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 Graham, Billy | 1918-2018

  • Né le 7 novembre 1918 à Charlotteville, aux États-Unis
  • Décédé le 21 février 2018 à Montreat, aux États-Unis


  • Céline Hoyeau, « Billy Graham, le pasteur de l’Amérique », La Croix (France), 22 février 2018, p. 16.

    «...c'est aux États-Unis qu'il demeure le plus populaire. Son discours y est en phase avec « le souci de moralisation de la vie quotidienne cher à la middle class » , analyse le chercheur Sébastien Fath, dans une biographie de référence. Dans la pure tradition des « réveils » américains, son ministère se concentre sur la conversion personnelle. Son message simple - simpliste, critiquent certains - débute toujours par une description noire du monde et de l'enfer, propre à provoquer chez ses auditeurs un sursaut spirituel. Voix de stentor, carrure d'acteur, prêches fougueux, Billy Graham n'a pas inventé le télévangélisme, mais il l'a constamment renouvelé en étant toujours parmi les premiers à utiliser les nouveaux moyens de communication. Le mensuel Christianity Today qu'il a fondé en 1956 est aujourd'hui le principal journal chrétien aux États-Unis. Rassembleur, il lance en 1974 le Mouvement de Lausanne, congrès évangélique mondial pour l'évangélisation. Ses détracteurs lui ont reproché d'être anticommuniste, plutôt conservateur, et d'opérer une confusion entre le christianisme et les valeurs américaines. Ses liens étroits avec la Maison-Blanche, ainsi que son soutien comme « ambassadeur sans titre » à des actions du département d'État (notamment en Corée du Nord, en Amérique du Sud et en Australie) n'ont pas été sans poser la question d'une « manipulation réciproque » »


    Arnaud Leparmentier, « William Graham », Le Monde (France), 26 février 2018, p. 13.

    «...Comme le note le New York Times, il lui fut reproché de ne pas prendre en compte les problèmes sociaux et raciaux, d'avoir une approche simpliste du salut dans un rapport individuel à Dieu. Sa lecture des Écritures fut parfois littérale : selon lui, le paradis avait une localisation physique, mais peut-être pas dans le système solaire. Mais il évita les nombreux écueils qui firent la chute d'autres télévangélistes : Billy Graham était contre la ségrégation et prêchait, dans les années 1960, devant les Blancs et les Noirs réunis. Il fit preuve d'intégrité et de transparence financière, s'octroyant un salaire équivalent à 130 000 euros par an. Et veilla à ne jamais rester seul en compagnie d'une femme, si ce n'est la sienne, Ruth Bell, fille d'un missionnaire chirurgien presbytérien ayant officié en Chine : ils restèrent mariés soixante-trois ans et eurent cinq enfants. Billy Graham tint des propos ultraréactionnaires, mais eut l'habileté de se rétracter. Après avoir jugé que le sida pourrait être un jugement de Dieu, il se corrigea : « Il serait très faux et très cruel de dire que Dieu a jugé les gens avec le sida. » En général, il évita plutôt les combats sociétaux des ultraconservateurs protestants, ce qui lui permit de traverser le siècle. Il le répétait encore en 2005 : « Je promeus simplement l'Évangile. »»


    Gabriel Hassan, « Mort de Billy Graham, le « pasteur de l’Amérique », Courrier international (France), 22 février 2018.

    «...Un de ses traits les plus caractéristiques était sa capacité à transcender les barrières. Comme le souligne The Christian Science Monitor : C'est sa volonté de devenir ami avec d'anciens ennemis - quitte à froisser d'anciens amis au passage - qui lui a permis d'acquérir une stature mondiale sans précédent." Ainsi Graham invitait-il quelquefois des prêtres catholiques et des pasteurs progressistes à partager l'estrade avec lui lors de ses croisades, "suscitant parfois le scandale parmi les autres pasteurs baptistes du Sud", rappelle The Atlantic. [...] Contrairement aux pasteurs évangéliques qui émergèrent durant les années 1970, engagés dans des "guerres culturelles" à l'image de Jerry Falwell, Billy Graham s'est toujours voulu non partisan et fut consulté par une douzaine de présidents américains des deux bords, "depuis Harry Truman jusqu'à George W. Bush", relève The Christian Science Monitor. Pour The Atlantic, "sa mort marque la fin d'une ère pour l'évangélisme et pose une question fondamentale : son approche oecuménique et bipartisane sera-t-elle poursuivie??" »


    Laurie Goodstein, « Billy Graham, a Pastor to Millions, Dies at 99 », The New York Times (États-Unis), 22 février 2018, p. A1.

    «...Mr. Graham's standing as a religious leader was unusual: Unlike the pope or the Dalai Lama, he spoke for neither a particular church (though he was a Southern Baptist) nor a particular people. At times, he seemed to fill the role of national clergyman. He read from Scripture at President Richard M. Nixon's funeral in California in 1994, offered prayers at a service in the National Cathedral for victims of the Sept. 11, 2001, terrorist attacks, and, despite his failing health, traveled to New Orleans in 2006 to preach to survivors of Hurricane Katrina. His reach was global, and he was welcomed even by repressive leaders like Kim Il-sung of North Korea, who invited him to preach in Pyongyang's officially sanctioned churches. In his younger days, Mr. Graham became a role model for aspiring evangelists, prompting countless young men to copy his cadences, his gestures and even the way he combed his wavy blond hair. He was not without critics. Early in his career, some mainline Protestant leaders and theologians accused him of preaching a simplistic message of personal salvation that ignored the complexities of societal problems like racism and poverty. Later, critics said he had shown political naïveté in maintaining a close public association with Nixonlong after Nixon had been implicated in the cover-up of the Watergate break-in. »

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