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 Caïd Essebsi, Béji | 1926-2019

  • Né le 29 novembre 1926 à Sidi Bou Saïd, en Tunisie
  • Ministre de l’Intérieur (5 juillet 1965 – 8 septembre 1969)
  • Ministre de la Défense (7 novembre 1969 – 12 juin 1970)
  • Ambassadeur de Tunisie en France (1er août 1970 – 14 décembre 1971)
  • Ministre des Affaires étrangères (14 avril 1981 – 15 septembre 1986)
  • Président de la Chambre des députés (14 mars 1990 – 9 octobre 1991)
  • Premier ministre (27 février au 24 décembre 2011)
  • Président de la République (31 décembre 2014 – 25 juillet 2019)
  • Décédé le 25 juillet 2019 à Tunis, en Tunisie


  • S.A., « Le président Béji Caïd Essebsi s’en est allé », El Watan (Algérie), 27 juillet 2019.

    «...L'acceptation par le peuple de Béji Caïd Essebsi, à cette période [2011], traduit le crédit dont dispose cette personnalité consensuelle auprès de toutes les composantes de la population, y compris les jeunes, qui ont fait la révolution. Lequel crédit ayant été acquis durant six décennies de service dans les différents rouages de l'État tunisien et de sa société civile. Deux coups magistraux ont marqué le passage post-révolution de feu Béji Caïd Essebsi. Il s'agit, d'une part, de la transition démocratique réussie et des premières élections libres de l'histoire de la Tunisie, le 23 octobre 2011. D'autre part, sa réussite à équilibrer le paysage politique, lors des élections de 2014, alors que la Tunisie était sous la domination des Frères musulmans. En 2011 et en pleine effervescence du paysage politique local et régional, le défunt Président était parvenu à gérer une transition démocratique, très lourde de conséquences, avec à la clé les élections de l'Assemblée nationale constituante (ANC), dirigées par l'ISIE et saluées par toutes les institutions internationales, ONG comprises. Feu Béji a été décisif dans la réussite de la Tunisie, malgré les tiraillements intérieurs post-révolutionnaires et la proximité de la Libye, secouée par un conflit armé. Il a remis le pouvoir au gouvernement issu des élections du 23 octobre 2011. Un fait inédit dans le monde arabe. »


    Camille Lafrance, « Tunisie : disparition de Béji Caïd Essebsi, héritier de Bourguiba à la prudence contrastée », Jeune Afrique (France), 25 juillet 2019.

    «...En près de cinq ans à la tête de l'État, BCE s'est illustré comme « progressiste », notamment grâce à sa défense des droits des femmes. Il avait d'ailleurs commandé un rapport sur l'égalité totale dans l'héritage entre femmes et hommes d'où avait été tirée une proposition de loi déposée à l'Assemblée (l'inégalité étant une option pour les familles, au cas par cas), mais elle n'a toujours pas été votée. Cette tentative de laisser sa marque à travers cette initiative, comme l'avait fait avant lui Bourguiba avec le code du statut personnel (régissant les rapports au sein de la famille et les droits des femmes), est restée en suspens. [...] Personnalité « rassurante », « attentive », d'après ses collaborateurs, il mettait en avant son âge comme gage d'absence d'ambitions personnelles. Mais la présence de son clan familial s'est progressivement superposée à sa propre image. Il a même finalement été accusé d'avoir favorisé l'ascension de son fils, Hafedh, à la tête de son parti. Et a vu Nidaa Tounes se déliter au fil des années, en grande partie du fait de la nomination contestée de ce même fils, aux décisions jugées arbitraires. Son point faible. Son parti, hier triomphant, a depuis perdu de sa crédibilité et plus de la moitié de ses sièges à l'Assemblée. Deux clans rivaux s'affrontent désormais en son sein. C'est sur cette image que BCE s'est éteint. »


    Célian Macé, « Béji Caïd Essebsi, la révolution du compromis », Libération (France), 26 juillet 2019, p. 6.

    «...Si la Tunisie a réussi tant bien que mal sa transition démocratique, sa transition économique - l'autre exigence des révolutionnaires de 2011 - est un échec. Déçus, les jeunes ont repris la route de l'exil via la Méditerranée. Depuis plusieurs années, le parti présidentiel s'effrite. En imposant son fils, Hafedh Caïd Essebsi, à la tête de Nidaa Tounes, le «Vieux» a braqué une bonne partie de ses membres, méfiants envers cette succession dynastique. [...] Mais qu'importe si la formation de Béji Caïd Essebsi, qui avait annoncé le 8 avril qu'il ne se présenterait pas à la présidentielle de novembre, s'étiole, voire disparaît un jour. Celui qui se rêvait en héritier de Bourguiba ne laissera derrière lui ni un mouvement politique puissant ni même des réalisations spectaculaires ou des réformes marquantes, comme son mentor. Il aura en revanche permis à son pays d'entrer dans la démocratie tout en restant uni, à coups de ruses, d'accords secrets, d'équilibres instables et de compromis. A sa manière. À la tunisienne. »


    Thierry Brésillon, « Tunisie. Ou la réécriture de l’histoire », Orient XXI (France), 30 juillet 2019.

    «...Décrié de toutes parts sur la scène nationale jusqu'à son dernier jour, Béji Caïd Essebsi a été métamorphosé en bâtisseur de la démocratie et légataire de la révolution depuis son décès jeudi 25 juillet 2019. À travers l'émotion populaire lors de ses obsèques nationales samedi s'exprimait le besoin de se sentir collectivement sublimé par l'identification à un leader au-dessus de la mêlée politicienne, à une sorte d'homme providentiel post-mortem. Les hommages internationaux, notamment celui d'Emmanuel Macron, renvoient en miroir l'image de cette Tunisie rêvée -- tolérante, moderne, ouverte, émancipatrice de « la femme » -- qui permet aux mêmes élites de revendiquer le droit exclusif de représenter la réalité du pays, la seule légitime et acceptable. En rejoignant la figure de Habib Bourguiba au point de s'y confondre, dans une synthèse entre fondation de l'État indépendant et Révolution, Caïd Essebsi mythifié sacralise une version actualisée du récit national et scelle le sens de la Révolution. Mais l'icône trop vite lissée ne peut pourtant faire oublier les ombres et les complexités. »

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