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 Kérékou, Mathieu | 1933-2015

Mathieu Kérékou

  • Né le 2 septembre 1933 à Kouarfa, dans la colonie du Dahomey (Bénin)
  • Président de la République du Dahomey (26 octobre 1972 – 30 novembre 1975)
  • Président de la République populaire du Bénin (30 novembre 1975 – 4 avril 1991)
  • Président de la République du Bénin (4 avril 1996 – 6 avril 2006)
  • Décédé le 14 octobre 2015 à Cotonou, au Bénin


  • S.A., « L’ex-président du Bénin Mathieu Kérékou, artisan de la transition démocratique », Le Monde.fr (France), 15 octobre 2015.

    «...De son vivant, l'ancien président béninois avait gagné le surnom de Caméléon, illustrant ses multiples revirements. Mais de tous les rôles qu'il a joués, celui qui restera probablement dans les pages d'histoire sera celui de précurseur des transitions démocratiques en Afrique. Un costume endossé par conviction ? Opportunisme ? Pragmatisme ? Le fait est que cet homme mystérieux au regard dissimulé par des lunettes fumées a placé son pays, le Bénin, dès la fin des années 1980, à l'avant-garde d'un mouvement de démocratisation qui s'est ensuite propagé aux quatre coins du continent. Le début de sa longue carrière - vingt-neuf ans passés à la tête de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest - pouvait laisser entrevoir cela. C'est en effet à la faveur d'un putsch que le nom de Mathieu Kérékou apparaît pour la première fois. Fin 1967, l'ancien enfant de troupe né le 2 septembre 1933 à Kouarfa (Nord) dirige alors le comité révolutionnaire en charge de la supervision du gouvernement installé après que le président Christophe Soglo eut été renversé. Mais rapidement, il rend le pouvoir aux civils. Il montrera par la suite que ce n'était pas un accident ou une erreur de jugement. »


    S.A., « Bénin. Une semaine de deuil national en hommage à Mathieu Kérékou », Ouest-France (France), 16 octobre 2015.

    «...Depuis ce jeudi matin, les discours s'enchaînent. Ceux d'une classe politique qui salue le surnommé « le caméléon », pour avoir d'abord dirigé son pays en dictateur militaro-marxiste avant d'être démocratiquement élu. Le président de l'Assemblée nationale béninoise, Adrien Houngbedji, a salué « un grand homme d'État et de paix ». « C'est sûrement le plus grand homme d'État de la période postcoloniale. C'est un exemple qui mérite d'être cité aujourd'hui, au Bénin et dans toute la sous-région. Par conséquent, nous devons saluer la perte d'un grand démocrate », a affirmé le parlementaire qui avait été candidat, en 2006, contre l'actuel président Thomas Boni Yayi au départ de Kérékou (l'ancien président s'était retiré après 30 années à la tête du Bénin et après avoir atteint la limite d'âge constitutionnelle, NDLR). [...] Seule ombre au tableau de ces hommages appuyés : le secrétaire général de la Centrale syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB), Paul Esse Iko, s'est risqué à critiquer Mathieu Kérékou, le qualifiant de « calamité pour le Bénin ». « La CSTB est l'organisation du Bénin qui a le plus souffert de Kérékou aux plans politique et syndical. De son vivant, nous avions dit que Kérékou a été une calamité pour le Bénin. Il a été quelqu'un qui a tué la liberté au Bénin », a lâché celui qui fut un prisonnier politique sous le régime révolutionnaire de Kérékou. »


    Christophe Boisbouvier, « Bénin : Mathieu Kérékou, une histoire africaine », Jeune Afrique (France), 21 octobre 2015.

    «...En février 1990, lors de cette conférence nationale, le général Kérékou, que beaucoup de ses compatriotes prenaient pour un militaire un peu borné, montre un sens politique aigu. [...]En confessant ses erreurs et en courbant la tête devant les quelque 493 délégués de la conférence nationale, le général Kérékou perd le pouvoir – il sera battu l’année suivante par le haut fonctionnaire international Nicéphore Soglo – mais gagne l’estime de ses compatriotes. Au passage, il fait voter en mars 1990 une loi qui garantit son immunité. Ainsi sauve-t-il sa tête et s’assure-t-il de ne pas finir comme Ceausescu... Sur la scène africaine, l’ancien autocrate du Bénin donne aussi le coup d’envoi d’une série de conférences nationales qui font souffler un vent de liberté, notamment sur le Congo-Brazzaville et le Niger. De ce jour, Kérékou entre dans l’Histoire. […]n 1996, quand les Béninois se lassent de la potion du professeur Soglo, l’homme aux lunettes noires prend sa revanche. Fini les discours contre l’impérialisme. Kérékou le « caméléon », comme il aime à se décrire lui-même, troque le col mao du révolutionnaire pour la tunique du prédicateur évangélique. Preuve que ce fils d’agriculteur, doté d’un solide bon sens paysan, est avant tout un pragmatique. »


    Sam Roberts, « Mathieu Kérékou, 82; Led Benin in Two Roles », The New York Times (États-Unis), 17 octobre 2015, p. D8.

    «...Mr. Kérékou adopted a Marxist-Leninist platform two years after the coup (1972), renamed the nation the People's Republic of Benin (after a kingdom that flourished in the 17th century) and nationalized its oil companies and banks. Over time his People's Revolutionary Party became less revolutionary and captivated fewer and fewer people, but Mr. Kérékou was nothing if not adaptable. ("The stick cannot break in the arms of a chameleon," he liked to say, and his own swagger stick was decorated with a picture of one.) He pursued an increasingly moderate socialist agenda as the economy worsened, following the lead of the Warsaw Pact nations in abandoning Marxism altogether in 1989. A year later, he publicly confessed guilt for his mistakes to the local Catholic archbishop and asked forgiveness for his government's flaws. The gesture, however, was not enough to generate the popular support he needed to win in the first democratic presidential election in 1991. In his return to power in 1996 and again in 2001, he squeaked by to victory after disputed vote counts. [...] In 2005, after dominating Beninese politics for nearly three decades -- more than half the country's existence -- Mr. Kérékou, then 72, announced that he would not try to overturn the two-term limit. "If you don't leave power," he said, "power will leave you." »

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