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 Moro, Aldo | 1916-1978

Aldo Moro

  • Né le 23 septembre 1916 à Maglie, en Italie
  • Ministre des Grâces et de la Justice (6 juillet 1955 – 19 mai 1957)
  • Ministre de l’Instruction publique (19 mai 1957 – 15 février 1959)
  • Président du Conseil des ministres (4 décembre 1963 – 5 juin 1968, 23 novembre 1974 – 30 avril 1976)
  • Ministre des Affaires étrangères (7 juillet 1973 – 23 novembre 1974)
  • Décédé le 9 mai 1978 à Rome, en Italie


  • Aniello Coppola, « Aldo Moro, le médiateur », propos recueillis par Marcelle Padovani, Le Nouvel Observateur (France), 15 mai 1978, p. 62.

    «...Il n’avait en tête aucun projet de société, aucune conception idéale d’ordre économique et social. Son seul point de référence fut toujours la démocratie : une démocratie dynamique, en mouvement. Conscient de l’exiguité du consensus autour de l’État, il avait senti la nécessité d’élargir les bases du consentement; il a su « ouvrir » aux socialistes pour former le centre-gauche; et il venait, à la veille de son enlèvement, d’associer les communistes à la majorité gouvernementale, sans pour autant déchirer son parti. [...] C’était un grand méthodologue. Un modéré, certes, mais avec une capacité aiguë à pénétrer et accueillir les particularités des forces politiques, les nouveautés qui émergeaient dans la société. C’est le seul dirigeant démo-chrétien qui ait réfléchi sur la crise des jeunes et le tournaunt de 1969. [...] Il a toujours été avantagé par le fait qu’il n’était ni un corrompu ni un arriviste; qu’il s’est pas enrichi en faisant de la politique; qu’il était un intellectuel et non un boss. C’était un personnage sur lequel on pouvait ironiser mais qu’on respectait toujours. »


    Roger-Xavier Lanteri, « L’Italie après Moro », L’Express (France), 15 au 21 mai 1978, p. 33-34.

    «...Les onze balles qui ont criblé le corps d’Aldo Moro n’ont pas seulement tué un homme, pas seulement assassiné un homme d’État. Regard étranger et démarche lasse, Aldo Moro avait le visage douloureux que l’on prête aux martyrs de l’ère des catacombes. Mais cet homme à l’aspect dolent a modifié complètement, en quinze ans, par un grignotement insensible, l’équilibre politique de son pays. [...] Pour Aldo Moro, homme des paysages calmes des Pouilles, l’essentiel est de tenir le pays hors d’atteinte de ses démons familiers, l’anarchie et la dictature. Cet homme subtil qui dirige l’État n’a jamais appris à conduire une voiture. Il lui faut être ministre des Affaires étrangères pour dominer sa terreur de l’avion. Il traite les maux de l’État comme ses propres maladies, en prenant ses comprimés quotidiens. Le tabac est dangereux : il choisit le compromis, et ne fumera que cinq cigarettes par jour. Dans son code de vie, la patience est la vertu cardinale. Il n’est pas pressé. En pleine crise ministérielle, il lui arrive d’interrompre une réunion avec tous les chefs de parti : « Excusez-moi, j’ai mon cours à l’université. » »


    Jean Pellerin, « Échec au terrorisme en Italie », La Presse (Québec, Canada), 10 mai 1978, p. A4.

    «...M. Moro est mort, bien sûr, et c’est évidemment un épouvantable malheur. Mais sa mort a peut-être écrasé un extrémisme sans nom. À cause de cela, elle devient un gage de liberté pour l’Italie et pour le monde civilisé. Hélas, l’histoire a souvent des caprices inexplicables. Aldo Moro est sans conteste l’homme politique qui a le plus travaillé au rapprochement des partis en Italie. Il a joué un rôle de premier plan en ramenant les socialistes au gouvernement, puis, en associant les communistes à la majorité parlementaire. C’est cet homme juste et pondéré que des intellectuels sans visage ont condamné pour « crimes contre le prolétariat ». Si une justice distributive existe, on ne peut douter que l’histoire classera Aldo Moro parmi les martyrs de la liberté et de l’intégrité parlementaire. »


    S.A., « Most Barbarous Assassins », Time (États-Unis), 22 mai 1978, p. 24.

    «...Lanky, stooped and with an incongruous shock of white in his dark hair, Moro was the antithesis of the political emotionalism that had branded the Fascist years. Soft-spoken and self-effacing, he was a protégé of Alcide de Gasperi, Italy’s first postwar Premier. In political style, he was a conciliator, dedicated to the art of the possible, with a gift for fashioning ambiguous phrases that could be used to cloak disagreement. One of his most famous was « parallel convergences, » which he used to describe the center-left formula for the 1963 D.C.-Socialist coalition – even while laughingly noting that « geometrically this is impossible, but politically it is feasible. » After the 1976 election, when the Communist Party vote spurted to 34 % of the total – close behind the Christian Democrats’ 39 % – Moro promoted the gradual process of accommodation between the two. When many members of his own party rebelled against the present governing agreement that formally ushered the Communists into the parliamentary majority for the first time in 31 years, it was Moro who persuaded them to go along. »

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