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 Galbraith, John Kenneth | 1908-2006

  • Né le 15 octobre 1908 à Iona Station, au Canada
  • Auteur de La crise économique de 1929 (1955), L’ère de l’opulence (1958), Le nouvel État industriel (1967), Les mensonges de l’économie (2002), etc.
  • Ambassadeur des États-Unis en Inde (1961-1963)
  • Récipiendaire de la médaille présidentielle de la liberté (2000)
  • Décédé le 29 avril 2006 à Cambridge, aux États-Unis


  • Vittorio de Filippis, « Galbraith ou l’économie iconoclaste », Libération (France), 2 mai 2006, p. 21.

    «...Partisan convaincu de l'intervention publique en économie, il critique l'économie de marché. Ses coups de griffe sont souvent lancés contre les économistes, trop volontiers au service des intérêts économiques, et dont la foi dans les vertus du marché possède «une qualité théologique telle qu'elle les dispense de la moindre preuve empirique». Galbraith s'est beaucoup opposé à la politique de dérégulation menée par Ronald Reagan. Tout autant qu'il a dénoncé l'intégrisme des monétaristes et de son vieil ami Milton Friedman. Il s'est toujours attaché à démonter les raisonnements hâtifs qui traversent la vie économique, comme l'aveuglement collectif (pas toujours désintéressé) qui a donné lieu aux bulles spéculatives, que ce soit celle des tulipes en Hollande au XVIIe siècle ou, plus récemment, celle de la bulle Internet. Mais de la théorie classique et néoclassique, fondement de l'économie de marché, il rejettera surtout l'idée selon laquelle les décisions de production des entreprises sont exclusivement basées sur la demande des consommateurs. Dans le Nouvel État industriel, son oeuvre économique majeure publiée en 1967, il inverse cette logique : ce n'est pas la demande qui détermine l'offre, mais le contraire. Bref, la «filière est inversée». Selon lui, le pouvoir économique n'est plus exercé par le capital ou par ceux qui le possèdent, mais par les organisations et ceux qui les font vivre. C'est cette «technostructure», comme il l'a définie, qui tire réellement les ficelles. »


    Jean-Marc Vittori, « L’économiste qui écrivait des best-sellers », Les Échos (France), 5 mai 2006, p. 12.

    «...A n'en pas douter, l'homme qui s'est éteint samedi dernier à l'âge respectable de quatre-vingt-dix-sept ans dans un hôpital de Cambridge, aux États-Unis, fut l'un des grands économistes du XXe siècle. Mais quelle était sa grandeur ? Ici commence le débat. « Un grand patron, c'est un patron qui mesure plus de 1,90 mètre », plaisantait Michel Bon, l'ancien PDG de France Télécom. Sous la toise, John Kenneth Galbraith était immense : il mesurait 2,03 mètres. Il a aussi été longtemps l'économiste le plus connu aux États-Unis. Certains de ses livres furent des best-sellers. Cet inspirateur du Parti démocrate a forgé des expressions passées dans le domaine public, comme la fameuse « ère d'opulence » (qui lui avait été en fait soufflée par son épouse) ou la « conventional wisdom » (« sagesse conventionnelle », ou plus simplement « idée reçue ») qu'il combattait farouchement. Et pourtant, il disparaît sans laisser d'école ou même de disciples. Le jury Nobel, qui a souvent donné son prix d'économie à des septuagénaires, voire des octogénaires comme Ronald Coase en 1991 ou William Vickrey en 1996, n'a jamais distingué le nonagénaire magnifique qu'était Galbraith. »


    Jean-Claude Péclet, « Galbraith et les « rockonomics »», Le Temps (Suisse), 1er mai 2006.

    «...Pour les mêmes raisons qu'il inspira la gauche américaine, «L'Ère de l'opulence» suscita les critiques des défenseurs de l'économie de marché. On lui reprocha entre autres sa vision naïve d'un consommateur auto-limitant ses besoins, le fait qu'assistance rime souvent avec dépendance. Le modèle de Galbraith faisait peu de cas de changements majeurs tels que l'arrivée des femmes sur le marché du travail et la globalisation. Même ce grand voyageur ne sut éviter les pièges d'un modèle économique fermé. Et sur sa thèse centrale de l'inégalité, les faits lui ont longtemps donné tort. Les «trente glorieuses» d'après-guerre furent après tout celles de la classe moyenne. Les écarts de revenus se sont réduits, la mobilité sociale a consolidé le succès américain. Ainsi, l'arrivée au pouvoir de Ronald Reagan coïncida avec l'éclipse intellectuelle de John Kenneth Galbraith. Ce dernier publiait toujours autant, on le respectait - mais comme un ancêtre qui aurait fait son temps. Depuis quelques années pourtant, sa voix ressort. Pour une raison bien simple: comme l'a montré l'Amérique bushienne d'après-Katrina, les inégalités sont de retour. »


    Stephanie Flanders, « Prolific polemicist who revealed the human face of money and power : Obituary John Kenneth Galbraith », The Financial Times (Royaume-Uni), 1er mai 2006, p. 7.

    «...Galbraith was not a modest man: he did not suffer fools gladly, and, at 6ft 8 1/2, was able to make those who did not measure up feel very small indeed. But it is fair to say that he was always more concerned with the role of economists and economic ideas in the world than with his own place in economics. Galbraith often berated his academic colleagues for not perceiving how mainstream economic instruction both concealed and supported the "real" forces guiding economic and social affairs. "All economic history, including Galbraith himself, has been the expression of vested interest." His own vested interest is best illustrated by the quotation from the 19th century economist, Alfred Marshall, with which he introduced The Affluent Society: that "the economist, like everyone else, must concern himself with the ultimate aims of man". "Economics is not a science," he argued in a 1987 book, but a "continuing interpretation of current circumstances. All its useful propositions can be stated in clear, unembellished and generally agreeable English". Galbraith's numerous books tended to be all these things; and, even rarer in economic writing, they were funny. »

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