was harshly criticised by French intellectuals. In 1959, de Gaulle rewarded him with the post of Minister of Culture, and this arena became Malraux’s last great battleground. « To me, » he said, « our art seems the rectification of the world, a means of escaping from man’s estste. »»

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