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 el-Assad, Hafez | 1930-2000

Hafez el-Assad

  • Né le 6 octobre 1930 à Qardaha, en Syrie sous mandat français
  • Ministre de la Défense (23 février 1966 – 1972)
  • Premier ministre de Syrie (21 novembre 1970 – 3 avril 1971)
  • Président de la Syrie (12 mars 1971 – 10 juin 2000)
  • Décédé le 10 juin 2000 à Damas, en Syrie


  • Vincent Hugueux, Dominique Lagarde, « Syrie : L’héritage d’Assad l’impitoyable », L’Express (France), 15 juin 2000, p. 50.

    «...Le destin du Proche-Orient, de la Syrie, de Hafez al-Assad et de son fils Bashar, qui lui succède aujourd’hui, s’est joué voici exactement trente-trois ans. Juin 1967 : en six jours, l’armée israélienne occupe le Sinaï égyptien, le plateau du Golan syrien, la Cisjordanie et la bande de Gaza. Hafez al-Assad, qui a été nommé ministre de la Défense quelques mois plus tôt, à la suite d’un coup d’État, assiste, impuissant, à la déroute arabe. Au lendemain de la défaite, il s’enferme chez lui et reste cloîtré pendant trois jours. « C’est dans la souffrance de cette défaite qu’est née son ambition d’atteindre le sommet et de peser sur les choses », affirme Patrick Seale, journaliste britannique, auteur d’une biographie du président syrien. En trente ans d’un pouvoir exercé sans partage, Hafez al-Assad va s’imposer comme l’un des acteurs clefs de la scène proche-orientale. Cynique et sans scrupules, il n’hésite pas, quand ça l’arrange, à changer d’alliance. Ou à mandater des poseurs de bombes pour mieux se faire entendre. Seul compte à ses yeux le rapport de forces : rien ne doit pouvoir se faire sans la Syrie. »


    Majed Nhémé, « Après lui le déluge », Le Nouvel Afrique Asie (France), juillet-août 2000, p. 32.

    «...Aujourd’hui que le « lion de Damas » – surnom auquel ses détracteurs préfèrent le sobriquet de « lapin du désert » – n’est plus, l’heure du bilan du plus long et du plus implacable des règnes qu’ait connus la Syrie indépendante s’impose. Commencé en 1970 par un coup d’État contre les compagnons de route d’Assad, il s’achève, trente ans plus tard, par un coup d’État dynastique qui ramène la Syrie au rang de république bananière de type somoziste. Associé au pouvoir depuis 1963 – année marquée par le premier coup d’État baassiste en Syrie – , ministre de la Défense depuis 1965, et à ce titre principal responsable de la défaite de juin 1967, à l’issue de laquelle Tsahal s’empare du plateau du Golan, réputé imprenable, Assad devint, à partir de 1970, le seul maître à bord d’une Syrie réputée indomptable. Pendant trois décennies, il gouverne d’une main de fer un pays muselé, alternant purges, bains de sang (massacre de Hama et de Palmyre), répression généralisée, assassinats, intrigues et terreur. La longue stabilité dont on le crédite était à ce prix. Durant son règne de trois décennies, la Syrie n’aura vécu que sous le régime de l’état d’exception. Même les « institutions » constitutionnelles, taillées sur mesure pour régenter la vie politique du pays, n’auront été que des coquilles vides. »


    Chedli Klibi, « L’honneur et l’orgueil », Jeune Afrique/L’Intelligent (France), 20 au 26 juin 2000, p. 28-29.

    «...Son dessein principal, fondamental, auquel se reliaient tous les autres était de donner à « la patrie arabe » une unité d’action et d’objectifs. Il pensait, selon la doctrine du Baas, que c’est par une telle unité que les Arabes pouvaient lutter contre Israël, reconquérir leur leadership et renouer avec le progrès et la prospérité. En un mot, entamer une ère nouvelle de dignité. Il n’était pas, au fond, hostile à l’idée même de moderniser la société syrienne. Mais il estimait que la modernisation était un projet global qui ne pouvait être réussi que si un certain nombre d’obstacles étaient levés. Et, en premier lieu, l’obstacle sioniste. Non pas israélien, car il était trop réaliste pour considérer comme sérieux le projet de l’un de ses prédécesseurs, Amin el-Hafedh, qui, au Ier Sommet du Caire, en 1964, proposa avant toute discussion de se mettre d’accord sur un plan visant à abattre l’État d’Israël. Ce que voulait Assad, c’était circonscrire le projet sioniste, contenir Israël dans les frontières fixées par l’ONU. C’était là, à ses yeux, le préalable à la grande ambition des peuples arabes : se redresser, se développer, renaître au progrès. L’unité de stratégie – et non pas nécessairement l’union des États – était le moyen nécessaire pour réaliser cette ambition. Il voulait réussir là où avait échoué Nasser – auquel il reprochait ses méthodes. »


    Matthew Cooper, « After the Lion », Time (États-Unis), 19 juin 2000, p. 12-13.

    «...For three decades, Hafez Assad ruled Syria – and confounded the world. Six American Presidents found him frustrating, remote. The Egyptian pyramids lay to the southwest, but it was Assad who was dubed the Sphinx. Assad remained a riddle. Austere, he neither smoked nor drank. He would summon aides at all hours, to discuss an issue, then closet himself for days before abruptly announcing a decision. He never came to America; from Nixon to Clinton, they either traveled the road to Damascus or met him in neutral Geneva. They worried about elections and deadlines; a dictator, he never worried about the clock ticking. He was legendary for his marathon negotiating sessions and infuriating intransigence. But it was his actions that so befuddled American leaders. Syria helped lead the 1973 Yom Kippur war against Israel; in 1976, it marched into Lebanon and never left. Assad’s Syria has been a stalwart of the State Department’s terrorism list since its inception in 1979 – but it was also part of the anti-Iraq coalition that fought in the Gulf War. His death comes at another one of those precarious moments in the precarious Middle East. »

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