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 Schweitzer, Albert | 1875-1965

  • Né le 14 janvier 1875 à Kaysersberg en Alsace-Lorraine, dans l’empire allemand
  • Récipiendaire du prix Goethe (1928)
  • Récipiendaire du prix Nobel de la Paix (1952)
  • Décédé le 4 septembre 1965 à Lambaréné, au Gabon


  • Michel Friedman, « La succession du grand docteur », L’Express (France), 13 au 19 septembre 1965, p. 52-53.

    «...Vif d’esprit, alert, madré, même, dans la conversation, Albert Schweitzer l’était resté. Mais depuis plusieurs mois, il ne jouait plus guère de piano; depuis quelques années, il n’exerçait plus la médecine, son métier. En revanche, il s’intéressait de plus en plus à la politique, à la stratégie. Il multipliait les appels, les messages, signait d’innombrables pétitions. Et revenait de plus en plus à ses passions de jeunesse : musique et philosophie. [...] Le miracle, dans cet enfer de poix lourde qu’est le Gabon, dans cette succursale du cauchemar qu’était l’hôpital d’Andolinanongo, c’est que cet homme ait pu si longtemps travailler et survivre. [...] « Je suis un vieillard, se plaisait à leur dire le docteur, je ne peux pas vivre éternellement…» Pourtant, il taisait ses intentions. Il laissait, par le silence et le secret, s’installer la conviction qu’il était immortel, puisque irremplaçable. Et qui pouvait, en effet, remplacer un homme assez populaire dans le monde entier pour se classer, dans les sondages d’opinion, souvent avant le général de Gaule (sic)? »


    Philippe Decraene, « Dépassé par sa gloire », Le Monde (France), 6 septembre 1965, p. 6.

    «...Enfin, s’il est exact qu’avec l’âge et la popularité s’étaient développés chez Albert Schweitzer une certaine affectation, un attachement à son « personage », il est injuste de prétendre qu’il cherchait la publicité. Lorsqu’il vint s’installer au Gabon il était, en effet, déjà connu, et en choisissant de venir appliquer dans un coin déshérité d’Afrique la morale à laquelle il était attaché, il avait à cette époque les plus grandes chances d’y mourir dans l’oubli. Comme beaucoup d’autres, le « grand docteur blanc » a, en fait, été victime de ceux qui cherchaient à en faire une idole et auxquels, vers la fin de sa vie, il résistait de plus en plus mal. Au fond de lui-même, Albert Schweitzer conservait un profond respect de la vie, une magifique grandeur d’âme. Il faut garder de lui l’image d’un grand philantrop dépassé par son temps et surtout par sa propre gloire. »


    Michel Roy, « Après la mort du Dr Schweitzer », Le Devoir (Québec, Canada), 7 septembre 1965, p. 4.

    «...C’est l’homme avec ses défauts et ses qualités qu’il convient de saluer car il est évident qu’une œuvre commencée au début du siècle dans des conditions que l’Europe jugeait presque inhumaines ne pouvait en 1965 répondre à toutes les exigences d’une Afrique émancipée. Certes, le Dr Schweitzer fut paternaliste, traitant les indigènes comme on se défend de le faire aujourd’hui, refusant parfois des concours qui auraient pu ébranler l’ascendant dont il jouissait sur le petit monde de Lambaréné, et s’entourant volontiers d’une légende que rien ne devait troubler, considérant que l’Africain n’était pas, somme toute, un homme aussi raisonnable que les autres et qu’il fallait « pour son bien » le tenir pour inférieur. En cela, il était aussi avancé que les « colons lucides » d’après-guerre, tout ceux qui, sincères avec eux-mêmes, plus généreux qu’ambitieux, dispensaient l’Africain de responsabilités dont ils ne le croyaient pas capable. Cette conception, qui est en voie de disparition parmi les cadres blancs de l’Afrique nouvelle, n’enlève pas au Dr Schweitzer ses mérites et sa gloire. Elle confirme seulement qu’il fut un homme de son temps et que les temps ont changé sans toujours rejoindre le Dr Schweitzer au fond de la brousse gabonaise. »


    S.A., « Living With a Verity », Time (édition canadienne), 17 septembre 1965, p. 74-75.

    «...Albert Schweitzer was nine decades old when he died, a fitting age for a life so worthy, and a span sufficiently protracted beyond his main achievements that he himself had heard all possible praise and criticism that could be said of him. His apostles painted him as a saint; they turned his ethic of reverence for life into reverence for Schweitzer. His detractors found his philosophy uselessly pretentious and his medical practice frightfully outdated. The world weighed these extremes, consulted its feelings, and struck its balance on his humanity : he died admired by mankind. [...] Schweitzer took a grim view of modern history. His Civilization and Ethics begins with the dark warning that « our civilization is doomed » – a conviction he footnoted in later years with finger-wagging at the African independence movement and the atomic age. Yet Schweitzer saw a way to transform society, if only men would live according to his ethic of « reverence for life. » This verity became the framework of all morality and thus of culture. »

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