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 Guofeng, Hua | 1921-2008

Hua Guofeng

  • Né le 16 février 1921 à Xian de Jiaocheng, en Chine
  • Ministre de l’Assemblée nationale populaire (21 décembre 1964 – 13 janvier 1975)
  • Ministre de la Sécurité publique (octobre 1973 – mars 1975)
  • Premier ministre de la République populaire de Chine (4 février 1976 – 10 septembre 1980)
  • Premier vice-président du Parti communiste chinois (7 avril au 7 octobre 1976)
  • Président de la Commission militaire centrale du Parti communiste chinois (7 octobre 1976 – 28 juin 1981)
  • Président du Parti communiste chinois (7 octobre 1976 – 28 juin 1981)
  • Vice-président du Parti communiste chinois (28 juin 1981 – 12 septembre 1982)
  • Décédé le 20 août 2008 à Beijing, en Chine


  • Arnaud de la Grange, « La mort du successeur de Mao, Hua Guofeng », Le Figaro (France), 21 août 2008, p. 12.

    «...Mao, mourant, avait désigné Hua Guofeng comme son successeur en 1976, du bout des lèvres. L'histoire officielle veut qu'à l'agonie il lui ait soufflé : « Avec toi aux commandes, je suis apaisé. » [...] Souvent décrit comme un pâle successeur de Mao, un homme au costume trop large pour lui et au passage au premier plan de courte durée, Hua Guofeng aura pourtant imprimé une marque sur l'histoire de la Chine en balayant la fameuse Bande des Quatre dès octobre 1976. On ne sait comment aurait évolué la Chine de ces troubles années si cette sinistre Bande des Quatre dont faisait partie Jiang Qing, la veuve de Mao, n'avait pas été écartée par cette révolution de palais. Le danger repoussé, ce dernier, après avoir été par deux fois purgé par Mao, allait pouvoir commencer son ascension. C'est pourtant Deng Xiaoping, qui mettra fin à la carrière de Hua, qui n'aura fait qu'assurer la transition entre la Chine de Mao et celle des « technocrates » . Tout en cultivant une stricte fidélité au maoïsme et en limitant toute réforme politique structurelle, Hua a ainsi commencé à placer la Chine sur les rails de la modernisation. »


    Alain Jacob, « Hua Guofeng », Le Monde (France), 23 août 2008, p. 15.

    «...En dépit de son ascension au sommet du régime, Hua Guofeng paraît avoir été l'objet ou l'instrument beaucoup plus que l'initiateur d'événements dont le contrôle réel lui échappe. Tout indique qu'il n'est que l'exécutant - par exemple dans l'arrestation de Jiang Qing et de ses amis de la « bande des quatre » au mois d'octobre 1976 - de décisions prises ailleurs par les véritables représentants des grandes forces politiques du pays, comme les militaires ou les cadres vétérans du parti. Tout sera fait pourtant pour donner à ce personnage, propulsé contre toute attente dans le rôle du « successeur désigné » de Mao Zedong, la stature que requéraient d'aussi lourdes responsabilités. Délire passager d'un nouveau culte de la personnalité, qui d'ailleurs lui sera reproché plus tard. Car si Hua Guofeng, soutenu par quelques alliés de circonstance, veut se présenter comme le symbole de « l'unité et la stabilité » , tout un travail de sape ne tarde pas à s'engager pour l'isoler, le dépouiller des pouvoirs qu'il est censé assumer. Travail d'autant plus efficace que sa fidélité affichée sans nuances à l'héritage maoïste - à l'heure où la Chine rêve de changements - permet de l'attaquer sur un terrain doctrinal qui n'est guère le sien et où il apparaît comme un intégriste obtus et rebelle aux idées nouvelles. »


    Frédéric Koller, « Les discrets adieux au camarade Hua », Le Temps (Suisse), 22 août 2008.

    «…Pour ces Jeux [olympiques de Bejing], le pouvoir s'est montré soucieux d'éviter toute référence à son passé récent. On peut célébrer l'empire mais pas la révolution, la tradition mais pas le communisme, Confucius mais pas Mao. Inutile d'effrayer les étrangers avec les réminiscences de la lutte anti-impérialiste. Du coup, c'est peu dire que l'annonce, mercredi, de la mort de Hua Guofeng détonne dans le paysage. Hors de Chine, Hua Guofeng est un inconnu. En Chine, il est tombé dans l'oubli et la jeunesse ignore tout de son histoire. Il a pourtant été, l'espace de deux ans, sinon l'homme fort, du moins le chef suprême de la Chine. [...] Hua est favorable à une restructuration économique tout en demeurant fidèle à l'idéologie maoïste. Il se met alors à imiter le «grand timonier», sa coiffure, sa calligraphie. Le camp réformateur, emmené par Deng Xiaoping, finit par le marginaliser. En 1981, il doit abandonner toutes ses fonctions pour une retraite très discrète. Alors seulement peut s'engager une démaoïsation partielle de la société chinoise. Le parti ne pouvait pas passer cette disparition sous silence. Mais, signe de l'embarras que crée cette soudaine résurgence de son passé totalitaire, l'agence Chine nouvelle a traité l'information en quelques lignes…[...] Hua Guofeng ne laissera probablement aucune trace dans les manuels d'histoire. Il symbolise les échecs de tout un peuple. Même sa sortie est ratée. Il ne pouvait pas choisir plus mauvais moment pour quitter ce monde. »


    Mure Dickie, « Leader who held true to Mao’s discredited revolution », The Economist (Royaume-Uni), 23 août 2008, p. 8.

    «...The coup left Hua head of the party, army and government - but he was quickly to find that true power came from personality, not position. His staunch defence of the correctness of the cultural revolution - and his suggestions that it might have sequels - alienated pragmatic party peers appalled by the destruction the 10-year campaign had caused. Within months, Hua was forced to accept Deng's return as a senior leader championing economic reforms that undermined the Maoism he had made his watchword. Hua's adoption of a Mao-style haircut could not stem the rapid ebbing of his influence. Deng even turned his "Two Whatevers" slogan against him, holding it up as a ludicrous debasement of Mao's thinking. [...] Though a political failure whose views had been comprehensively discredited, some former colleagues recalled him fondly as an "honest" man. Indeed, even after his eventual retirement in 2002, he seemed to hold true to the sentiments that had made and then broken his career. Bucking party fashion, he continued to wear a Mao suit and worker's cap. Every year he would visit the mausoleum on Tiananmen Square that houses the waxily preserved corpse of his former patron. There he would lead his entourage in three deep bows to "the great leader, Mao Zedong". »

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