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 Hoover, J. Edgar | 1895-1972

  • Né le 1er janvier 1895 à Washington, aux États-Unis
  • Directeur du Bureau of Investigation (10 mai 1924 – 22 mars 1935)
  • Directeur du Federal Bureau of Investigation (22 mars 1935 – 2 mai 1972)
  • Décédé le 2 mai 1972 à Washington, aux États-Unis


  • Jacques Amarlic, « John Edgar Hoover est mort : Le chien de garde du « rêve américain »», Le Monde (France), 4 mai 1972, p. 3.

    «...avant d’être un policier et un bureaucrate, Edgar Hoover est un idéologue. Citant volontiers la Bible, c’est un anticommuniste viscéral. Il va donner la pleine mesure de ses moyens pendant le maccarthysme, contribuant à entretenir par ses déclarations la véritable psychose anticommuniste qui s’empare de l’Amérique. […] À soixante-quinze ans [en 1970] Hoover est devenu irascible, provocant; ses prises de position, ses accusations, relèvent plus d’un commissaire politique que d’un policier au-dessus des partis et au service du pouvoir civil. La plupart des candidats démocrates à la présidence réclament son départ. La Maison Blanche défend encore officiellement Edgar Hoover, mais fait savoir discrètement que si M. Nixon est réélu il en profitera pour envoyer le directeur du F.B.I. jouir d’une retraite bien méritée. L’inauguration du monumental bâtiment qu’on est en train de construire à Washington pour abriter le F.B.I., toujours en extension, aurait pu fournir prétexte à la relève. Edgar Hoover est mort avant que l’immeuble ne soit terminé. Les problèmes que son règne a posés ne sont pas près, eux, d’être résolus. »


    P. Rocheron, « Superflic : mort d’un McCarthyste », Jeune Afrique (France), 20 mai 1972, p. 34-35.

    «...Depuis de longues années en effet, les défenseurs des libertés individuelles aux États-Unis considéraient Hoover, pour employer ses propres termes, comme l’« ennemi public no 1 » de la démocratie américaine. [...] Pendant les premières années, Edgard Hoover remporte quelques succès en introduisant en Amérique les méthodes scientifiques (identité judiciaire, fichiers centraux, etc.) inspirées des polices nationales européennes et notamment de Scotland Yard. Mais son véritable génie, c’est la publicité. Réalisant que les gangsters sont entourés dans l’esprit du public d’un romantisme malsain, il réagit en inspirant une masse de films, de livres et d’articles à la gloire des « incorruptibles » du FBI. Rapidement, il devient lui-même dans l’esprit du public un personnage mythique pour bandes dessinées, l’égal de Superman : Superflic, défenseur numéro 1 de l’américanisme. On découvre qu’il tire rapidement de cette légende, entretenue notamment par des chroniqueurs comme Walter Winchell, un extraordinaire pouvoir politique. Parallèlement, Hoover développe dans son service un culte de la personnalité de dimensions staliniennes, éliminant l’un après l’autre tous les collaborateurs de valeur pour ne garder que des séides. »


    Marc Dugain, « Le véritable J. Edgar », Le Figaro (France), 10 janvier 2012.

    «...Très tôt, Edgar se sent investi d'une mission qui est de protéger l'Amérique contre tous ceux qui œuvrent pour la détruire. Homme du Sud puisqu'il est né en Géorgie, Hoover est un raciste décomplexé. Un Blanc vaut deux Noirs. Il se plaisait à dire qu'un crime simple et atroce ne pouvait être que le fait d'un homme de couleur. En revanche, selon lui, seule une femme était capable d'échafauder les meurtres les plus complexes. Il n'aime pas plus les Juifs que la société américaine de l'époque et il a pour les catholiques la prévention d'un protestant qui voit dans la confession un mécanisme pervers. Il se veut le rempart d'une morale victorienne qui dénonce toute sorte de déviations et stigmatise à foison l'adultère et l'homosexualité comme les plaies ouvertes d'une société décadente. [...] Tous les présidents essayeront peu ou prou de le démettre ou de l'éloigner en lui proposant le ministère de la Justice par exemple, un siège éjectable. Insensible à cette forme d'honneur, Hoover s'enkyste dans sa fonction et maille un colossal système d'information sur la vie privée des uns et des autres qui le rend indéboulonnable. Personne n'osera plus s'y attaquer, chaque nouveau président le craint plus qu'il ne le respecte, aucun n'osera le freiner dans sa lutte contre les opposants qui conduira au maccarthysme après la guerre. Joseph McCarthy ne sera jamais que la marionnette ventriloque de Hoover et quand Eisenhower estimera qu'ils en ont assez fait contre la subversion, le sénateur alcoolique et pédophile est lâché sans préavis par son mentor. »


    S.A., « The Long Reign of J. Edgar Hoover », Time (édition canadienne), 15 mai 1972, p. 33.

    «...Perhaps the ‘60s, with their extravagances of assassinations and riots and accelerating crime, were more than his stern and orderly mind could accommodate. He had become a legend whose own sense of discipline and integrity prevented many of the abuses that his vast power made him capable of. Yet toward the end the myth had begun to deteriorate. There were charges that the FBI was taping Congressmen’s phones. Even if that claim was never proved, it did suggest the critics’ general theme : J. Edgar Hoover’s FBI was in his last days dangerously turning its resources to ideological purposes – harassing political radicals and even liberals, accumulating a frightening inventory of dossiers. And even within Hoover’s granitically disciplined bureau, the cracks were showing. Morale had deteriorated. Last fall Hoover forced out one of his top deputies, William Sullivan, in a feud that jarred the bureau’s highest ranks. For J. Edgar Hoover, it was an unhappy, embattled end. After nearly half a century of his masterful, autocratic reign, the word senility was loudly whispered about. »

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