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 Weil (Jacob), Simone | 1927-2017

  • Née le 13 juillet 1927 à Nice, en France
  • Ministre de la Santé (28 mai 1974 – 4 juillet 1979)
  • Présidente du Parlement européen (17 juillet 1979 – 18 janvier 1982)
  • Ministre d’État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville (30 mars 1993 – 11 mai 1995)
  • Membre du Conseil constitutionnel français (3 mars 1998 – 3 mars 2007)
  • Membre de l’Académie française (2010)
  • Décédée le 30 juin 2017 à Paris, en France


  • Anne Chemin, « L’énergie d’une survivante », Le Monde (France), 3 juillet 2017, p. A2.

    «...Si les Immortels décident, en ce printemps 2010, de faire de Simone Veil la cinquième femme de l'Histoire à siéger sous la Coupole, c'est parce qu'elle est, dira Jean d'Ormesson, « une grande dame d'autrefois dont la dignité et l'allure imposent le respect . « Il y a en vous comme un secret : vous êtes la tradition même et la modernité incarnée, affirme l'écrivain dans son discours. Je considère votre parcours et je vous vois comme une de ces figures de proue en avance sur l'Histoire. » Un court instant de silence, une voix qui mime le chuchotement. « Je baisse la voix, on pourrait nous entendre : comme l'immense majorité des Français, nous vous aimons, Madame! », conclut l'académicien dans un sourire malicieux. Simone Veil, morte le 30 juin à Paris, est, il est vrai, une grande dame qui a su gagner le coeur de ses concitoyens. Mais si l'académicienne est devenue une véritable icône, c'est aussi parce qu'elle incarne, à sa manière, les trois grands moments de l'histoire du XXe siècle : la Shoah, l'émancipation des femmes et l'espérance européenne. Elle a en effet épousé, parfois bien malgré elle, les tourments d'un siècle qui fut à la fois celui de la tentative de destruction des juifs d'Europe, de l'égalité hommes-femmes et de la construction européenne : elle fait partie des rares juifs français ayant survécu à la déportation à Auschwitz, elle est devenue le symbole du droit à l'avortement et elle est l'une des grandes figures de la construction européenne. »


    Éric Favereau, « Simone Veil, une vie debout », Libération (France), 1er juillet 2017, p. 2.

    «...Elle n'est pas une intellectuelle, ni une oratrice hors pair. Parfois même, elle peut ennuyer, parlant plat. Mais on l'écoute. C'est elle, car c'est toujours une position qu'elle tient, une attitude qu'elle impose. Sur l'IVG comme sur l'Europe, elle convainc. Elle n'impose pas par ses mots, mais par sa présence. Elle est là, comme un roc, comme une preuve que l'on peut résister aux vents mauvais et aux marées qui engloutissent un temps la terre. Elle est là. Avec son caractère entier, parfois de mauvaise foi, toujours directe, capable de sermonner vertement un journaliste pour la bêtise de ses propos. «Mon premier réflexe est toujours de dire non», reconnaît-elle. Il n'empêche, elle est un visage. Et une attitude. Simone Veil est alors très présente. Elle aime aussi être mondaine, on la voit souvent sortir aux soirées de gala. Elle reconnaît avoir un caractère difficile, les idées tenaces, la rancune aussi. [...] C'est ainsi, Simone Veil aime, ou déteste, sans partage ni nuance. «Quand Simone a décidé de quelque chose, on peut venir avec tout un bataillon, on ne la fera pas changer d'avis», témoignait l'écrivain Marek Halter. »


    Joëlle Meskens, « Simone Veil, le souffle d’un siècle », Le Soir (Belgique), 1er juillet 2017, p. 16.

    «...L’émotion est immense. En France, où elle était l’une des personnalités préférées, mais pas seulement. Car ce n’est évidemment pas seulement une femme politique qui disparaît. Ni même une personnalité dont l’engagement, la force et l’humanisme inspiraient le respect de tous. C’est aussi le témoin d’un siècle qui s’éteint. Celui de toutes les abominations, mais aussi celui de l’idéal européen et de l’émancipation. [...] Son récit de la Shoah, aussi essentiel que celui de Primo Levi, restera pourtant à jamais. Elle qui confiait la difficulté des déportés à trouver le juste équilibre (en dire trop ou pas assez ?) avait trouvé les mots justes pour dire l’horreur dont elle avait réchappé. Elle gardait de cette épreuve la conviction inverse de celle d’Hannah Arendt. Non, il n’y avait pour elle ni « responsabilité collective » ni « banalité du mal ». « Dire que tout le monde est coupable revient à dire que personne ne l’est » , écrivait-elle dans ses mémoires (Une Vie, éditions Stock), parus en 2007. Pour elle, oui, il y avait une exception à la possibilité de la barbarie humaine. Et elle citait alors, pour contredire les adeptes de la banalisation, les risques pris par les Justes, qui avaient caché au péril de leur vie des Juifs qu’ils ne connaissaient même pas. »


    Pascale Navarro, « Simone Veil, 1927-2017 : Elle a agi pour le bien de toutes », La Presse+ (Québec, Canada), 1er juillet 2017, p. 9.

    «...L'autre aspect qui frappe dans le discours de Simone Veil, c'est qu'elle s'exprime en tant que femme. Cela peut paraître anecdotique, mais c'est pourtant fondamental. Veil n'efface pas de sa vie et de son action sa propre expérience ni la socialisation qui l'a forgée. Bref, elle n'oublie pas ce qui la relie aux autres femmes : elle leur est solidaire. Dans un entretien avec la journaliste Annick Cojean (Les hommes aussi s'en souviennent, Une loi pour l'histoire, éd. Stock, 2004), Simone Veil raconte le contexte politique dans lequel s'est déroulée la présentation du projet de loi [sur l’avortement] et les débats qui ont suivi. Elle relate l'hostilité des parlementaires outrés par sa proposition, mais qui « cherchaient en sous-main des adresses pour faire avorter leur maîtresse ou quelqu'un de leurs proches ». Devant cette hypocrisie, elle impose aux hommes de se responsabiliser : jusqu'alors, on considérait l'avortement comme un problème de femme, mais avec la loi Veil, toute la société devra soutenir les femmes. C'est un autre aspect important de sa contribution à l'histoire des femmes. »


    S.A., « Simone Veil », The Daily Telegraph (Royaume-Uni), 1er juillet 2017, p. 31.

    «...For much of her career, she was France's most popular politician. She was widely tipped to become prime minister of her country and from 1993 to 1995 she was unofficial deputy to the centrist premier Edouard Balladur. She achieved all this despite - or perhaps because of - her lack of political partisanship. She was a senior official in the magistracy and an authority on adoption law when her friend Jacques Chirac persuaded her in 1974 to become his Minister of Health. In the European Parliament, she led the Liberals. Simone Veil's election as the Parliament's president personified the Franco-German reconciliation that had created a united Europe: she still bore on her arm the number - 78651 - stamped there on arrival at Auschwitz. Always wearing a Chanel suit, she came to the masculine world of French politics, as it was then, with commanding personal authority, plus a determination to probe the smallest details and take every decision herself. Like Margaret Thatcher, colleagues rated her "very lively, but not very funny". But while she did have a temper, Simone Veil did not try to dominate them. Her colleague Françoise Giroud wrote: "She reassures men. They don't feel in competition with her, and every man obeys his mother."»

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