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 Jean-Paul 1er, (Albino Luciani) | 1912-1978

  • Né le 17 octobre 1912 dans la commune de Canal d’Agordo, en Italie
  • Évêque de Vittorio Veneto (15 décembre 1958 – 15 décembre 1959)
  • Patriarche de Venise (15 décembre 1969 – 26 août 1978)
  • Nommé cardinal de l’Église catholique romaine (5 mars 1973)
  • Pape de l’Église catholique romaine (26 août 1978 – 28 septembre 1978)
  • Décédé le 28 septembre 1978 dans l’État de la Cité du Vatican


  • Claude-François Julien, « La succession de Jean-Paul Ier », Le Nouvel Observateur (France), 2 octobre 1978, p. 60.

    «...En un mois, Jean-Paul Ier n’avait évidemment rien transformé d’essentiel dans la vie de l’Église. [...] Mais il avait donné un style nouveau au pontificat. Succédant à Paul VI au visage tragique, il promentait un perpétuel sourire, la calotte blanche jamais bien en place. Surtout, il avait adopté un langage simple, presque simpliste quelquefois, en expliquant qu’il voulait « enseigner le catéchisme comme un curé de paroisse ». [...] Ce style direct étonnait. Certains se demandaient même si Jean-Paul Ier était capable d’en avoir un autre. Après sa mort, une personnalité ecclésiale a même déclaré : « Nous étions préoccupés par l’impréparation culturelle du pape. » Et deux jours plus tôt, l’hebdomadaire italien de centre-gauche « Panorama » avait publié un important document sur le thème : « Où Jean-Paul Ier conduit-il l’Église ? » Ce n’était pas très encourageant : certes, le pape rompait avec certaines traditions, mais sa théologie n’était-elle pas « incertaine », ses propos politiques souvent « maladroits » et son langage un peu trop simple ? Sans doute Jean-Paul Ier avait-il conquis le cœur des foules par sa simplicité : mais en choisissant un pasteur, les cardinaux n’avaient-ils pas élu un conservateur favorable au renouveau du « catholicisme populaire »? »»


    Alain de Penanster, « La réforme de Jean-Paul Ier », L’Express (France), 7 au 14 octobre 1978, p. 69-70.

    «...Le paradoxe de Jean Paul Ier est là : il préparait un document qui allait précisément sortir le pape de sa haute solitude par une démocratisation du pouvoir. Pour les décisions sur la doctrine et la morale, cette réforme associait au pape le « conseil synodal » de quinze membres, dont douze sont élus par les évêques du monde. Mais les décentralisations imposant d’abord un surcroit de travail à celui qui veut décentraliser. Le physique et le moral d’un homme peu préparé à cette tâche ne lui ont pas permis de franchir le gué. [...] Il subsistera un « mystère Jean Paul ». Pour Mgr Bernard de Lanversin, le message de Jean Paul Ier était : « Que faut-il faire pour améliorer la société ? Être bon. » Nous sommes loin de la lutte des classes. Pourtant, ce pape éphémère aura effectivement renouvelé l’air dans l’Église et changé les données du futur conclave. Jean Paul a donné à la papauté un style plus populiste que hiératique. Il a fait descendre le pape de son icône. Quel successeur osera se coiffer d’une tiare ? Plus subtile mais plus importante est sa déclaration aux cardinaux : « Pourquoi vous donnerais-je ma bénédiction, puisque nous sommes tous successeurs des apôtres ? » Le pape suivant ne pourra plus être un conservateur. »


    Jean-Claude Leclerc, « Jean-Paul 1er », Le Devoir (Québec, Canada), 30 septembre 1978, p. 4.

    «...À l’inquiétude qui avait suivi la mort de Paul VI, Jean-Paul Ier et tout le collège des cardinaux avec lui avaient su répondre de manière à ramener la confiance chez tous dans cette période de la vie de l’Église et de l’histoire de l’humanité où reste profonde la crise du leadership moral et politique. Avec la stupéfaction qui a suivi cette deuxième grande disparition, en si peu de temps, à la direction de l’Église, s’est aussi ravivée l’inquiétude. Au plus grand nombre, en effet, le trop bref passage du patriarche de Venise à la tête de l’Église de Rome reste d’autant plus incompréhensible qu’à soixante-cinq ans, Albino Luciani faisait attendre au contraire un « règne » de plusieurs années. Néanmoins, il laisse à l’Église et à ses contemporains qui le regrettent universellement un message qu’il importe de retenir. Avant même son « couronnement » qui devait faire de ce fils d’ouvrier, et bien malgré lui, l’un des grands de ce monde, sinon une puissance, Jean-Paul Ier avait renoncé à un appareil, à une pompe n’ayant guère de rapport avec la conception qu’il se faisait du souverain pontifical et de l’exemple que doit donner à cet égard le chef de l’Église comme le simple fidèle. »


    Kenneth Woodward avec Elaine Sciolino et Christopher Matthews, Newsweek (États-Unis), 9 octobre 1978, p. 72-73.

    «...In retrospect, Pope John Paul seemed to be a man of sharply divided consciousness – one side preoccupied with doctrine and abstract ideologies, the other absorbed with individuals in need. Nonetheless, it was to Luciani that his brother cardinals turned late last August when they wanted a Pope who could reconcile opposing factions in the church and project an image of a caring father. In response, Jean Paul created a papacy of endearing pastoral gestures and through them built a beguiling bridge between the 263rd successor of St. Peter and the ordinary people he loved. « The Pope had a message to give our world, » said Cardinal François Marty of Paris. « He gave us the smile of God. In the grayness of these days, this smile will remain like a beam of light. » Perhaps, Marty concluded, « it was this message of universal love which...exhausted him. That was enough. His work was accomplished. »»

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