Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

10 décembre 2018

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 Nasser, Gamal Abdel | 1918-1970

Nasser

  • Né le 15 janvier 1918 à Alexandrie, en Égypte
  • Leader du Mouvement des officiers libres (1949)
  • Fonde le Rassemblement de la libération (1953)
  • Vice-président et ministre de l'Intérieur de la République d'Égypte (1953-1954)
  • Premier ministre de la République d'Égypte (25 février 1954-29 septembre 1962)
  • Président de la République d'Égypte (novembre 1954 / élu le 23 juin 1956-28 septembre 1970)
  • Dirigeant de la République Arabe Unie (fusion entre la Syrie et l'Égypte) (22 février 1958-29 septembre 1961)
  • Secrétaire général du mouvement des Non-Alignés (10 octobre 1964-10 septembre 1970)
  • Décédé le 28 septembre 1970 au Caire, en Égypte


  • Béchir Ben Yahmed, «Après Nasser», Jeune Afrique (France), 13 octobre 1970, p. 24-25.

    «...Il avait été jusque-là l'homme d'une idée : celle de l'unité arabe. Il s'en était fait, à partir de 1954, le héros et le symbole. Il a violenté son peuple, foncièrement éloigné de l'arabisme, pour l'y entraîner. Pendant près de quinze ans, il a tout essayé pour coaguler le monde arabe autour de l'Égypte. Tout a échoué : le compromis avec les régimes en place contre les tentatives de les déraciner; la séduction comme les interventions militaires. En 1967, il devait se rendre à l'évidence : la réalisation de son rêve ou de son ambition n'avait pas avancé d'un pas. Peut-être avait-elle reculé. Il n'était pas sorti d'une contradiction mortelle : l'Égypte est trop forte pour vraiment composer avec les autres pays arabes, trop faible pour être à ce monde arabe ce que la Prusse a été à l'Allemagne. Nasser n'en a pris acte qu'au lendemain de la défaite de juin 1967.»


    Jean-François Kahn, «L'héritage du rêve», L'Express (France), 5 au 11 octobre 1970, p. 20-23.

    «...On peut penser qu'il y avait là, malgré tout, l'image d'un échec : derrière, cette foule en guenilles et démunie; devant, ces princes et ces présidents qui se surveillaient entre deux larmes. Ces pauvres sont restés pauvres et jamais ces princes n'ont été autant désunis. La Raïs, pourtant, avait voulu émanciper les premiers et rassembler les seconds. On a pu dire que Nasser était l'«alchimiste de l'insuccès» : deux guerres perdues sans compter l'enlisement du Yémen, l'éclatement de l'union avec la Syrie, le refus arabe du front commun. Des centaines de premières pierres qui n'en verront jamais de secondes, le canal de Suez fermé ! C'est, paradoxalement, sur ces débris d'espérance que l'homme d'État égyptien a construit son épopée. Nasser a échoué dans sa volonté de bâtir une nation arabe. Mais il en a propulsé l'idée. À tel point que, ces dernières années, il en est devenu la victime plus que le promoteur.»


    Gilles Boyer, «Le monde arabe après Nasser», Le Soleil (Québec, Canada), 30 septembre 1970, p. 4.

    «...Nasser, après seize ans de pouvoir, s'était rendu compte de ses limites et, peut-être depuis la dernière défaite de 1967, de la nécessité de mettre fin aux aventures guerrières contre Israël, aidé en cela par la pression de l'Union soviétique. Celle-ci ne tenait pas à se voir engager dans un conflit international par les ambitions de son protégé égyptien et les passions du monde arabe. Aussi est-il significatif que le président égyptien ait enfin consenti à envisager les conditions visant à mettre fin à l'état de guerre permanent du monde arabe contre Israël. C'était le début d'une véritable politique de paix au Moyen-Orient. La mort de Nasser la remet en question. Quel autre leader arabe aura l'autorité pour la faire accepter par l'ensemble du monde arabe ? À ce point de vue, le départ de l'homme politique égyptien fait place à une grande inconnue d'où peuvent sortir le meilleur et le pire.»


    Anonyme, «The Death of Nasser», Newsweek (États-Unis), 12 octobre 1970, p. 31-35.

    «...More than anything else, Nasser's farewell was a final affirmation of his extraordinary grip on the emotions of his people (...) Even to more objective eyes, Nasser was an epochal figure, a nation-builder whose successes and failures were equally titanic. In his grandest hours, he freed Egypt from the last vestiges of colonialism, nationalized the Suez Canal, galvanized the Pan-Arab movement and helped to put the «third world» of nonaligned nations into the diplomatic map. Yet he also blundered into two staggering military defeats at the hands of Israel, mortgaged his country's independence to the Soviet Union and failed, in the end, to relieve his people of their millenial poverty. But to Nasser's countrymen, there was no question where the balance lay.»

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