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 Mohammed VI, (Mohammed ben Youssef Alaoui) | 1909-1961

Mohammed V

  • Né le 10 août 1909 à Fès, au Maroc
  • Sultan du Maroc (18 novembre 1927 – 20 août 1953, 16 novembre 1955 – 14 août 1957)
  • Roi du Maroc (14 août 1957 – 26 février 1960)
  • Président du Conseil de gouvernement du Maroc (27 mai 1960 – 26 février 1961)
  • Décédé le 26 février 1961 à Rabat, au Maroc


  • Jean Lacouture, « De Mohammed V à Hassan II », Le Monde (France), 28 février 1961, p. 3.

    «...On ne saurait résumer en quelques phrases l’extraordinaire existence de Sidi Mohammed Ben Youssef : celle d’un roi timide qui, mi-atavisme mi-influence d’un entourage jeune et entreprenant, voulut reconquérir la réalité du pouvoir, et que ses adversaires en l’exilant, couronnèrent. Celle d’un homme des temps passés, pieux, attaché aux traditions les plus déconcertantes, autocrate par tempérament, imbu de théocratie, qu’une profonde intelligence et le flux de l’histoire portèrent à s’identifier aux mouvements révolutionnaires, et qui en vint à incarner la nation marocaine, au point que patriotisme se traduisit par yousséfisme. Celle aussi d’un souverain tenu dans la tutelle la plus étroite, et qui libéra son pouvoir et émancipa son peuple avec un acharnement subtil [...] Depuis dix ans sa vie et son règne ont été tendus vers un objectif presque unique : la fin de la pesante tutelle française, le dégagement d’une véritable souveraineté marocaine. Maintenant ce but est atteint. »


    Marcel Hayoul, « Le Maroc devant le maghreb », La Revue nouvelle (Belgique), mars 1961, p. 384-385.

    «...D’ailleurs le fond, c’est-à-dire l’évolution profonde de la politique marocaine, n’a jamais été le fruit d’une décision du roi mais bien la conséquence de constatations fatales que Mohammed V a dû faire. Entre le père et le fils [Hassan II] il y a les différences qu’il y a entre un père et un fils. Surtout lorsque le père a connu les difficultés du protectorat, les trahsions dont certains milieux politiques français l’ont abreuvé et les dures déceptions de l’indépendance tandis que le fils, diplômé des facultés de droit françaises est avide d’exercer le pouvoir et de jouir des privilèges qu’il donne tout en montrant très jeune qu’il est le digne descendant du grand Hassan dont son père a voulu qu’il porte le nom. Les nuances sont dans l’approche des problèmes et non dans la recherche des solutions à leur donner. Il n’est pas indécent de dire au lendemain d’une disparition qui fit naître beaucoup d’éloges que Mohammed V n’était pas le grand esprit politique que certains veulent faire de lui aujourd’hui, mais un homme qui sut avec une habileté et une prudence extrêmes tirer parti de l’auréole que la maladroite politique du protectorat lui a donnée auprès de son peuple. »


    Le Parisien libéré (France), 27 février 1961.

    «...Il ne suffit pas que la succession au trône soit assurée pour que soit préservée la stabilité fut-elle de façade – dont Mohamed V était le symbole. Préparé à régner par le maréchal Lyautey, recevant du protectorat français un État moderne que sa position géographique et ses ressources auraient mis à même de jouer un rôle important, Mohamed V avait sans doute oublié tout ce qu’il devait à la France. Et c’est dans la progression des mesures anti-françaises qu’il faut voir la raison majeure de l’anarchie qui ravageait l’empire chérifien. Il n’en reste pas moins que par son rôle religieux, sa dignité de commandeur des croyants, comme par une adresse politique indéniable, Mohamed V constituait la dernière barrière à la dislocation de son pays. Hassan II, nouveau souverain, ne bénéficie pas au départ des atouts de son père. [...] On conçoit donc que le monde entier n’ait qu’une réaction après la mort de Mohamed V, l’inquiétude. »


    S.A., « Morocco : the Way to the Throne », Time (édition canadienne), 10 mars 1961, p. 27.

    «...Mohammed, though recently prone to hypocondria, was in good health and enjoyed life with his two wives and an estimated 28 concubines. Yet last week, swiftly and unexpectedly, he died of heart failure at the age of 51, after minor surgery to clear a passage in his nose. [...] Last week, the unanswered question was how Hassan would rule. His father was a benevolent autocrat who had authorized a « consultative » assembly in 1956 but had never permitted national elections. He chose his own Premiers, who were responsible only to him. But he was hailed as the man whose stubborn resistance wrested Moroccan independence from the French, widely admired as a devoted family man, revered by the devout as the spiritual head of the Malikite Sunni Moslems. Son Hassan does not inherit the instinctive respect his father commanded. »

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