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 Jobs, Steve | 1955-2011

  • Né le 24 février 1955 à San Francisco, aux États-Unis
  • Co-fondateur de l’entreprise Apple (1976)
  • Décédé le 5 octobre 2011 à Palo Alto, aux États-Unis


  • Jean-Christophe Féraud, Christophe Alix, « Steve Jobs manque à l’Apple », Libération (France), 7 octobre 2011, p. 3.

    «...Steve Jobs n'était ni Léonard de Vinci ni Albert Einstein. Ni tout à fait inventeur ni vraiment magicien. C'était un «génie» de notre époque numérique. Entrepreneur et marchand, redoutable marketeur et grand communicant. Un de ces geeks californiens, technoïde maniaque et méthodique doté d'une véritable vision de notre présent-futur consumériste. Il faisait partie de cette poignée d'hommes qui changent le monde à leur manière dans l'espace-temps trop court d'une vie. [...] Steve Jobs avait apprivoisé la mort depuis longtemps, mais il était habité par le sentiment d'urgence de ceux qui ont une oeuvre à accomplir. En 2005, lorsque cet autodidacte avait été fait docteur honoris causa par l'université de Stanford, il avait donné sa leçon de vie à un auditoire fasciné : « La mort est un destin que nous partageons tous. Et c'est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. Elle nous débarrasse de l'ancien pour faire place au neuf.» Persuadé de mourir dans les six mois, il conjure les étudiants d'être eux-mêmes et d'accomplir leurs rêves : « Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n'est pas la vôtre.» Toute sa vie, Steven Paul Jobs aura suivi ce mantra... et n'en aura fait qu'à sa tête. »


    Anouch Seydtaghia, « Steve Jobs, les raisons d’un mythe », Le Temps (Suisse), 7 octobre 2011.

    «...Les bons artistes copient. Les grands artistes volent, disait Picasso. Il s'agit de se confronter à ce que les humains ont fait de meilleur et d'essayer de l'insérer dans ce que vous êtes en train de faire.» Humilité ou arrogance? Les deux, a priori. Cette phrase, prononcée en 1996 par Steve Jobs dans le documentaire «Le triomphe des Nerds», résume sans doute au mieux la vision du fondateur d'Apple. Ultra-méticuleux, pointilleux à l'extrême, irascible et cassant, Steve Jobs aura à lui seul bouleversé l'informatique, la téléphonie mobile et le divertissement numérique. [...] celui que le maire de New York a comparé à Einstein et Edison laisse l'image du premier chef d'entreprise devenu un mythe immédiatement après sa disparition. Un mythe qui utilise les idées des autres, traite souvent ses concurrents avec mépris et dit à ses clients ce qui est bien pour eux, vraiment? [...] Apple a pris le meilleur des idées existantes et les a améliorées», note le blogueur spécialisé Walter Adamson. Et c'est là que le perfectionnisme total de Steve Jobs a fait la différence. «Je me souviens de nombreuses soirées qui se prolongeaient au bureau jusqu'à minuit ou une heure. [...] Steve forçait les gens à augmenter leurs attentes de ce qu'ils pourraient faire», expliquait en 2010 John Sculley, directeur d'Apple de 1983 à 1993. Et de poursuivre: «Steve pouvait être presque sans pitié en rejetant le travail de collègues jusqu'à ce qu'ils atteignent le niveau de perfection qu'il attendait.» »


    Alain Guillemoles, « Steve Jobs, les clés d’une légende », La Croix (France), 7 octobre 2011.

    «...Avec Steve Jobs, l'informatique est sortie des bureaux pour entrer dans la maison ou dans la poche. La marque a fait des produits beaux et simples d'utilisation, plus chers aussi que la moyenne, mais pour lequel les consommateurs se sont révélés prêts à payer le prix. « Tout le génie de Steve Jobs est là », explique Patrice Noailles, spécialiste de l'histoire de l'innovation industrielle. Sans passer par des études de marketing, il avait une vision précise de ce qu'attend le marché. Tandis qu'IBM travaillait à produire un ordinateur de bureau, il a cherché à faire un micro-ordinateur domestique, habillé comme un ustensile de cuisine. Il n'a pas été un inventeur, au sens où il n'a pas découvert de technologies nouvelles. Mais il a su combiner des technologies existantes pour faire un produit nouveau. » Steve Jobs fascine aussi par sa personnalité atypique et son parcours. N'ayant pas fait d'études, il a pourtant créé et développé une entreprise qui s'est hissée au premier rang mondial. Le mythe de l'entrepreneur ayant commencé dans un garage a depuis fait rêver toute une génération. Bien avant son décès, il était entré dans la légende de la Silicon Valley, cette région de Californie où sont implantés tous les géants de l'informatique. Le fondateur d'Apple était connu pour son ascétisme, ses pulls moulants sur un vieux jean et son régime végétarien. Pour son caractère exigeant, aussi : il était capable de retenir la sortie d'un produit jusqu'à ce qu'il lui semble parfait. »


    Marc Allard, « Comment Steve Jobs a changé nos vies », Le Soleil (Québec, Canada), 8 octobre 2011, p. 17.

    «...Selon M. [Thierry] Bardini [un professeur en communication de l’Université de Montréal], Steve Jobs a eu le génie «de faire d'un objet informatique complexe, rébarbatif, un objet de désir. Cette attirance, on ne la ressentait pas avant, dit-il. Cette notion qu'un ordinateur peut être un objet convivial, ça n'existait pas avant lui. C'est vraiment un profond changement dans les mentalités». Thierry Bardini rappelle que Steve Jobs, né en 1955 à San Francisco, a baigné dans la contre-culture californienne. Pour lui, la révolution informatique était aussi une révolution sociale, un moyen de se prendre en charge soi-même, ce que les Américains appellent l' empowerment , souligne le professeur. «Avant ça, les ordinateurs, il fallait être une grande compagnie pour y avoir accès.» Aujourd'hui, un étudiant anonyme comme Jonathan Mak peut publier une illustration à partir de son MacBook et les étudiants de l'Université Laval peuvent la consulter sur leur iPhone, en revenant à la maison dans un autobus du Réseau de transport de la Capitale. Steve Jobs n'a pas inventé Internet, mais a mis sur le marché la plus cool - et la plus populaire - des familles d'ordinateurs qui y donne accès. »


    Philip Delves Broughton, « Visionary, game-changer, genius…but also a freak », Financial Times (Royaume-Uni), 8 octobre 2011, p. 7.

    «...We might prefer the politer terms of admiration, visionary, genius, game-changer, but purely as a businessman, Jobs was a freak and freaks make others behave oddly. He could take the dullest technical specification, the processing speed of a laptop, and make grown audiences whimper with pleasure. His eye for detail was the stuff of Silicon Valley legend, as were his rages if things were not done to his satisfaction. Behaviours which in another man might have been called delusional, obsessive or tyrannical were in Jobs seen as evidence of high standards and great leadership. When most companies use the term "culture", you may as well pull down the blinds and go to sleep. Not at Apple. It was impossible to think of its culture without thinking of the deeply paradoxical man at the top. [...] Jobs knew better than anyone the fragility of business success. He had been the most famous entrepreneur in the world in his early 20s, and then fired from his own company at 30. But he had come back. Building a business, he would say, was not for the mentally sane. It was for the passionate and maddeningly persistent. »

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