16 octobre 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

 Millett, Kate | 1934-2017

  • Née le 14 septembre 1934 à St-Paul, aux États-Unis
  • Auteure de Sexual Politics (1970), Flying (1974), The Loony-Bin Trip (1990), etc.
  • Décédée le 6 septembre 2017 à Paris, en France


  • Amandine Schmitt, « Mort de Kate Millett, la grande féministe qui remettait Freud à sa place », L’Obs (France), 7 septembre 2017.

    «...« La Politique du Mâle », tiré de sa thèse à Columbia, est publié en 1970 aux Etats-Unis. Son idée principale est que la relation entre les sexes est politique. L'essayiste et théoricienne du féminisme radical Andrea Dworkin en dira: «Je ne vois personne qui a accompli ce que Kate Millett a fait, avec ce seul livre. Il reste l'alpha et l'oméga du mouvement féminin.» «Time Magazine» l'appellera la «Mao Tsé-Toung de la Libération des Femmes». [...] Kate Millett remet le psychanalyste autrichien [Sigmund Freud] à sa place avec une démonstration implacable : « Il semble que les filles fassent connaissance de la suprématie masculine bien avant d'avoir vu le pénis de leur frère. Elle est si bien intégrée à leur culture, si présente dans le favoritisme de l'école et de la famille, dans l'image que leur présentent de chaque sexe les médias, la religion, tous les modèles du monde adulte perçus par elle, que l'associer à un organe génital du garçon ne leur apporterait rien de plus, puisqu'elles ont déjà appris mille autre signes de différence sexuelle. Devant tant de preuves concrètes de la situation supérieure qui est faite au mâle et sentant de toutes parts le peu de cas que l'on fait d'elles, les filles envient, non le pénis lui-même, mais les prétentions sociales auxquelles le pénis autorise.» »


    Frédérique Roussel, « Kate Millett, ce phare féministe, n’existe plus », Libération (France), 8 septembre 2017.

    «...Dans les semaines qui suivent la parution de Sexual Politics aux États-Unis, Kate Millett se retrouve propulsée sur le devant de la scène. Son essai mêle l’analyse littéraire à la sociologie, la psychologie et l’anthropologie, et définit les objectifs du mouvement féministe. C’est une critique du patriarcat dans la société et la littérature occidentales qui pointe le sexisme de romanciers modernes comme DH Lawrence, Henry Miller et Norman Mailer. « Être femme ou être homme, écrit-elle, c’est appartenir à deux cultures différentes. » Pour elle, l’explosion de la famille traditionnelle permettra de dynamiter l’oppression politique et culturelle fondée sur le sexe. « Notre mouvement s’étend non seulement dans les universités, mais aussi dans les classes moyennes et chez les femmes au foyer, mais il est vrai que nous avons des difficultés à toucher les milieux ruraux et ouvriers », expliquait notamment la porte-parole du mouvement féministe en 1971 au Monde. »


    Sylvie Braibant, « Kate Millett, décès d’une féministe qui combattait avec caresses et plaisir », TV5 Monde Info (France), 8 septembre 2017.

    «...Dans ce livre (En vol), elle s'exposait jusque dans le plus intime, sa sexualité gourmande, le plaisir épanoui et partagé tant avec les hommes que les femmes. [...] Son style direct, et sensuel, savait toucher aux émotions et aux quêtes de très jeunes femmes arrivées à l'âge des découvertes, munies du droit à la contraception et d'une majorité sexuelle abaissée. Une ambivalence qui déplaisait aussi bien aux puritains qu'aux lesbiennes radicales, alors qu'elle était définie comme une féministe et théoricienne lesbienne. Même si elle refusait ces classifications binaires. "On peut bien dire en public que je suis gouine, ça ne signifie pas que je sois obligée de l'être." Avec ses mots, elle voulait aussi conjurer les effets de la célébrité, dévastateurs sur sa personnalité fragile, minée par des troubles bipolaires. [...] Celle que l'on compare souvent à Simone de Beauvoir - il y eut donc Le deuxième sexe" puis "Sex Pol" -, laisse orphelines des femmes dans le monde entier. "Kate Millett, une si courageuse penseuse et activiste. Qui a vécu sa vie de féministe et nous a montré comme cela pouvait être tout à la fois créatif et difficile" tweet l'une [Victoria Hesford]. »


    S.A., « Kate Millett », The Daily Telegraph (Royaume-Uni), 9 septembre 2017, p. 31.

    «...In 1970 she took a PhD from Columbia University with a dissertation subsequently published as Sexual Politics. Its core thesis was that western patriarchy is a socially conditioned belief system masquerading as human nature. She illustrated her theme with examples from works by writers such as DH Lawrence, Henry Miller and Norman Mailer, who, at the time, were being hailed as the sages of sexual liberation. Kate Millett's analysis all but destroyed their authority. The feminist Susan Brownmiller credited the book with inventing feminist literary criticism. Sexual Politics catapulted Kate Millett to the cover of Time magazine as the new face of feminism, and she reinforced her status by leading a feminist posse in an invasion of the offices of Cosmopolitan magazine, forcing its editor Helen Gurley Brown back against a radiator and attacking her celebration of "man-hunting". But her fame brought Kate Millett under attack from many sides, as a manhating feminist, a media sell-out, a lesbian "lavender menace," or (since she was still married) a bisexual who was not lesbian enough. »

    Liens internes

    Les objectifs de Perspective monde
    Son équipe au fil des ans
    Les sources et les mises à jour
    Récupérer des éléments de Perspective monde

    Pour en savoir plus

    Pour nous écrire un commentaire
    Pour nous suivre sur Facebook
    Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
    Dimension, sur le langage statistique R

    Liens externes

    Observatoire des politiques publiques
    Observatoire des Amériques
    Politique appliquée.tv
    Cahiers de recherche

    Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019