Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Franco, Francisco | 1892-1975

Francisco Franco

  • Né le 14 décembre 1892 à El Ferrol, en Espagne
  • Général en chef de la junte de défense nationale (21 septembre 1936-1 avril 1939)
  • Président du gouvernement espagnol (5 février 1939-9 juin 1973)
  • Chef de l'État espagnol (le Caudillo, le guide) (1 avril 1939-20 novembre 1975)
  • Décédé le 20 novembre 1975 à Madrid, en Espagne


  • Hervé Chabalier, «Le serment de Juan Carlos», Le Nouvel Observateur (France), 24 novembre 1975, p. 54-55.

    «...Si Juan Carlos respecte son serment, Franco pourra reposer en paix dans la crypte de Valle de los Caidos, aux côtés de l'autre grande figure fasciste de l'Espagne, Jose Antonio Primo de Rivera, le fondateur de la Phalange. Il aura réussi sa sortie. L'Espagne, du moins pour quelque temps, continuera à vivre selon sa propre loi, au risque de promouvoir une sanglante explosion populaire. Si le roi devient parjure, s'il essaie de détruire l'appareil franquiste et décide une libéralisation de son pays, il s'expose au châtiment des plus loyaux et des plus fanatiques partisans du caudillo. Position peu confortable, difficile pour un homme de trente-sept ans, peu rompu à la politique. Mais Juan Carlos devra choisir, trancher, même s'il décide d'y mettre les formes...»


    André Fontaine, «L'homme de la croisade», Le Monde (France), 21 novembre 1975, p. 1.

    «...Le règne qui vient de prendre fin aura été l'un des plus longs de l'histoire contemporaine et l'un des plus sanglants. Franco s'est souvent référé à la guerre civile qui l'a porté au pouvoir comme à une croisade, et il a frappé ses adversaires avec la même brutalité que les croisés du Moyen Âge les infidèles. Si jamais la pitié, le remords ou le doute ont effleuré cet autocrate taciturne au visage médiocre, presque mou, à la silhouette courtaude, il ne l'a pas laissé paraître. C'était l'archétype du monstre froid, convaincu que la morale politique n'a rien à voir avec la morale tout court, et que la grandeur de l'État non seulement permet, mais commande d'être implacable.»


    Jean Pellerin, «Franco, un patriote d'un autre âge», La Presse (Québec, Canada), 20 novembre 1975, p. A4.

    «...C'est maintenant que Franco n'est plus qu'on va peut-être constater à quel point sa présence a maintenu les structures qui ont empêché les digues de sauter. Il y a désormais danger que tout en Espagne se mette à s'agiter en même temps : l'armée, les partis politiques, les syndicats, les agitateurs. Ces derniers, comme ils le font au Portugal, ne tarderont pas à sortir de l'ombre. On dirait qu'une collectivité trop longtemps privée de ses libertés démocratiques perd la tête dès que les circonstances les lui restituent. Franco disparu, il reste à l'Espagne la chance de tirer le meilleur parti possible d'une liberté qu'elle doit essayer de reprendre tout en faisant attention de ne rien casser. Ce n'est pas facile. Le Portugal en atteste.»


    Sans auteur, «Spain Faces the Future», Wall Street Journal (États-Unis), 21 novembre 1975, p. 22.

    «...the new king must somehow reconcile Spain's divided factions, ethnic groups and geographical regions. Franco was able to keep those disparate elements in line by force, but Juan Carlos must rule by example and persuasion. He has already won considerable respect by his handling of Moroccan attempts to annex Spanish Sahara, and last week moved in the direction of conciliation by agreeing to study possible restoration of administrative and economic autonomy to the two principal Basque provinces. But it will still be necessary for Franco's hand-picked successor to demonstrate that he is Spain's heir rather than merely the late dictator's.»


    Bartolomé Bennassar, «Franco», Coll. «Tempus», Paris, Perrin, 2002, pp. 356-357.

    «...Franco n'était pas le génie intemporel exalté par la propagande inlassable de son régime. Il n'était pas davantage l'homme « médiocre dans tous ses actes » décrit par certains de ses adversaires. Un homme possédé par une telle passion du pouvoir, intensément vécue même sous le masque de l'indifférence, entretenue pendant quarante années, sans défaillance, pouvait être odieux comme il le fut, car sa passion fut médiocre, mais il n'était pas médiocre. Au service de cette passion, Franco mit des qualités qui n'étaient pas minces : outre le courage physique, une maîtrise parfaite de lui-même, un sang-froid rarement en défaut, la patience et la ténacité, une connaissance intuitive des hommes, de leurs faiblesses et de leurs ambitions, une mémoire presque infaillible, l'aptitude à tirer parti des expériences et de ses propres erreurs. Convaincu grâce à un prodigieux narcissisme qu'il était l'incarnation de l'Espagne, de la meilleure Espagne, il finit par croire, sincèrement sans doute puisqu'il l'écrivit dans son testament, qu'il n'avait pas eu d'autres ennemis que ceux de l'Espagne.»

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