Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Brandt, Willy | 1913-1992

Willy Brandt, chancelier de la république fédérale d'Allemagne de 1969 à 1974
The Nobel Foundation

  • Né le 18 décembre 1913 à Lubeck, en Allemagne
  • Bourgmestre-gouverneur de Berlin-Ouest (3 octobre 1957-1er décembre 1966)
  • Président du Bundesrat (1er novembre 1957-31 octobre 1958)
  • Secrétaire général du Parti social démocrate (1964-1987)
  • Ministre des Affaires étrangères de la République fédérale d'Allemagne (1er décembre 1966-20 octobre 1969)
  • Vice-chancelier de la République fédérale d'Allemagne (1er décembre 1966-21 octobre 1969)
  • Chancelier de la République fédérale d'Allemagne (21 octobre 1969-7 mai 1974)
  • Prix Nobel de la paix (1971)
  • Membre du Parlement européen (1979-1983)
  • Décédé le 8 octobre 1992 à Unkel, en Allemagne


  • Henri de Bresson, «Une voix qui manquera», Le Monde (France), 10 octobre 1992, p. 4.

    «...On honore, ce vendredi, la lucidité, ou la prémonition de celui qui n'a jamais renoncé à voir les Allemands réunifiés; on rend hommage à celui qui a incarné, estime le ministre des affaires sociales, le chrétien-démocrate Norbert Blum, la tragédie de l'Allemagne; à celui, comme le souligne M. Hans-Dietrich Genscher, l'ancien chef de la diplomatie allemande, qui a tant contribué «par sa crédibilité personnelle, à ce que l'Allemagne retrouve sa place dans le monde». (...) Pour Egon Bahr, son ancien collaborateur à la chancellerie, c'était un homme «qui a montré que la politique ne pervertit pas forcément». Au moment où la méfiance à l'égard de la politique et des partis est de règle, les vieux Berlinois, interviewés à la télévision, se souviennent d'un bourgmestre qui s'occupait des problèmes des «petits». Les Allemands de l'Est savent qu'il était de ceux qui ne les ont jamais oubliés. Willy Brandt, l'anti-fasciste, le politicien de coeur, est mort le jour-même où le Bundestag débattait en séance extraordinaire de la résurgence en Allemagne de l'extrémisme et de la violence. Sa voix, aujourd'hui, va manquer.»


    Mario Soares, «La promesse de Willy Brandt», Le Nouvel Observateur (France), 15 au 21 octobre 1992, p. 36.

    «...Avec la mort de Willy Brandt, disparaît l'une des personnalités les plus marquantes de ce siècle si agité. Le résistant antinazi, le militant socialiste qui fut maire de Berlin, ministre des Affaires étrangères et chancelier de la RFA, le protagoniste de l'ouverture à l'Est, le prix Nobel de la paix, l'européen, l'inspirateur du célèbre « rapport Brandt » sur le dialogue Nord-Sud - dont les conclusions sont toujours, hélas, aussi actuelles - , a eu l'énorme chance d'assister à la chute du mur de Berlin. Mais il savait que d'autres murs sont encore à renverser : ceux qui séparent les peuples riches des peuples pauvres et qui passent à l'intérieur même des sociétés plus développées. Il savait aussi que d'autres combats sont à mener contre les grands fléaux de l'humanité : la famine, la misère, la maladie, l'ignorance et le fanatisme. Et que les réponses à ces fléaux résident dans la fidélité aux valeurs qu'il a toujours défendues - la solidarité, la liberté, le respect pour les autres, l'esprit de dialogue, la tolérance et la paix.»


    Reuter, «Willy Brandt, l'homme qui a rendu possible le rapprochement Est-Ouest», Le Devoir (Québec, Canada), 10 octobre 1992, p. 10.

    «...Dernier chef de file de la génération qui a reconstruit l'Allemagne sur les ruines du IIIe Reich, Willy Brandt est sans doute l'homme politique allemand qui aura remué le plus de passions au cours de l'après-guerre. L'ex-chancelier socio-démocrate, dont la personnalité allait souvent droit au coeur, a mobilisé des millions d'électeurs d'Allemagne fédérale en les conviant à une démocratie plus audacieuse et en inscrivant le terme de «compassion» dans le vocabulaire politique de son pays. Parallèlement, il a eu droit aux plus violentes attaques de ses adversaires chrétiens-démocrates, qui l'ont traité de traître à la patrie, de dupe des Soviétiques et de charlatan habité par l'obsession de cacher sa naissance illégitime. Mais au bout du compte, le plus révélateur est peut-être la profonde reconnaissance dont témoignent les premières réactions des milieux politiques à l'annonce de la mort de Willy Brandt, jeudi à l'âge de 78 ans, des suites d'un cancer de l'intestin.»


    Russell Watson, «A Moral Beacon for Germany», Newsweek (États-Unis), 19 octobre 1992, p. 44.

    «...In the bitter years of Germany's division, Willy Brandt supplied his country with its most eloquent moments : standing up to Khrushchev in West Berlin. Standing beside JFK at the wall. Kneeling in atonement at the site of the Warsaw ghetto. Reaching out to the East through Ostpolitik and winning the Nobel Peace Prize. Yet like Mikhail Gorbachev, Brandt seemed to be honored more profusely overseas than at home. When he died of cancer last week at 78, he had been out of power since 1974, after less than five years as West Germany's chancellor. He spent the rest of his life in limbo : a moral beacon for statesmen, but in politics, only a figurehead. He failed to foresee Germany's abrupt unification, admitting that it happened more quickly than he had ever conceived. Yet more than anyone else, it was Willy Brandt who rehabilitated his country, who helped it earn unification when the opportunity suddenly presented itself.»

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