Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Suharto, (Indonésie) | 1921-2008

Suharto

  • Né le 8 juin 1921 à Kemusu Argamulja, en Indonésie
  • Chef de la «réserve générale de l'armée de terre» (mars 1961)
  • Président de l'Indonésie (nommé le 12 mars 1967 / élu le 21 mars 1968 - 21 mai 1998)
  • Secrétaire général du mouvement des non-alignés (7 septembre 1992 - 20 octobre 1995)
  • Décédé le 27 janvier 2008 à Jakarta, en Indonésie


  • Arnaud Dubus, «Le dictateur indonésien Suharto meurt dans son lit», Libération (France), 28 janvier 2008, p. 8.

    «...Les Indonésiens auraient pu se souvenir de lui comme de l'homme d'Etat qui a transformé un pays en proie à la famine et au désordre politique en une nation unie, prospère et stable. Mais l'image qui restera est celle de sa fin humiliante, celle d'un homme défait, vieillissant et capricieux, forcé par les manifestations d'étudiants et les manoeuvres d'ambitieux artisans à lâcher son pouvoir à l'été 1998. Suharto avait su conquérir le pouvoir, le conserver pendant plus de trois décennies, mais, comme tant d'autres autocrates, il n'a pas su quitter la scène gracieusement.»


    J. Kristiadi, «Suharto échappe définitivement à la justice des homes», Kompas (Indonésie), cité dans Courrier international (France), 31 janvier 2008, p. 20.

    «...Mais la terreur qu'inspira ce visage (celui de Suharto) pendant tant d'années (...) s'est vu liquéfier par la couverture médiatique de la maladie de l'ancien président. Les médias ont créé un tel drame autour de cette mort que Suharto, qui avait deux visages, est devenu une figure emblématique sans plus aucun défaut. Sa grandeur a atteint des sommets lorsque le gouvernement a annoncé un deuil national d'une semaine dans toute l'Indonésie et a demandé à la population de mettre le drapeau en berne, tandis que le président Yudhoyono [élu en octobre 2004] devenait "inspecteur des funérailles". Ces hommages démesurés risquent d'avoir un impact négatif parce que les fautes de Suharto ne seront d'aucun enseignement. L'impact en sera d'autant plus grand que la réforme, qui a juste dix ans, n'a pas encore produit d'effets concrets pour la population. Un certain nombre d'Indonésiens commencent à regretter le temps de l'«Ordre nouveau» [doctrine du gouvernement de Suharto], qui semble avoir été positif si on le compare à l'époque actuelle, perçue comme difficile. De plus, ces hommages excessifs risquent d'inciter les anciens hommes politiques ainsi que ceux qui nous gouvernent actuellement à usurper le pouvoir avec encore plus d'audace. Ils vont considérer que le peuple indonésien a une mémoire bien courte et qu'il est très permissif. Ainsi, le temps passant, à l'aide de tout un arsenal de politesse et de bonnes manières appelant sur elles la pitié, toutes les fautes seront oubliées et effacées.»


    Florence Compain, «Suharto, dictateur indonésien durant trente-deux ans», Le Figaro (France), 28 janvier 2008, p. 13.

    «...Le peuple subissait les diktats du potentat en échange de solides taux d'expansion. Voilà le pacte que proposait le « père du développement », comme il s'était baptisé. Prospérité contre silence. (...) Mais le despote éclairé l'était de moins en moins en vieillissant. Il ne se préoccupait plus, durant ses dernières années de règne, que de l'avenir de ses enfants. Le clan contrôlait la plupart des secteurs économiques (transports maritimes et aériens, médias, automobile, péages routiers, télécommunications, raffinage.....). Leur avidité ne connaissait pas de limites alors que le pays était secoué, depuis juillet 1997, par la krismon, la crise monétaire.»


    Marilyn Berger, «Suharto Dies at 86; Indonesian Dictator Brought Order and Bloodshed», New York Times (États-Unis), 28 janvier 2008.

    «...Mr. Suharto was an unlikely character to play such a major role in his country's destiny. He was a private person, and although he wielded complete power, he spoke in gentle tones, smiled sweetly to friend and foe and presented himself as a man of humble origins, shy, retiring and enigmatic. Short and thick set, he almost invariably dressed in a Western business suit or a safari jacket once he gave up his military uniform, and a black songkok, the flat traditional Indonesian cap. He rarely took a public stand on any issue. Instead, by waiting to allow a consensus to form, he was usually able to make events evolve the way he wished. He can be better understood in the context of the old forms of Javanese kingship in which the ruler was surrounded by courtiers who tried to divine the royal mind.»

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