Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Chou En-lai, | 1898-1976

Zhou Enlai

  • Né le 5 mars 1898 à Huai'an, Jiangsu, en Chine
  • Ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine (1949-1958)
  • Premier ministre de la République populaire de Chine (1e octobre 1949-8 janvier 1976)
  • Président de la Conférence consultative politique du peuple chinois (décembre 1954-8 janvier 1976)
  • Décédé le 8 janvier 1976 à Beijing, en Chine


  • Pierre Mendès-France, cité dans Le Monde (France), 10 janvier 1976, p. 5.

    «...Même s'il n'a jamais voulu être que le fidèle collaborateur de Mao Tsé-toung dans la Longue Marche, puis dans la reconstruction d'une nation renouvelée dans ses profondeurs comme dans ses rapports mouvementés avec le monde, il a joué un rôle unique, non seulement en raison de l'ampleur des tâches assumées, mais plus encore de ses qualités exceptionnelles et d'une expérience acquise aux heures des défis les plus difficiles. Il a fait face aux péripéties parfois dramatiques de l'histoire intérieure et extérieure de la Chine moderne avec une rare connaissance des problèmes et des hommes, une capacité exceptionnelle de travail et de commandement, et aussi une fermeté, une ténacité, un attachement à toute épreuve aux perspectives politiques de l'équipe dont il était l'un des membres les plus remarquables. Mais, dans le même temps, il manifestait une souplesse, une habileté et un sens politique jamais pris en défaut.»


    Étienne Manac'h, «Le patricien en sandales», Le Monde (France), 10 janvier 1976, pp. 1-4.

    «...ce regard au sourcil chaleureux, tantôt dur, tantôt rieur, et qui, plongeant dans celui de son interlocuteur comme une vrille, explorait malicieusement ses pensées sur son visage (...) On le voyait partout. Il était mêlé étroitement à tout ce qui était important. Si le président Mao formulait une doctrine, Chou En-lai la transformait en actes concrets de l'Histoire. Le difficile dialogue avec l'Union soviétique, la confrontation avec l'Amérique, la mission à Wuhan pour mettre fin à l'anarchie intérieure, c'était toujours Chou En-lai. Je m'étonnais un jour qu'il fût infatigable. «C'est par le travail, me répondit-il, qu'on garde sa force et sa santé.»


    Georges Vigny, «Chou En-la ou la fin de l'obscurité», Le Devoir (Québec, Canada), 9 janvier 1974, p. 4.

    «...Si jumelage a jamais signifié plus qu'association sans être intégration, c'est bien dans cette communauté de pensée Mao-Chou qu'on en trouve la plus éloquente illustration. Mao pensait la Chine, mais c'est Chou qui faisait la Chine, donnant un contenu à la théorie, l'adaptant au-delà même de la pensée originelle aux réalités concrètes et luttant pour que cette pensée prévale. Et si Chou En-lai, du Grand Bond en Avant au complot de Lin, en passant par l'affaire du Groupe anti-parti et la Révolution culturelle, a su se maintenir, c'est aussi, avec lui, la pensée de Mao qui a prévalu, qui s'est composée, qui est devenue réalité quotidienne et mode de vie pour un océan de 800 millions d'hommes.»


    Henry Kissinger, «À la Maison Blanche, 1968-1973», Paris, Fayard, 1979, p. 806-808.

    «...Son visage décharné, expressif, était dominé par des yeux perçants qui exprimaient à la fois l'intensité et la sérénité, la circonspection et une calme assurance. Vêtu d'une tunique grise impeccablement coupée, aussi simple qu'élégante, il se déplaçait avec grâce et dignité, emplissant la pièce de sa présence, non par la puissance de son physique (comme Mao ou de Gaulle) mais par ce que l'on sentait en lui de tension contrôlée et de discipline implacable, comme s'il eût été un ressort bandé. Son abord désinvolte ne pouvait tromper un observateur attentif. Le sourire rapide, l'expression attentive révélant qu'il comprenait l'anglais, même sans traduction, la vivacité toujours en éveil étaient de toute évidence la marque d'un homme en qui un demi-siècle de feu avait gravé au fer rouge l'importance vitale d'une inaltérable possession de soi (...) En bref, Chou en-lai a été l'un des deux ou trois hommes les plus impressionnants que j'aie jamais rencontrés. Courtois, infiniment patient, extraordinairement intelligent et subtil, il évoluait dans nos discussions avec une aisance raffinée qui allait jusqu'à l'essence même de nos relations, comme s'il n'y avait pas d'autre parti raisonnable à prendre.»


    Los Angeles Times (États-Unis), 11 janvier 1976

    «...From street agitator to international statesman, Chou was a master of political survivor, and in a time and place where the wrong move could bring disgrace, if not death. It became commonplace to refer to Chou as a pragmatist, but the designation was only partly accurate. Chou maintained his standing for more than half-century at the summit of China's Communist Party not simply by being able to adapt to changing conditions but by being able to help create conditions as well. When persuasiveness failed, he fell back on outwitting, outmaneuvering, outwaiting his opponents. He did not always win in the continuing interparty battles, but he never lost so badly as to be deprived of influence. He was too valuable in the hierarchy, too valuable to Mao Tse-tung personally, to be cast aside.»

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