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 Ben Ali, Zine el-Abidine | 1936-2019

Zine el-Abidine Ben Ali

  • Né le 3 septembre 1936 à Hammam Sousse, en Tunisie
  • Ministre de l’Intérieur (28 avril 1986 – 7 novembre 1987)
  • Premier ministre (2 octobre au 7 novembre 1987)
  • Président de la République (7 novembre 1987 – 14 janvier 2011)
  • Décédé le 19 septembre 2019 à Djeddah, en Arabie Saoudite


  • François Hauter, « Ben Ali : roi déchu de la Tunisie », Le Figaro (France), 20 septembre 2019, p. 36.

    «...l'homme de fer de la Tunisie s'est au fil des ans de plus en plus coupé du monde dans ses palais de Carthage et de Sidi Bou Saïd, au point de ne plus guère recevoir de visiteurs. Pour n'avoir pas compris qu'à l'heure des réseaux sociaux les intimidations et les coups de matraques ne peuvent plus tout empêcher, il eut finalement le triste privilège d'être le premier dirigeant arabe chassé par la rue. Autocrate paternaliste, affaibli par la maladie, débordé par son épouse Leila, qui fut shampooineuse avant de se prendre pour la reine de la Phénicie, Ben Ali a sous-estimé son peuple. Il n'a pas compris que le vent de l'Histoire pouvait tourner jusqu'en Afrique du Nord et dans le monde arabe. Pour autant, Ben Ali n'a jamais été un tyran, il n'a pas commis de génocide, il n'a pas eu la férocité criminelle d'un Staline, d'un Kadhafi ou d'un Kim Jong-il. Simplement, il s'est au fil des ans appuyé sur une police de plus en plus nombreuse (jusqu'à 100 000 hommes), arrogante, corrompue et brutale, parce qu'elle n'était plus tenue par son chef. Ces sbires, payés trois sous, se nourrissaient sur la population. [...] Zine el-Abidine Ben Ali était un ambitieux soumis, peut-être parce qu'il est né très pauvre, au milieu de onze enfants, à Sousse. C'est la ville de Bourguiba. Sa première petite chance. L'autre c'est l'armée…»


    Remsès Kefi, « Tunisie : Ben Ali, la chute finale », Libération (France), 20 septembre 2019, p. 6.

    «...Au fil du temps, Ben Ali se vend comme le moindre mal, surtout à l'étranger : le pays, nid à touristes, est stable, éduqué et ses chiffres économiques acceptables. Aussi, il est le chasseur de terroristes et de fanatiques religieux. En visite à Tunis, Jacques Chirac, l'ex-président français, lui filera un slogan clé en main alors que les associations internationales dénoncent les dérives et la torture du régime : le premier des droits de l'homme est de manger, ce qui ferait de la Tunisie un havre si l'on se penche sur l'état du monde. A la fin de son règne, Ben Ali est un père Noël rasé à blanc, hotte vide et rennes à la langue tirée : son système n'a plus rien à offrir en compensation du cadenas. Les caisses s'assèchent, les idées manquent et Internet, bien que verrouillé, change la donne. En 2008, Redeyef, ville du bassin minier dans le sud-ouest de la Tunisie, se rebelle. Les syndicats dénoncent la corruption (dans l'octroi des emplois, notamment) et les conséquences du chômage couplé à l'inflation. Trois personnes sont tuées, des dizaines de personnes arrêtées, mais surtout, la police est tenue en échec. Première grosse fissure et première répétition avant le grand final. »


    Zéphirin Kpoda, « Ben Ali : l’ogre de Carthage est mort », L’Observateur Paalga (Burkina Faso), 20 septembre 2019.

    «...Homme neuf et sauveur de la nation, c’est ainsi que Zine el-Abidine Ben Ali était aussi apparu au lendemain du coup d’Etat de novembre 1987 qui l’a vu déposer le père de l’indépendance, Habib Bourguiba. A l’époque, comparé à ce vieillard atteint de sénilité, Ben Ali, fringant officier de 54 ans, paraissait plus apte à relever les défis de la modernisation et de la lutte contre l’islamisme radical auxquels faisait face la Tunisie. Mais très vite, le sauveur s’est mué en dictateur, qui dirigera le pays d’une main de fer pendant 23 ans. Embastillement des opposants, notamment des islamistes, népotisme, corruption, trafic d’influence, truquage des élections, c’est un système politiquement monolithique et économiquement prédateur que celui qui promettait la démocratie en Tunisie a fini par installer dans le pays, d’où son surnom d’Ogre de Carthage. Aux premières loges de cette caporalisation politique et de captation de l’économie nationale, son clan, notamment sa seconde épouse, Leila Trabelsi, qui usait de passe-droits pour se construire un empire dans le monde des affaires. »


    S.A. « Zine al-Abidine Ben Ali », The Daily Telegraph (Royaume-Uni), 21 septembre 2019, p. 31.

    «...the true nature of Ben Ali's vision of Tunisian "democracy" became apparent in the 1994 parliamentary and presidential elections, when opposition parties sanctioned by the regime won 2.25 per cent of the vote and Ben Ali, as the only presidential candidate, was re-elected with a thumping 99.99 per cent of the votes cast. In subsequent years he consolidated his rule by muzzling the opposition, keeping strong control of the media and armed forces and gradually extending the number of terms he was allowed to serve under the constitution. [...] Western leaders mostly turned a blind eye to all this. When the French President Nicolas Sarkozy was made an honorary citizen of Tunisia in 2008 he praised Ben Ali's government for expanding liberties. The same year the head of the IMF, Dominique Strauss-Kahn, praised Tunisia as a model for other emerging countries. Before the unrest, the EU had been holding talks on upgrading relations with Tunisia to "advanced status". Behind the scenes, however, perceptions of Ben Ali's regime were very different. A diplomatic cable written by Robert Godec, the US ambassador to Tunisia published on the WikiLeaks website, described Tunisia as a "Mafia" state in which: "President Ben Ali's extended family is often cited as the nexus of Tunisian corruption…." »

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