Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

12 décembre 2018

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 Pinochet, Augusto | 1915-2006

Augusto Pinochet

  • Né le 25 novembre 1915 à Valparaiso, au Chili
  • Commandant en chef des armées chiliennes (23 août 1973-10 mars 1998)
  • Président de la junte militaire du gouvernement (11 septembre 1973-17 décembre 1974)
  • Président de la République du Chili (17 décembre 1974-11 mars 1990)
  • Sénateur à vie (11 mars 1998-4 juillet 2002)
  • Décédé le 10 décembre 2006 à Santiago, au Chili


  • Jacques Julliard, Le Nouvel Observateur (France), «Pinochet marionnette de l'Amérique», 14 décembre 2006, p. 66.

    «...Grâce aux appuis qu'il a conservés dans l'armée, il (Pinochet) s'en va avec les honneurs militaires et non dans l'ignominie qu'il mérite. Il est toutefois un autre domaine où l'ancien dictateur est exemplaire. Certes, il n'a pas été jugé, au grand regret de ses victimes et des démocrates du monde entier. Mais le courage du juge espagnol (Baltasar) Garzon en a fait pour un certain temps un prisonnier et un banni. A travers son cas, celui de (Slobodan) Milosevic et peut-être, un jour, du Rwandais (Paul) Kagame, c'est, malgré l'opposition acharnée des Etats-Unis, le principe d'une justice internationale qui est en train de s'imposer. Les bourreaux devront, demain, rendre des comptes non seulement à leur peuple mais à la conscience universelle tout entière.»


    Rodrigo Contreras Osorio, «Le Chili en quête d'un avenir», Le Monde (France), 14 décembre 2006, p. 22.

    «...Mais, si on veut comprendre avec justesse ce que sa disparition signifie pour les Chiliens, il faut signaler aussi que le régime de Pinochet (1973-1990) n'a pas seulement été une dictature qui a violé les droits de l'homme, qui a assassiné, torturé, poursuivi, qui a semé la terreur et emprisonné des milliers de Chiliens. Il a été aussi une période de profonde transformation, dont l'objectif ultime était la refondation complète de la société chilienne. Une véritable révolution de droite qui, basant son discours sur la critique radicale du passé démocratique libéral - représenté à ce moment par le gouvernement de Salvador Allende -, essaie de créer un ordre nouveau à partir d'un modèle néolibéral du point de vue économique et une démocratie autoritaire du point de vue politique; c'est-à-dire une révolution qui cherchera à faire du Chili une société de marché, foncièrement apolitique et chrétienne.»


    Pierre Mouterde, «Pinochet, tyran néolibéral», Le Devoir (section Idées) (Québec, Canada), 13 décembre 2006, p. a7.

    «...Pinochet aura jusque dans sa mort divisé les Chiliens. Le dimanche 10 décembre 2006, alors qu'on annonçait officiellement son décès, quelques milliers d'entre eux s'étaient réunis aux abords de l'hôpital militaire de Santiago pour pleurer leur «libérateur» et leur «capitaine général» pendant que d'autres, plus nombreux encore, à Plaza Italia, au centre-ville, se réjouissaient bruyamment, bouteilles de champagne à la main, de la mort du «dictateur sanguinaire». Non sans toutefois moult regrets puisque, comme ils ne cessaient de le rappeler, il était mort sans avoir été jugé pour ses si nombreux crimes. Il faut dire que le personnage, au-delà de toutes les controverses qu'il a suscitées, est le symbole d'une époque qui n'est pas encore tout à fait derrière nous, une époque faite de non-dits et de brûlantes contradictions.»


    Washington Uranga, «Pinochet, symbole d'une époque», Pagina 12 (Argentine), reproduit dans Courrier International du 14 décembre 2006, p. 19.

    «...D'une certaine manière, le dictateur chilien s'est "approprié" l'image du mal pour la représenter et en jouir. Son ego, dit-on, se nourrissait même des insultes. Pour les mêmes raisons, Pinochet est également un symbole pour la droite. Au Chili et à l'étranger, le dictateur compte encore de nombreux adeptes et admirateurs, certains continuant à l'applaudir tandis que d'autres préfèrent adopter un profil bas depuis que le vent politique a tourné dans la région. Pour tous, le despote chilien reste une sorte d'"ange exterminateur du communisme" et de ceux qui, bien qu'ils soient des défenseurs de la vie et des droits de l'homme, "méritent" le qualificatif de "terroristes".»


    The Sacramento Bee (États-Unis), 12 décembre 2006.

    «...There is no single way to balance justice with material reconciliation in countries with different internal dynamics, as many recent and current examples - Uganda, South Africa, Serbia and Argentina, among others - demonstrate. Chile's democratic society seems to have found a reasonable balance. Its government has properly pursued Pinochet for his crimes. That it failed to complete the process during his lifetime shows a respect for the rule of law that Pinochet did not. Now that he is gone, Chileans who either reviled him or who supported him to the end would do well to move forward toward the reconciliation that his brutal regime made impossible.»

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