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 Friedman, Milton | 1912-2006

  • Né le 31 juillet 1912 à Brooklyn, aux États-Unis
  • Prix Nobel d’économie (1976)
  • Récipiendaire de la médaille présidentielle de la Liberté (1988)
  • Décédé le 16 novembre 2006 à San Francisco, aux États-Unis


  • Jean-Marc Vittori, « L’héritage de Milton Friedman », Les Échos (France), 22 novembre 2006, p. 16.

    «...Au-delà de la théorie monétaire, Friedman a lancé plein de propositions concrètes pour favoriser la liberté individuelle. Certaines ont eu peu de succès, comme la suppression du permis de conduire ou la légalisation des drogues. D'autres en ont eu davantage : la fin de la conscription, l'impôt négatif pour les salariés peu payés, qui est à l'origine en France de la prime pour l'emploi créée par Lionel Jospin, Premier ministre de gauche et relevée par Dominique de Villepin, l'un de ses successeurs de droite. Ou le « voucher », ce chèque éducation confié aux familles pour qu'elles puissent choisir l'école de leurs enfants. On en retrouve la trace dans le droit individuel à la formation des salariés créé en France il y a deux ans. « Nous sommes désormais tous keynésiens », avait expliqué Milton Friedman il y a plus de vingt ans. Il voulait dire par là que nous utilisons tous les concepts macroéconomiques de Keynes : l'épargne, la demande, la consommation. Mais il précisait aussitôt : « Dans un autre sens, plus personne n'est keynésien (...). Aucun de nous n'accepte plus les conclusions initiales de Keynes. » Avec l'oeuvre de Friedman, c'est un peu l'inverse. Ses catégories et ses méthodes restent très débattues. Mais certaines de ses conclusions font l'objet d'un large consensus, que ce soit sur l'importance de la monnaie ou des choix individuels. Nous avons tous quelque chose de friedmanien. »


    Dominique Roux, « Milton Friedman », Le Monde (France), 18 novembre 2006, p. 31.

    «...Bien que soumis à des critiques souvent idéologiques, les travaux de Friedman ont éclairé d'un jour nouveau la science économique. Tenant de la non-intervention de l'État et de la libre entreprise, il a influencé toute une génération d'économistes, et ses conceptions ont conduit à la création d'une nouvelle école classique autour du principe des anticipations rationnelles, avec des économistes comme Muth, Lucas (Nobel 1995), Sargent ou Wallace qui le tiennent pour un maître incontesté. Cet apôtre du libéralisme a su, certes, créer un véritable mouvement, mais, comme tout penseur engagé, il a aussi suscité des haines reposant souvent sur des idées reçues. Par exemple, lors de la remise de son prix Nobel, un participant hurla dans la salle « Vive le peuple chilien libre ! Friedman, go home ! », parce que le général Pinochet disait s'inspirer de la pensée de Friedman et que ce dernier était allé passer une semaine en visite privée au Chili. »


    Thomas Piketty, « Vive Milton Friedman », Libération (France), 20 novembre 2006, p. 33.

    «...Comme souvent chez les personnes de cette conviction, son ultralibéralisme économique (foi éperdue dans le marché, dénigrement systématique de l'État) allait de pair avec un certain antilibéralisme politique (État autoritaire, voire fascisant, pour réprimer les perdants du marché), comme en témoignent ses visites de courtoisies au régime Pinochet dans les années 70. [...] Si le décès du prix Nobel d'économie 1976 revêt néanmoins une certaine importance, c'est parce que Milton Friedman n'était pas simplement un idéologue de plus. Que l'on partage ou non ses analyses économiques (sans parler de ses prises de positions politiques), difficile de nier que Friedman était un authentique chercheur. Son influence considérable repose avant tout sur la minutie et la rigueur dont il a (parfois) su faire preuve dans ses travaux universitaires. [...] Certes, les conclusions politiques que Friedman tirait de ses recherches n'étaient pas exemptes d'idéologie : une bonne Fed, c'est sans doute bien, mais une bonne Fed et un bon Welfare State, c'est probablement mieux. Il reste que le message n'aurait pas eu la même influence s'il ne s'était pas appuyé sur un authentique travail de recherche conduisant à une profonde remise en cause du consensus alors dominant sur la plus grave crise économique du XXe siècle. Aujourd'hui, les débats sur la crise de 1929 et le rôle joué par la politique monétaire sont loin d'être clos, mais il est impossible d'ignorer les travaux de Friedman. »


    Samuel Brittan, « Iconoclastic economist who put freedom first », Financial Times (Royaume-Uni), 17 novembre 2006, p. 13.

    «...Both admirers and detractors have pointed out that his world view was essentially simple: a passionate belief in personal freedom combined with a conviction that free markets were the best way of co-ordinating the activities of dispersed individuals to their mutual enrichment. Where he shone was in his ability to derive interesting and unexpected consequences from simple ideas. Part of his appeal lay in his willingness to come out with home truths that had occurred to many other people who had not dared to utter them. Friedman would then go on, however, to defend these maxims against the massed forces of economic correctness; and in the course of those defences he, almost unintentionally, added to knowledge. Those who wanted to write him off as a rightwing Republican were dis-abused by the variety of radical causes he championed. I was not impressed in my own student years by the claims to a belief in personal freedom of the pro-market British economists whom I first encountered. It was not until I came across Friedman, and learnt that he had spent more time in lobbying against the US draft than on any other policy issue, that I began to take seriously the wider philosophic protestations of the pro-market economists. »

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