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 Schuman, Robert | 1886-1963

Robert Schuman

  • Né le 29 juin 1886 à Luxembourg, au Luxembourg
  • Président du Conseil des ministres français (24 novembre 1947 – 19 juilet 1948)
  • Président du Conseil des ministres français et ministre des Affaires étrangères (5 au 11 septembre 1948)
  • Président de l’Assemblée parlementaire européenne (19 mars 1958 – 18 mars 1960)
  • Décédé le 4 septembre 1963 à Scy-Chazelles, en France


  • François Honti, « Robert Schuman le Lotharingien », Le Monde diplomatique (France), octobre 1963, p. 8.

    «...bien qu’il eût pratiquement cessé toute activité politique depuis deux ans ; rarement homme d’Etat fut gratifié de tant d’éloges à l’occasion de son décès que celui que de son vivant déjà on appelait le « père de l’Europe ». Plus rares encore sont ceux qui le méritaient autant que lui. Tous les commentateurs ont rappelé le respect et l’estime qu’inspirait à son entourage cet homme sérieux, consciencieux et simple, bienveillant et compréhensif à l’égard des autres, rigoureux quand il s’agissait de lui-même. Mais ses qualités et ses vertus n’étaient pas de celles qui déchaînent l’enthousiasme et l’admiration des foules. Son aspect sévère et ascétique, sa modestie, son élocution hésitante marquée d’un accent germanique, une certaine gaucherie dans les attitudes, étaient plutôt de nature à le desservir aux yeux du public et tranchaient en tout cas avec l’image qu’on se fait généralement du parlementaire français. Il était pourtant si solidement implanté dans sa circonscription de Thionville que ses électeurs lui renouvelèrent régulièrement leur confiance pendant plus de quarante ans malgré les vicissitudes de la politique française. »


    Georges Suffert, « La fin d’une liaison », L’Express (France), 12 septembre 1963, p. 15.

    «...Entre Schuman et [Jean] Monnet, des liens sont noués. Monnet pense que Schuman – qu’il respecte – est l’homme dont il a besoin. Schuman sait utiliser la fougue de Monnet, mais se garde bien de se laisser domestiquer par le commissaire au plan. Chaque jour, Monnet téléphone à Schuman. [...] Schuman, toujours aimable, trie dans les paquets de suggestions de Monnet et ne retient que ce qui est utile. Étrange couple. Ni l’un ni l’autre ne pouvait réussir seul. Ils furent comme les deux doigts de la main. Ils s’estimèrent. Mais il n’y eut jamais entre eux la moindre intimité. Entre le vieux parlementaire et le technocrate, il n’y eut pas d’amitié au sens classique du mot. L’un et l’autre avaient le sentiment qu’ils jouaient l’avenir d’un continent. Cela dispense de l’affectivité. Et puis, ils étaient trop vieux pour chanter leurs louanges. Il est probable que Schuman n’a jamais dit deux mots réellement amicaux à Monnet. Et pourtant devant la tombe du vieil homme, Monnet a dû penser qu’il avait perdu, dans ce parlementaire secret et anti-démagogue, l’un des hommes les plus précieux que la France ait possédés. Depuis plusieurs années, Schuman s’était retiré de la bataille. Sans doute savait-il que son œuvre était désormais à l’abri de tout et qu’elle survivrait aux pires tempêtes. Il en avait eu la meilleure preuve depuis 1958 : même de Gaulle n’avait pas réussi à casser son rêve. »


    Jacques de Bourbon-Busset, « Un homme droit, Robert Schuman », Le Monde (France), 6 septembre 1963, p. 1.

    «...Si Robert Schuman n’avait pas été paralysé par les luttes personnelles et par le jeu des factions, parmi lesquelles en premier lieu le R.P.F., il aurait réalisé son grand dessein. À l’intérieur de l’Occident, l’Europe unie aurait équilibré les États-Unis. Les récriminations contre l’hégémonie américaine auraient perdu leur raison d’être. Des hommes d’État américains tels que le général Marshall et le secrétaire d’État Dean Acheson consultaient Robert Schuman, j’en ai été le témoin direct, et suivaient souvent ses avis sur les affaires non seulement de l’Europe, mais de la planète. Ainsi, pendant quatre ans, la France, par l’intermédiaire de Robert Schuman, a pesé d’une manière décisive sur la politique mondiale. Peu de gens l’ont su. Robert Schuman était modeste et fuyait la publicité. Depuis, hélas! nos dirigeants ont laissé s’altérer ce capital de confiance et d’amitié. Ce sera un des étonnements de la postérité que la France ne se soit pas mise à l’écoute de cet homme simple et droit, qui entrait dans l’avenir non à reculons, mais en faisant face, sans forfanterie, avec la calme décision de celui qui n’obéit qu’à sa conscience. »


    S.A., « France : A Man of Europe », Time (édition canadienne), 13 septembre 1963, p. 37-38.

    «...His [Schuman] death last week at 77 reminded the world that the new Europe which Charles de Gaulle so grandly purports to head owes much of its impetus to other Frenchmen with broader horizons. [...] when it came to his dream of the future Europe, Schuman was a leader among Europe’s postwar generation of Christian Democratic radical integrationists. […] In 1950, in league with another French Eurocrat, Jean Monnet, he proposed the « Schuman Plan » for the European Coal and Steel Community, which proved to be the forerunner of the Six-Nation Common Market, and of the Euratom pool for peaceful nuclear resources. In 1954 Schuman lost his only major battle – a drive for an all-European army (EDC). In recent years Schuman lived in semiretirement at his family estate, poring over his rare books [...] and penning his memoirs. Intimates say he was « very upset » by De Gaulle’s opposition to Britain’s entry into the Common Market; but he kept his silence. »

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